Izarra-Farrah Fawcett : l’interview-vérité

Il était temps que la presse se penche sur le phénomène : Raphaël Zacharie de IZARRA l’étoile montante du WEB littéraire commence à intriguer pas mal de monde avec ses obsessions fawcettiennes… Notre rédaction a dépêché sa plus jolie reporter au Mans (on connaît trop les exigences esthétiques du maître quant aux modalités des interviews pour se permettre le risque d’essuyer un refus !) afin d’en savoir un peu plus sur la lubie du Hugo sarthois.

Journaliste : Marie-Jeanne de la Briande, pour « Le Point ».

Raphaël Zacharie de IZARRA, depuis quelques temps la blogosphère francophone avait remarqué les récurrentes allusions -directes ou indirectes- à Farrah Fawcett à travers vos textes. Pas seulement dans les pays de langue française d’ailleurs mais aussi dans le reste du monde puisque parallèlement à vos écrits vous publiez des vidéos sur Farrah Fawcett (non par dizaines, non par centaines mais par dizaines de milliers), toujours les mêmes, sur YOUTUBE. Ce qui a nécessairement une incidence internationale sur votre renommée vu le nombre de vidéos diffusées et leur… disons étrangeté. Il y a même des internautes qui vous reprochent de monopoliser l’espace public de la toile avec vos productions filmiques omniprésentes.

- Déjà je vous arrête tout de suite : mes vidéos ne sont pas toutes les mêmes contrairement à ce que vous prétendez. En effet, il y a de légères différences de teintes et d’intensités de lumière entre chaque vidéo publiée sur chaque compte. Cela est d’autant plus vrai que sur le plan technique YOUTUBE n’accepte pas de doublons.

Révélerez-vous à nos lecteurs l’origine de votre curieuse fixation sur Farrah Fawcett au point de répandre des milliers de vidéos à son sujet sur tous les lieux d’hébergements et réseaux INTERNET à votre disposition ? Vous ne seriez pas un petit peu amoureux de la belle Farrah par hasard ?

- Il est naturel que les gens soient intrigués par ce comportement typiquement izarrien. Mais que voulez-vous ? J’aime la beauté, la vraie. Je suis profondément épris de la Beauté et ne peux m’empêcher de verser de la lumière sur le monde entier.

Raphaël Zacharie de IZARRA, vous n’exagérez pas un peu ?

- Ecoutez, si les anti-IZARRA invétérés ne souffrent pas de voir Farrah Fawcett en peinture, libre à eux d’ignorer mes vidéos. C’est aussi simple que ça. Qu’ils se rassurent toutefois : Farrah Fawcett étant morte depuis un an et demi, ils ne risqueront pas de la croiser de sitôt ! Du moins pas en ce monde. Ce qui expliquerait peut-être le comportement izarrien… Un début de réponse en tout cas pour tous ceux qui s’interrogent.

Avez-vous peur de la mort Raphaël Zacharie de IZARRA ?

- Je n’ai pas peur de la mort. Ou plutôt… Je n’ai plus peur de la mort. Ou pour être encore plus exact, plus honnête… J’ai MOINS peur de la mort qu’avant car j’ai appris à l’apprivoiser. Attention, je n’ai pas dit que je l’avais déjà effectivement apprivoisée : j’en suis à l’étape d’apprentissage de son approche.

Parlez-nous de l’évolution de vos sentiments à l’égard de dame Camarde.

- Vous croyez vraiment que ça intéresse les gens de connaître mon rapport à la mort et ma façon introspective de l’aborder ? Je ne pense pas être utile aux autres en ce domaine. Au contraire, je crois plutôt que c’est à chacun de trouver en soi les réponses à ses angoisses intimes. Chacun avance -ou recule- à son rythme. Moi je progresse avec mes pas et je ne crois pas que sur le chemin suprême nous chaussions tous la même taille, voyez-vous. La mort est une amie silencieuse d’une incroyable présence, une compagne âpre et belle à la dentition certes ambiguë mais éclatante -le sourire carnassier de Farrah Fawcett n’est pas loin-, bref cette ricaneuse à la face décharnée est une invitation à la Découverte, patiemment assise au bord de l’infini.

N’avez-vous donc aucun crime à vous reprocher pour affronter le problème avec un regard aussi serein Raphaël Zacharie de IZARRA ?

- Jusqu’a maintenant j’ai vécu sans haine et ai toujours pris les choses fatales de la vie plutôt avec gratitude, ne pouvant pas les éviter. Je n’ai pas non plus de remords ni de victime à me reprocher et ne traîne nul fardeau qui pourrait freiner quelque ascension. J’ai la naïveté de croire que mes quelques crimes terrestres ne sont pas bien lourds, madame. Peut-être quelques incartades charnelles. Mais guère plus.

La chair est faible Raphaël Zacharie de IZARRA, qui oserait vous jeter la pierre pour de telles peccadilles ? Dans ce contexte on comprend mieux votre fascination pour Farrah Fawcett.

- Détrompez-vous, à mes yeux Farrah Fawcett est tout l’opposé de la créature sensuelle. Et puis comme bien des blondes un peu malingres, voire osseuses, elle ne m’inspire pas la moindre ivresse hyménéale. Je n’ai strictement aucune attirance physique pour cette femme qui parfois adopta même des toilettes fort vulgaires au cours de son existence mondaine. Cette femme étant américaine, elle dut par conséquent en souffrir les odieux stigmates. Ce détail culturel mis à part, la beauté savez-vous, la vraie beauté je veux dire, transcende absolument tout émoi profane. La Beauté ne me fait pas tourner en rond autour de mes instincts, au contraire elle m’éclaire, m’élève, me donne des ailes, me fait sortir de moi-même. La beauté magnétique de Farrah Fawcett est telle qu’elle fait oublier sa condition sexuelle, pas très intéressante en tant que blonde maigre, par ailleurs. Je ne vois pas une femme tentatrice sur son visage mais le Cosmos. Ou plutôt je vois le visage de l’infini car la Beauté c’est la porte vers l’infini. L’infini, comme la mort. Vous savez, la Camarde à la dentition parfaite sagement assise au bord du Tout…

Vous parliez d’incartades charnelles Raphaël Zacharie de IZARRA. Et du côté de la Roumanie ?

- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

Passons. Je croyais pourtant que c’était une interview-vérité… Revenons à Farrah Fawcett : que pense votre compagne Isabelle de sa défunte rivale ?

- Allez lui demander. Mais je peux déjà vous dire qu’elle déteste les interviews. Ma compagne est timide, discrète. Elle préfère adopter un prudent silence plutôt que de s’exposer au très risqué tapage médiatique. Et puis, écrasée qu’elle est par l’envergure de ma personne, je crois qu’elle mesure trop sa chance de vivre avec moi pour oser blâmer mes choix. Attirances féminines, obsessions esthétiques, préférences virginales : tout lui va pourvu que ce soit le prix à payer pour mon bonheur.

Préférences virginales ?

- Oui, je parle de Farrah Fawcett. Son image de virginité purement angélique est très proche du dépouillement extrême de la Mort vêtue de ses seuls os : quand la mort sourit, elle montre tout puisqu’elle est nue. Et quand elle vous fait la dent douce, décharnée comme elle est, croyez bien que c’est pour toujours ! Pas de compromis avec elle. Un petit effort à présent : entre l’infini et l’enfance, le lien n’est pas très difficile à établir, du moins à travers la sensibilité izarrienne. A votre avis la plus brève distance entre ce monde et sa partie mystérieuse est-elle entre le vieillard et la mort qui le guette ou entre l’être puéril et les quelques années le séparant de sa naissance ? Moi je crois que le bambin est plus proche de l’invisible que ne l’est le moribond. Donc pour faire simple, le sourire de Farrah Fawcett c’est un squelette face aux étoiles qui tourne le dos à un agonisant et qui par devant reçoit les cailloux malicieux d’un enfant plein de joie. A moins que tout ce que je dise ne soit qu’artifice verveux destiné à épaissir le mystère IZARRA… Ce qui est un moyen comme un autre de servir ma cause. A vous de voir.

Raphaël Zacharie de IZARRA, nos lecteurs pensaient que vous méprisiez le temps de l’enfance à cause de son caractère restrictif, de ses infirmités propres et vues que vous qualifiez de basses et régressives, ils étaient également persuadés que vous n’usiez jamais de stratagèmes suspects afin de parvenir à vos fins…

- Je suis contradictoire. Est-ce donc interdit ? La vraie liberté n’est pas dans la rigidité ou la cohérence, elle est aussi et surtout dans le paradoxe. Et le paradoxe izarrien est, en lui-même, une formidable leçon d’authentique liberté !

Et du côté de la Roumanie ?

- Encore une fois madame je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Merci de ne plus me poser la question.

Allez-vous continuer à inonder la toile de vos folies izarriennes ?

- Ce ne sont pas des folies izarriennes mais des vérités universelles. Pour vous répondre, en effet je songe sérieusement à multiplier mes comptes YOUTUBE (j’en ai déjà créé plus de 80) afin d’y publier des dizaines de milliers d’autres vidéos dédiées à la Beauté. J’espère dépasser les 100 000 unités.

Raphaël Zacharie de IZARRA n’est-ce pas un peu vain ces dizaines de milliers de vidéos publiées sur YOUTUBE dont la plupart n’a pas encore été visitée et ne le sera jamais, étant donné que vos vidéos sur Farrah Fawcett se ressemblent toutes dans les grandes lignes ?

- Mon problème n’est pas d’être visible à proprement parler mais d’occuper l’espace en général dans toutes les directions possibles, en haut, en bas, au loin, tout près, dans le présent, le passé et le futur, sur la toile et dans les âmes, dans les coeurs et dans les esprits et même dans les tripes, sur la terre et jusque sur la Lune si c’est possible. Signaler ma présence en tous lieux, tel est mon but et je ne m’en cache nullement.

Le rapport avec Farrah Fawcett ?

- Allez voir du côté de la Roumanie, vous aurez peut-être une réponse.

Dois-je en déduire que vous souhaitez déjà mettre un terme à cette interview-vérité Raphaël Zacharie de IZARRA ?

- C’est vous qui le supposez. Merci madame, vous fûtes fort agréable à regarder tout au long de cette entrevue car vous êtes une belle femme et vous n’ignorez pas ma sensibilité particulière pour les jolies choses. J’espère que l’entretien vous vaudra éloges et reconnaissance à la rédaction. Ne ratez pas votre TGV et bon retour à la capitale. Permettez que je vous baise la main avant que vous ne preniez congé.

M-J de la Briande
Le Point

SA DERNIERE VIDEO SUR FARRAH FAWCETT :

Equilibre centré juste au milieu des clichés :

Raphaël Zacharie de IZARRA

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Futilité de l’emploi

N’ayant jamais été trituré par le moindre désir de promotion sociale, de « liberté financière », d’épanouissement professionnel, j’ai vécu jusque vers trente ans chez mes parents.

Ce furent les années les plus heureuses de mon existence. Parfaitement désargenté, durant cette longue période je n’ai à aucun moment rêvé de toucher un salaire, bien au contraire.

La perspective de l’indépendance matérielle ne m’a jamais séduit, c’est la raison pour laquelle de toute ma vie je n’ai émis la moindre revendication au travail rémunéré. L’accès aux biens matériels (voiture, garage pour la loger, canapés, parasols, piscine, portail électrique, vacances, chaudière, véranda, skis, caravane, bateau, etc.) que depuis tout temps j’estime superflus a toujours été pour moi une forme d’esclavage à des causes futiles.

Un peu d’argent de poche pour mes amusements de Peter Pan m’a largement suffit. Pourquoi exiger de l’existence plus de confort et de rêves que je n’en avais déjà avec mon lit, mon bureau et ma machine à écrire dans la vaste bibliothèque paternelle où s’entassaient de vieux ouvrages, plus de jouissances que celles, gratuites, saines et immédiatement accessibles que me procuraient les éléments, les saisons, les choses simples du quotidien, plus de trésors alimentaires que ceux que mes parents récupéraient dans les poubelles des magasins alentours ?

Je circulais aussi bien que n’importe qui en pratiquant l’auto-stop. Je suis allé ainsi visiter toutes les régions de France et une dizaine de pays d’Europe. Mes déplacements locaux s’effectuaient par ce même moyen. J’étais comme un propriétaire de véhicule, les inconvénients de la propriété en moins.

Aussi je ne comprends pas que des jeunes sans travail -mais non sans sécurité alimentaire et matérielle de base- ne se satisfassent pas de leur sort, stérilement turlupinés par des rêves de possession de véhicule, de vacances au soleil, d’achat de maison… Je peux comprendre que l’on exige un travail quand on est dans une situation réellement critique, mais lorsque l’on a accès avec certitude à des ressources minimales, je considère comme une hérésie, un luxe honteux et surtout un comportement anti-civique inspiré par du pur égoïsme le fait de réclamer du travail, donc un salaire, alors que tant d’autres jeunes loin d’être dans une situation aussi chanceuse en ont légitimement plus besoin que soi-même !

J’estime que dans un contexte socio-professionnel difficile où il y a tant de chômage, la moindre des choses pour un jeune ayant accès d’emblée au minimum vital sans avoir l’impérieuse obligation de gagner un salaire, c’est de se contenter de ce qu’il a et de laisser la place aux autres, pères de famille ou chômeurs sans ressource, qui ont vraiment la nécessité de travailler.

Cela ne l’empêche nullement de vivre, AU CONTRAIRE !

Un jeune sans travail mais néanmoins en pleine sécurité matérielle -ce qui fut mon cas- devrait remercier le sort et en profiter pour occuper ses jours à des choses plus passionnantes que la recherche d’un emploi. Ne pas devoir travailler pour financer l’achat d’une voiture, d’une maison, d’un salon, d’une cuisine, etc. est une chance. Persuadés pourtant que leur salut ne peut passer que par l’accumulation de biens matériels futiles et grotesques ainsi que par le mimétisme social basé sur le modèle dominant, cette jeunesse sans emploi ira grossir les statistiques du chômage en réclamant à la société un dû dont elle n’a fondamentalement pas besoin.

Désirer travailler pour pouvoir se faire construire une maison quand on a déjà un toit au-dessus de sa tête, pour se nourrir tandis que la providence Poubelle pourvoit en partie aux mets et desserts ou bien pour posséder une voiture alors qu’on peut effectuer gratuitement de courtes et longues distances avec les véhicules des autres, cela reste du secondaire, du superficiel, de l’amusement que l’on prend à tort pour des choses sérieuses.

On me rétorquera qu’un jeune qui a envie d’une vie de couple et de fonder un foyer doit s’émanciper de la proximité et de la dépendance parentales… Faux ! Jusqu’au début du siècle dernier en France des familles étendues se sont constituées au sein d’un même foyer, et aujourd’hui encore la chose est courante dans les pays où la mentalité est patriarcale et le sens de la famille reste fortement ancré. Et cela fonctionne parfaitement. Moi-même pendant des années je suis demeuré sous le toit parental sans argent, heureux entre le contenu de mes chères poubelles, les hôtes poussiéreux des étagères de la bibliothèque et les regards certes étonnés mais bien réels d’une compagne qui, de son côté adoptait sans problème le système opposé au mien.

Malheureusement dans notre société vulgaire basée essentiellement sur les satisfactions matérielles, les autres bienfaits que nous offrent généreusement le sort, la nature ou même l’âge ne sont pas universellement appréciées. Tout n’est question que « d’intelligence de la situation », de maturité de l’esprit, d’indépendance de pensée.

Avec mon parcours exemplaire hors circuit du marché du travail, étant totalement détaché des inconsistances sociales, insensible aux inepties matérielles mais réceptif aux beautés simples et naturelles de la vie, je suis l’illustration la plus flagrante de la validité du modèle izarrien, donc de la justesse et de la pertinence de ces présents propos.

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Je devance les éventuelles remarques des contradicteurs en précisant qu’il n’y a aucune honte à être chez ses parents jusque trente ans et même plus. La honte c’est de se croire inutile ou de se sous-estimer sous prétexte que l’on ne travaille pas aux yeux de la société. Un homme n’est pas une machine, pas un robot. Il n’est pas sur Terre pour être utile à un système économique mais pour vivre, gratuitement.

Je suis chanceux il est vrai et c’est exactement ce que je dis dans mon texte. Je ne suis pas le seul à avoir cette chance que certains considèrent malheureusement comme une malchance. Ils ont autant de chance que moi mais se croient défavorisés par le sort et, influencés par le discours extérieur et les séductions superflues du monde du travail, exigent d’avoir un emploi alors qu’ils pourraient avantageusement s’en passer ! A cause de cette influence de la société de consommation et de la reconnaissance par le travail rémunéré érigé en véritable religion, certains ont tout pour eux et croient pourtant avoir tout contre eux. Chercher un travail est à mes yeux une déchéance quand on peut vivre sans attaches matérielles excessives sur les bases de revenus minimums.

J’ajoute que moi je travaille, sauf que mon travail n’est pas reconnu sous prétexte qu’il ne me rapporte aucun argent.

Dès qu’une activité ne rapporte pas d’argent, en règle générale elle est dévalorisée par la société. Pourtant il existe des paresseux salariés et des travailleurs courageux non rémunérés.

Sachez pour finir que je déteste la paresse, le laisser-aller, la vie de parasite. En aucun cas je n’ai fait la promotion de la paresse. J’ai juste fait l’éloge de la liberté de pensée et d’activité.

VOIR LA VIDEO :

Raphaël Zacharie de IZARRA

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Interview par « Le Figaro Littéraire »

Il ne paye vraiment pas de mine ! Au premier abord Raphaël Zacharie de IZARRA nous est apparu comme un oiseau assez commun, voire franchement décevant.

On s’attendait à voir briller une pierre d’exception en l’approchant. Il nous a reçu avec un pantalon trop large, un pull over noir aux manches étirées, mitées à leurs extrémités. Ajoutons que son crâne rasé le fait ressembler à un ascète qu’il n’est pas. Sans parler de ses tics hilarants ruinant le tableau flatteur qu’il aimerait donner de lui, ôtant toute apparence sérieuse à sa personne ! Cela dit il a le verbe facile, un vocabulaire riche et désuet qui ne trompe pas sur sa véritable nature. Ses mots choisis, délicieusement poussiéreux, sonnent comme des cloches d’un autre siècle. Personnage étonnant ce Raphaël Zacharie de IZARRA ! Interview pas comme les autres :

Raphaël Zacharie de IZARRA, entre les flammes de votre blog incendiaire, les ondes bleues de votre ciel poétique et les mèches blondes de Farrah Fawcett, où vous situez-vous exactement dans notre monde plus terre à terre, vous qui êtes toujours dans les hauteurs ?

- Je me situe au Mans, préfecture de la Sarthe. Et puisque vous me demandez d’être exact, j’ajoute que je me trouve dans le Vieux-Mans et que j’y passe le plus clair de mon existence. Je vous ferai remarquer que je reste dans les hauteurs même ici avec les pieds bien posés sur terre puisque le Vieux-Mans, nouvellement et pompeusement renommé « Cité Plantagenêt », domine le reste de la ville, géographiquement parlant.

Au propre comme au figuré vous portez un regard souverain sur le monde qui vous entoure Raphaël Zacharie de IZARRA… Vous dégainez votre particule comme une épée contre ceux que vous appelez les « Dupont », c’est à dire les gens n’ayant pas votre degré d’éveil spirituel sous prétexte qu’ils s’aveuglent, se diminuent, s’abrutissent dans le travail, du moins c’est ce que vous prétendez. Vous vous arrogez le droit de fustiger les « faux pauvres » de France qui se plaignent de leur condition, selon vous, de « nantis qui s’ignorent », revendiquez de prétendus privilèges conférés par votre « de », deux lettres que vous considérez comme une grâce… N’est-ce pas un peu prétentieux et excessif tout ça ?

- Il est vrai que tenir un tel discours peut être déplaisant à certaines oreilles, surtout quand elles préfèrent les caresses lénifiantes des hérésies aux sifflement stridents de la vérité. Par définition la complaisance est molle, la gifle cinglante. Il est naturel dans ces conditions que tout messie des causes suprêmes à qui l’on ne demande rien venant foutre ses pieds dans la soupière de mélasse en plein milieu du repas soit mal reçu. C’est humain. Mais une cloche ça sert à attirer l’attention, précisément. Comment voulez-vous que je réveille les morts si je viens vers eux à pas feutrés ? Les violons sont faits pour bercer, les trompettes pour réfléchir. Les cuivres brillent avant tout… Si le silence est d’or, je dirais qu’il fait également ronfler… Tandis que le fracas est un puissant anti-léthargique ! (Au fait vous savez que si je voulais je pourrais porter un beau chapeau ? Je n’en porte pas pourtant. C’est cher et ridicule. Mais ceci est une parenthèse. Revenons à nos moutons de Dupont.)

Tout de même monsieur de IZARRA, ne croyez-vous pas que ces Dupont que vous assimilez à de pauvres gens mériteraient de votre part plus d’indulgence ? On ne choisit ni sa condition personnelle ni sa maturité intellectuelle et encore moins son nom de naissance et les aléas de la vie font que parfois il est plus urgent de songer à se caler l’estomac que de s’amuser à compter les étoiles.

- Je ne dis pas le contraire. Mais rien ne m’interdit de tenir à côté de cela un discours parfaitement opposé, âpre, dur, intenable. Mon propos est inadmissible. C’est ce qui fait sa beauté.

C’est un sacré paradoxe que vous nous imposez là Raphaël Zacharie de IZARRA !

- Certes, voilà un beau paradoxe. Cela dit le propre du paradoxe est de ne pas suivre les voies bêtement rectilignes de la cohérence. Ce n’est pas le paradoxe qui me fait peur voyez-vous, mais les araignées.

Les araignées ?

- Oui, j’ai peur des araignées. Beaucoup plus que des paradoxes.

Et des femmes ?

- Oui certaines femmes me font peur : mais uniquement les belles, à plus forte raison les très belles. Cela dit, la peur donne des ailes. Il est facile même pour un esthète de province comme moi à l’allure négligée de séduire des choses ordinaires : communes filles de ferme ou sottes caissières de supermarché aisément impressionnées par quelques artifices verveux, cette espèce de volaille de sous-préfecture n’étant guère exigeante… Bien plus compliqué est de charmer une créature d’envergure, sophistiquée, parfumée, vierge, désirée ! Ce qui est quand même plus valorisant pour le conquérant, surtout s’il porte des pantalons trop larges et des pull over aux manches mitées. La vénusté d’une femme que l’on promène à son bras est un mets luxueux qui exige audace, ruse, patience, imagination de la part de l’heureux Machiavel des coeurs convoitant ses faveurs. Mais qui peut s’obtenir aussi, Ô miracle… par la magie de la particule !

Vous m’en direz tant ! Dites-moi Raphaël Zacharie de IZARRA, sérieusement ne vous moqueriez-vous pas un peu du monde ?

- Il n’y a que les hérétiques des valeurs subtiles, autrement dit les Dupont nous y revenons, pour penser que seuls l’argent, la pensée linéaire, les moeurs bovines sont monnaie d’évangile en ce monde. Moi je leur propose de lever les yeux non pas vers les étoiles, nul besoin d’aller aussi loin pour se « désengluer » les semelles, mais vers la Lune, ce qui n’est déjà pas mal et puis d’ailleurs c’est la même direction. Je donne l’exemple de  » l’emparticulement  » ou  » emparticulage  » des êtres primaires en essayant de faire accéder les Dupont à ces hauteurs dont ils ne soupçonneraient même pas l’existence sans mon doigt christique les désignant comme telles. Le principe izarrien est très simple, il consiste à ouvrir son esprit et se résume à ces quelques mots : « Volez mes frères, volez ! Vous avez des ailes et vous ne le savez pas ! En vérité je vous le dis, seule la particule sauve. » Bien entendu la particule en elle-même n’est pas une fin en soi mais un symbole. J’entends par « posséder la particule » le fait de jouir d’une réelle hauteur de vue et par conséquent d’une authentique liberté.

Vous critiquez sans nuance la défense des valeurs matérialistes chères aux Dupont, comment vivez-vous Raphaël Zacharie de IZARRA ?

- Je vis grâce au labeur des Dupont. C’est bien la seule utilité que je leur trouve à ces misérables ! En échange de leur pain terrestre, je travaille à les édifier selon les critères célestes, voyez-vous. Malheureusement cet échange de bons procédés est bien peu équitable, même si je l’accepte avec la grandeur d’âme qui me caractérise : il faut savoir que ce que je leur offre n’a pas de prix et m’épuise littéralement certains jours, quand ils ne m’apportent qu’une richesse purement temporelle, profane et vulgaire… La justice n’est pas de ce monde et j’accepte ce sacrifice pour l’amour de mes semblables.

Vous savez peut-être retomber sur vos ailes mais peu de gens sont dupes. Croyez-vous pouvoir vous foutre encore longtemps des gens comme ça, Raphaël Zacharie de IZARRA ?

- Si je me moquais des gens, comme vous le croyez à tort, je les enfumerais avec des propos flatteurs, ferais ami-ami avec la gueusaille en la maintenant dans ses illusions matérialistes et proclamerais le triomphe des chaussettes sur l’éclat des idées par pur souci de paix neuronale et de confort spirituel. Mais j’ai fait le choix courageux de cracher à la face du mensonge, et c’est ce que me reprochent ses millions de bénéficiaires.

Raphaël Zacharie de IZARRA, merci pour cette interview éprouvante mais finalement… éclairante. Pour ne pas dire étrangement lumineuse.

VOIR LA VIDEO :

Raphaël Zacharie de IZARRA

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L’imposture cinématographique

Grâce aux artifices techniques et esthétiques les plus élémentaires et autres astuces et règles de bases issus de l’industrie du cinéma, à peu près n’importe quel quidam peut avoir la présence d’un Jean Gabin, l’aura d’un John Wayne, le mystère d’un James Dean ou la profondeur d’un Michel Simon.

La magie opèrera, quelle que soit la personnalité faisant face à la caméra. Eclairage, angle de vue, profondeur de champ, etc., tout vient de la technique. Le reste est secondaire. Un acteur non professionnel peut parfaitement apprendre à se comporter de manière crédible devant une caméra, c’est à la portée de n’importe qui. Très souvent le naturel, mieux qu’un subtil et docte jeu d’acteur, suffit à donner l’impression d’une maîtrise artistique aboutie, d’un sens rare et inné de la comédie… C’est à dire que le non jeu d’acteur, on le constate systématiquement, est plus puissant en termes scéniques que n’importe quelle savante gesticulation hollywoodienne ou moliéresque.

Beaucoup de naïfs dupés par ces illusions crient au génie de l’acteur quand ils n’ont affaire qu’à un pantin filmé sous le bon angle, le bon éclairage et avec le bon objectif. Et autant que possible, avec le masque de l’impassibilité car l’impassibilité est encore le meilleur passeport pour faire d’un vulgaire cabotin un « authentique » acteur dramatique ! On peut, je crois, nourrir l’imagination d’un public varié à travers un air impénétrable, tout simplement.

Bien évidemment, si en plus de la pure technique qui à elle seule suffit à faire croire au talent dramatique de l’acteur, celui-ci a une « gueule » comme on dit (belle ou sale, la « gueule » perce toujours l’écran), cela lui ajoutera du lustre, renforçant le mythe de l’interprète immortel… Et en général, à « talents égaux », autrement dit à capacités égales de restituer un texte de manière crédible -c’est à dire de manière parfaitement naturelle-, les acteurs de cinéma sont choisis en fonction de leur physique. Ce qui en définitive fera toute la différence. Ce qui prouve bien que ce n’est pas la manière de jouer qui importe le plus mais bien la technique s’occupant de mettre en valeur une silhouette, un visage, une attitude gestuelle, corporelle.

Woody Allen, acteur au physique pourtant dupontesque s’est imposé comme un grand interprète cinématographique mondialement reconnu grâce à son « jeu d’acteur » naturel. Alors imaginez un acteur physiquement plus convaincant adoptant la même attitude scénique… Ce qui fonctionne admirablement pour une tête commune telle que la tête de Woody Allen fonctionnera dix fois mieux avec des carrures imposantes comme celles de Alain Delon, Michel Simon ou Raimu.

Mais fondamentalement, aucun réel talent d’acteur n’est requis pour devenir un géant du cinéma.

Seuls les comiques ont besoin d’un vrai talent pour crever l’écran indépendamment des dispositions techniques.

Les autres crèvent la toile uniquement grâce au talent -pour ne pas dire au simple travail- des techniciens.

VOIR LA VIDEO :

Raphaël Zacharie de IZARRA

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Enterrement d’un radin

A mon dernier souffle, je veux qu’on cesse toutes les dépenses.

Que l’on prétexte le caractère exceptionnel de l’événement pour oublier de payer le médecin. En exagérant au besoin l’hystérie funèbre afin de mieux faire diversion. En général nul n’ose réclamer de l’argent aux endeuillés. Et s’il ose quand même insister, vous justifierez votre refus de le payer en invoquant l’inefficacité de ses soins, puisque je serai mort.

Surtout éteindre la chandelle, j’y tiens : il n’y a pas de petites économies. C’est idiot de gaspiller de la bougie quand on ne peut plus jouir de son bien qui se consume, aussi modeste soit-il.

Pour la boîte, c’est bien ce qui me tuera je crois : voilà la partie la plus pénible de mon trépas car la plus onéreuse. Son coût étant élevé, je n’ai pas le courage de m’en occuper moi-même. Aussi vous discuterez âprement les prix, je compte sur vous mes amis. Je ne veux pas être inhumé en emportant la moitié de mon argent à travers quatre planches… Quel supplice de croiser le ver avec remords dans du chêne quand on peut trouver la paix entouré de contreplaqué !

Vous qui resterez n’oubliez pas l’essentiel : c’est mon argent qui sera dépensé à mes funérailles, non le vôtre. Alors restez dignes. L’avantage de la dignité, c’est sa grande sobriété.

Je crains les croque-morts, mes derniers créanciers. En songeant à ces commerçants je tremble, m’inquiète, enrage ! Ne pouvez-vous, cousins, voisins, frères d’économie, m’épargner cette dispendieuse futilité en portant le fardeau sur votre dos ? Il ne sera pas bien lourd, moi qui mange si peu… Vous serez payés de votre peine à travers la satisfaction d’avoir éloigné ces vautours de ma bourse !

Vous les vivants, vous que j’aime tant et qui gèrerez ces affaires ultimes, si vous voulez que ma terre soit légère, ne l’alourdissez pas de vains écus car ce seront les miens.

Je vous demande également une faveur : si réellement vous m’aimez comme je vous aime, oubliez toutes ces choses mesquines que je viens d’évoquer.

Et payez tout au prix normal si vraiment ça vous amuse, effacez les moindres dettes sans nulle mauvaise foi et, comble de la générosité, jetez même menue monnaie aux moineaux et autres enfants de choeur si cela vous chante. Mais alors par pitié, mettez tout ca sur vos comptes. Prenez courageusement sur vous les frais de mon agonie, supportez avec sainteté les dépenses engendrées par mon soupir suprême.

Et laissez mes sous tranquilles, ce dernier réconfort de ma vie d’économe.

Ne voulant rien céder à mes descendants, je n’ai pas voulu procréer. Mon argent est mon véritable enfant, il me survivra dans le coffre de la banque.

Prenez soin de lui.

VOIR LA VIDEO :

Raphaël Zacharie de IZARRA

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Les anti-IZARRA

La bassesse est leur norme, la petitesse leur horizon, l’ombre leur refuge.

Ennemis de la clarté, ils détestent l’éclat izarrien. Amis des cafards, la lumière indispose leurs pensées pleines de plomb matérialiste et de profanes saletés.

Ils croient en la nuit.

Obsédés par leur image, ils craignent de manquer de superflu et chérissent au plus haut point la misère de l’esprit. Vivant dans l’artifice et n’espérant que le superficiel, leur salut à eux ce sont les apparences.

Accoutumés aux paresses de l’âme et mollesses du corps, les hauteurs izarriennes leur donnent la nausée.

Leur humanisme grandiose se borne aux remontées quotidiennes de leurs chaussettes descendantes, leur générosité sans fin à la satisfaction alimentaire de leur gros toutous baveux et petits Médor aboyeurs, leur vue sublime sur le monde aux étalages des grandes surfaces commerciales chargés de trésors jetables.

Les discothèques, les marques de voiture, les séries télévisées, le cinéma hollywoodien sont leurs plus chères références culturelles.

Le rap à leur yeux est le sommet de l’art musical.

Mais surtout, surtout leurs rêves les plus fous s’élèvent à des hauteurs vraiment inimaginables…
En effet, le ski, la plage, la mer, la Côte d’Azur, la chaleur étouffante, les lunettes noires, tout cela éveille en eux d’irrépressibles frissons d’extase car l’idéal des anti-IZARRA se résume à un mot, un seul.

Vacances.

La bassesse est leur norme, la petitesse leur horizon, le camping municipal leur refuge…

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Raphaël Zacharie de IZARRA

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Éloge du chômage

Le chômage est un bienfait pour les plus pauvres. Par « pauvres » j’entends les esprits primaires abrutis par le matérialisme triomphant.

Il permet à ces âmes indigentes de diriger leur regard ailleurs que vers le fond de leur gamelle.

Le travail est une distraction, au sens pascalien du terme. Il contribue à détourner l’attention humaine de l’essentiel.

Le chômeur face à son désabrutissement progressif peut enfin, par la force des choses, prendre le temps de se poser de vraies et bonnes questions. Pas celles relatives au contenu de sa gamelle perdue, non.

Celles concernant le sens de sa vie.

Le sens de sa vie non pas par rapport à cette chère gamelle de chien formant le centre de son existence larvaire du temps qu’il était ouvrier, employé, salarié, mais le sens de sa vie débarrassée du fardeau des nécessités professionnelles.

Une vie aux antipodes de celle d’avant avec ses rentrées mensuelles d’argent péniblement gagné.

Le chômage est un puissant désabrutisseur socio-professionnel. Il contribue à l’édification des individus demeurés sains. Le chômage rend leur dignité aux hommes qui avant n’étaient que des ânes poussant des braiments depuis leur fumier.

En cela le chômage est une bénédiction pour les hommes de bonne volonté réellement courageux.

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Raphaël Zacharie de IZARRA

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