A propos Sébastien RACONTEMOI

Administrateur du site Racontemoi.fr

Le condamné

C’est le jour de son anniversaire…
Glacé d’effroi,
Il regarde tout droit,
Son ultime itinéraire.

Errance…

Ses bras dans le dos, poignets enlacés,
La corde au cou,
Il croit devenir fou,
Et perd le fil de ses pensées.

Démence…

Sous les cris de la foule : A mort ! A mort !
D’un seul geste,
Mouvement funeste,
Le bourreau a scellé son sort.

Silence…

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Baptiste (Troisième partie)

Une lumière éblouissante éclaira le visage de Baptiste. Il était pétrifié. C’est alors qu’un grésillement se fit entendre, qui lui rappela le bruit de son radio-réveil, lorsqu’il était mal réglé… Tout lui semblait surnaturel, anormal… Son souffle s’accéléra encore… Il se mit à penser qu’on allait peut-être lui faire du mal…

« Tout va bien Monsieur ? » lança distinctement une voix masculine.

La lumière qui éclairait son visage était toujours aussi forte. Alors que Baptiste protégeait ses yeux à l’aide de ses mains, il s’aperçut que quelque chose avait changé. Il ne reconnaissait pas ses doigts, ils lui paraissaient énormes… Il se mit à gémir, machinalement…

« Calmez vous ! Ça va aller… On est là pour vous aider… » lança la voix.

Puis le grésillement repris, par intermittence cette fois. Une voix féminine se mit à parler dans la radio : « Êtes vous sur les lieux ? Voulez vous des renforts ? »
« – Négatif. Nous avons localisé l’individu, intervention en cours. » répondit la voix masculine.

Baptiste regardait toujours ses doigts, avec stupéfaction. Comme la cage d’escalier s’alluma, il vit que tout son corps avait changé, ses bras, ses jambes, tout avait grandi… Il fut pris d’un moment de panique, et s’agita, tout en continuant à gémir…

La voix reprit « Regardez-moi ! Calmez-vous ! Venez dans ma direction, on va s’occuper de vous… »

Baptiste leva les yeux, et contempla, stupéfait, le policier qui s’adressait à lui… La réalité lui apparu soudain. Cette réminiscence eu pour effet de le calmer immédiatement. Il se leva doucement et avança d’un pas résigné.

Sa maman était toujours là, dans son cœur, elle ne l’avait pas abandonné, elle avait juste rejoint l’autre monde, celui où il n’y a plus de voix… Il y avait longtemps… Si longtemps déjà…

Baptiste avait 9 ans… Lorsqu’il est devenu schizophrène.

FIN.

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Baptiste (Deuxième partie)

Baptiste avait appuyé sur chacune des sonnettes, tambouriné à chaque porte de son étage, mais personne n’avait ouvert. Pourtant, il pouvait entendre les éclats de voix, et parfois même le son des téléviseurs… C’était comme si les gens se barricadaient, feignant d’ignorer ce qu’il se passait dehors. Son regard commençait à se brouiller, mais il avait encore la force de ne pas fondre en larmes.

Depuis que son père était parti, il avait vu si souvent sa mère pleurer, que cela l’avait fait grandir. En voulant à chaque fois la consoler, il avait définitivement quitté le monde de la petite enfance, et aujourd’hui il se sentait capable de faire comme les grands, de réagir en homme, et pour l’heure il s’identifiait à l’un de ses héros préférés, un personnage de manga qu’il adorait… Lui n’aurait pas pleuré.

Peu importe que personne n’avait voulu lui répondre. La première pensée qui lui vint fut de se dire que ce n’étaient que des « gros nuls », et qu’il y aurait forcément quelqu’un qui finirait par lui ouvrir sa porte… C’est ainsi qu’il emprunta les escaliers, afin de se rendre aux étages supérieurs.

Alors qu’il gravissait les marches, il entendit soudain des hurlements effroyables, comme si des centaines de personnes se mettaient à crier en même temps… Il s’arrêta net, et, dans un réflexe, se recroquevilla sur lui-même en mettant ses mains sur ses oreilles. Son cœur battait de plus en plus fort… Il était terrorisé, incapable de bouger, alors que les hurlements ne cessaient de se faire entendre, de plus en plus proches… Il
réalisa que certaines des voix criaient son nom…

C’est alors qu’il vit, à travers la lucarne de la cage d’escaliers, une chose impossible : la nuit se mit à tomber à une vitesse incroyable, et bientôt il se retrouva dans l’obscurité la plus totale.

Les cris s’estompèrent aussitôt, laissant place à un parfait silence…

Les yeux écarquillés, Baptiste était glacé par la peur, tous les membres de son corps s’étaient mis à trembler. Cette fois il ne put retenir ses larmes… Incapable de comprendre ce qui se produisait, il se mit à répéter en boucle « maman revient, maman revient… »

Au bout de quelques instants, il entendit grincer la porte de la cage d’escalier, celle-là même qu’il venait d’emprunter, puis un claquement sec… Il retint son souffle, et se tu… Quelqu’un était là, il pouvait sentir sa présence. Mais, sans pouvoir se l’expliquer, il savait intimement que ce n’était pas sa mère.

… A suivre

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Baptiste (Première partie)

Baptiste avait 9 ans. Après le divorce de ses parents, il avait été confié à la garde de sa mère, qui avait du s’installer dans ce quartier populaire, une cité comme il en existe des milliers, et dont elle ne connaissait rien… Seul le montant du loyer avait été déterminant dans son choix. D’ailleurs ce n’était pas vraiment un choix.

Pour ne pas blesser sa mère, Baptiste avait fait mine de trouver leur nouvel appartement « génial », ainsi que sa nouvelle école… En réalité, il avait comme une boule au ventre, à chaque fois qu’il partait le matin pour rejoindre l’établissement, et à chaque soir lorsqu’il rentrait. C’était comme s’il n’avait plus aucun refuge. Même dans sa chambre, il ne se sentait pas chez lui, et souvent il se réveillait en pleine nuit en regardant chaque mur, en se demandant où il se trouvait. Mais dès que le réveil sonnait, il s’empressait de rejoindre la cuisine où sa mère l’attendait, pour la serrer dans ses bras, de toutes ses forces, moins pour se rassurer que pour la rassurer, elle…

Mais ce matin là, il y avait quelque chose de différent.

Lorsque Baptiste entra dans la cuisine, il ne trouva personne. Pensant que sa mère avait oublié de se lever, il se précipita dans la chambre… Toujours personne. Il visita la salle de bains, puis le salon, sans plus de résultat. Il couru jusqu’à la porte, qu’il trouva grande ouverte. Il se mit alors à crier « Maman ! Où es tu ? », sans obtenir d’autre réponse que l’écho de sa voix.

Jamais elle ne l’avait laissé seul, même une heure, il y avait forcément un problème… L’enfant se dirigea vers l’ascenseur, appuya plusieurs fois sur le bouton, ou plus précisément sur ce qui restait du bouton : un bout de plastique calciné. En quelques secondes, les portes s’ouvrirent sur la cabine qui empestait l’urine. Baptiste entra en se bouchant le nez. La descente lui paraissait interminable… Lorsqu’il fut arrivé au rez de chaussée, il traversa le couloir, longeant les boites aux lettres, et poussa la porte principale. Le bruit sourd du camion des éboueurs raisonnait si fort que l’on distinguait à peine la voix du garçon, posté devant l’entrée, les pieds nus, en pyjama, appelant une nouvelle fois sa mère…

Son angoisse devenait de plus en plus oppressante, il ne savait plus quoi faire. Si au moins il y avait eu un gardien dans l’immeuble… Il se dit soudain qu’il avait peut-être mal exploré les pièces, et pensa aux toilettes, où il n’avait pas regardé. Il retourna à l’appartement. La porte des toilettes était grande ouverte, il n’y avait bel et bien personne…

Que pouvait-il faire maintenant ? Se rendre à l’école, comme si de rien n’était ? Certainement pas. Il lui fallait retrouver sa mère, coûte que coûte.

Sa peur laissa bientôt la place à une détermination sans faille. Il s’habilla, rapidement, s’empara des clés de l’appartement, et décida d’aller frapper à toutes les portes de tous les étages, en commençant par les voisins de palier.

… A suivre

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L’ouvre-lettres

Au plus près de l’échéance, elle ne put se résoudre à laisser libre cours à cette pulsion qui  l’avait hanté toute la nuit. Aussi, alors qu’elle était là, à la fenêtre, penchée en avant, scrutant le vide, un sursaut la fit reculer de quelques pas. Sa raison venait de reprendre le dessus, et elle s’en voulait d’avoir failli, poussée par la douleur, commettre un geste irréparable…

Elle sentait ses forces l’envahir à nouveau, son cœur palpitait, sa respiration était rapide et chaque bouffée d’air qui remplissait ses poumons lui redonnait vie.

Un vent violent rabattait la pluie jusqu’à l’intérieur de l’appartement. Elle referma la fenêtre. Ses mains tremblaient, et elle éclata en sanglots, avant de se mettre à hurler, de toutes ses forces. Son cri fut audible de tout l’immeuble, et bientôt le bruit sourd des gens qui tapèrent contre les parois pour manifester leur mécontentement raisonna comme un roulement de tambour… La réaction des voisins la laissait dans l’indifférence la plus totale.

Elle s’affala de tout son poids dans le canapé. Son regard balaya la pièce. Elle semblait prendre conscience du désordre indescriptible qui y régnait, et qu’elle n’avait pas eu le courage de ranger. Chaque meuble, chaque tiroir, avait été vidé de son contenu, fouillé minutieusement par les policiers qui avaient dispersé sur le sol tous ses effets personnels, lors de la perquisition qu’ils avaient faite la veille.
C’était la dernière fois qu’elle avait vu son mari, les menottes au poignet, le regard vide, la tête baissée, comme un enfant qui vient de se faire prendre la main dans le sac… Elle n’avait pas prononcé un mot, elle l’avait simplement regardé, pendant toute la durée des opérations.

Elle attendait que le téléphone sonne, que l’avocat de l’homme avec qui elle partageait sa vie, et qu’elle avait le sentiment de ne plus connaître, l’appelle, pour l’informer de la décision du Juge des Libertés et de la Détention, seul habilité à donner suite aux réquisitions du Procureur, qui avait demandé qu’il soit placé en détention provisoire. Son mari… Mis en examen… Et peut-être bientôt en prison… Pour un viol… Sur une fillette de 8 ans…

L’incrédulité n’était pas à l’ordre du jour, elle savait, elle avait compris, que tout cela était vrai. Elle était convaincue de sa culpabilité, et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle éprouvait cette terrible douleur, et ce profond dégoût. Sans le savoir, elle avait partagé son lit avec un monstre…

Les faits remontaient à trois ans, et la victime qui venait de les dénoncer n’était autre que l’une des enfants qu’elle gardait régulièrement à son domicile, pour arrondir ses fins de mois. Elle s’en voulait de s’être absenté certains jours, laissant ainsi son mari seul avec elle, même si ce n’était que le temps de faire quelques courses… Mais comment aurait elle pu imaginer une telle abomination ?

La douleur qu’elle éprouvait se précisait. C’était de la honte, et de la culpabilité. Cette honte et cette culpabilité auraient pu avoir pour conséquence sa propre mort, puisqu’elle avait bien failli dans le plus grand désarroi se jeter dans le vide… Maintenant, c’était de la haine. Une haine viscérale, contre cet homme, contre ce monstre…

Son téléphone portable se mit à vibrer… Elle décrocha.

« Bonsoir, Maître RIBEIRO à l’appareil. J’ai une excellente nouvelle à vous annoncer :
votre mari est laissé libre sous contrôle judiciaire. Il n’a pu vous prévenir lui-même, mais je peux déjà vous informer qu’il dormira chez vous ce soir. Vous pouvez compter sur mon indéfectible soutien tout au long de cette épreuve, je ferai tout pour que votre mari soit lavé de tout soupçon. »

Elle resta sans voix. Le téléphone venait de lui échapper des mains…

Combien de temps resta-t-elle ainsi, sans réaction ? Peut-être une heure, peut-être deux, elle n’aurait pu le dire. Ce dont elle se souvient en revanche, c’est ce bruit très particulier, celui de la clé dans la serrure, et de la porte qui se ferme. De ces mots, qui raisonnèrent comme un coup de tonnerre : « Chérie ? C’est moi ! Je suis rentré à la maison ! ». Elle se souvient aussi de cet ouvre-lettres qui était là, par terre, juste devant elle, celui-là même qu’elle avait saisi, serré de toutes ses forces, avant de se jeter sur lui et de frapper, frapper, et frapper encore… sur tout son corps… même lorsqu’il ne bougea plus… jusqu’à ce que tout le sang sorte de ses veines… emportant une vie, qu’à ses yeux il ne méritait pas.

FIN

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L’Américaine

Cela faisait dix ans qu’il n’avait pas rechuté. Dix ans sans alcool, pas même une goutte de vinaigre dans la sauce de salade… C’était sa fierté. De ses amis, presque aucun ne se souvenait de l’époque où, ivre mort chaque soir, il avait bousillé sa vie, perdu son emploi, ruiné son mariage, et tout ce qui faisait de lui un être humain. Ce temps là était révolu, balayé, envolé…

Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de sa fille. Depuis quelques années elle avait accepté de lui adresser la parole, de lui pardonner, de renouer avec lui. C’était d’ailleurs ce qui lui avait rendu son amour propre, et sans doute un peu de dignité… Pour ses 20 ans, il avait décidé de lui sortir le grand jeu, de l’éblouir, de marquer le coup en lui offrant le plus beau cadeau qu’il pouvait lui offrir. Ses intentions étaient sincères, sa seule ambition était de lui faire plaisir. Ses revenus étaient modestes, mais il avait su épargner, mois après mois, année après année, quelques milliers d’euros. Il avait tout utilisé. A quoi lui aurait servi cet argent puisqu’il n’avait pas de projet ? Il se disait que de toutes façons, voir pétiller le regard de sa fille, cela n’avait pas de prix.

***

Pendant des semaines il avait scruté les petites annonces, à la recherche de la voiture idéale, une américaine digne des stars hollywoodiennes de la grande époque. Il savait que sa fille en serait folle de joie, elle qui collectionnait de manière compulsive tout ce qui avait trait de près ou de loin à Marilyn Monroe, Jayne Mansfield et autres stars des années 50. Elle s’était même aménagé une pièce entièrement consacrée à sa passion. En somme, lui offrir une telle voiture, ça n’était pas seulement joindre l’utile à l’agréable, c’était lui ouvrir une fenêtre sur un monde fait de magie et de rêve…

Il s’était dit qu’il trouverait un modèle à restaurer, il avait prévu cette éventualité, et était prêt à tout faire pour que la voiture soit en parfait état au moment de l’offrir. Mais le destin avait été particulièrement généreux, et avait mis sur sa route une rutilante Cadillac Eldorado que le propriétaire avait du passer le plus clair de son temps à bichonner. La transaction s’était faite en un rien de temps, et la voiture était là, dans son garage, dissimulée sous une bâche, prête pour le grand jour… et le grand jour, c’était maintenant.

***

Il avait tout prévu pour que la surprise soit totale. Il avait dit à sa fille qu’il l’emmènerait au restaurant, pour un dîner en tête à tête, qu’il passerait la prendre dans une voiture de collection qu’un ami lui avait prêté pour l’occasion. C’est à l’issue du repas qu’il comptait lui tendre les clés, en lui lançant « joyeux anniversaire mon ange ».

18h50. Il avait mis son plus beau costume, la table était réservée, la voiture prête, il était temps de se mettre en route. Pour la première fois depuis fort longtemps, il se mit à trembler. Il se sentait nerveux, comme s’il allait affronter l’épreuve de sa vie… Comment allait-elle réagir ? Lui reprocherait-elle de vouloir « l’acheter », ou de tenter par un accès de générosité de lui faire oublier le passé, ce passé sur lequel elle avait pourtant tiré un trait ? Il ne pouvait se défaire de ces pensées, il avait peur de la décevoir, d’obtenir l’effet inverse de ce qu’il espérait…

Il s’installa au volant et se mit en route, la boule au ventre. Il lui fallait impérativement se détendre, s’il ne voulait pas tout gâcher… La nuit commençait à tomber, mais il faisait doux en ce soir d’octobre. Il abaissa la vitre, et sa main heurta ce qu’il prit d’abord pour un pulvérisateur, disposé dans le vide poche de la portière. Il s’empara de l’objet, et fut parcouru d’un frisson… Il tenait dans sa main un récipient métallique, argenté et incurvé, une « mignonnette », un ustensile bien connu des alcooliques. Il dévissa le bouchon et porta le goulot jusqu’à ses narines… Du whisky. Probablement oublié par l’ancien propriétaire de la voiture… Et s’il en prenait une gorgée ? Cela n’était pas dramatique, et ne pouvait que le détendre, pensait-il… Il porta le flacon à ses lèvres et pencha la tête en arrière. Le liquide lui paru brûlant, et le fit grimacer. Mais bientôt il senti une sensation de bien-être : l’alcool qui pénétrait son corps et commençait à couler dans ses veines le débarrassait de son angoisse… Machinalement, il vida tout le contenu de la fiole, qu’il dissimula ensuite dans la boite à gants.

***

19h20. Elle était pile à l’heure, devant chez elle. Avec sa robe de soirée noire satinée qui contrastait avec la blondeur de ses cheveux, un ras le cou de velours assorti, et ses talons hauts, elle n’avait plus rien de cette enfant qu’encore souvent il voyait en elle… Il sorti du véhicule et s’empressa d’en faire le tour pour lui ouvrir la portière, en lui disant qu’ils devaient faire vite pour ne pas être en retard, évitant ainsi de l’embrasser au risque de se trahir. Il savait que son haleine était chargée. Il était en proie à un léger vertige.

« Superbe cette voiture ! Qui te l’a prêtée ?
- Un ami, collectionneur. Tu ne le connais pas, mais quand je lui ai demandé s’il voulait bien me la laisser pour l’anniversaire de ma fille, il a accepté sans hésiter. »

19h26. Pendant qu’il s’expliquait, ses vertiges se firent plus intenses. Il avait du mal à se concentrer. Comme il s’engageait dans la rue principale, sa fille se mit à crier « Attention ! » mais il était trop tard. Le jeune couple, ainsi qu’un autre piéton, qui traversaient la voie, furent percutés de plein fouet, et avec une telle violence que leurs corps furent projetés à plusieurs mètres, où déjà ils gisaient, sans vie.

(Histoire imaginée à partir de la photographie de Kot  dans le cadre d’un atelier d’écriture organisé par Bric à Book )

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L’arbre d’amour

Je veux te voir sourire. Ton visage s’illuminer. Tes yeux pétiller encore.

Je veux voir tes ailes se déployer. Sentir ce vent de liberté, celui-là même qui t’a porté jusqu’à moi, souffler sans retenue…

Je serai là pour toi. Quand tu voudras te poser sur ma branche, moi l’arbre d’amour, enraciné sur cette terre où nos âmes se sont croisées. A l’endroit précis où pour la première fois j’ai senti ton corps fusionner avec le mien, et nos deux cœurs battre à l’unisson.

Tu pourras te reposer sur moi quand tu te sentiras trop lourde.

Je te donnerai de la chaleur si tu as froid, et de l’amour, tant que tu voudras.

Mon cœur sera ton refuge, ton habitacle. Et tu pourras t’y abriter à tout moment.

Puis tu t’envoleras, légère comme une plume.

Alors je te regarderai t’éloigner avec des larmes de joie, qui couleront le long de mon écorce pour m’irriguer, et me faire pousser jusqu’au ciel, où tu me rejoindras à nouveau.

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