A propos altess939

Humaniste

Et de mes amies collégues…

Un matin une collègue passa chez l’autre
Pour la prendre et aller ensemble au travail.
Elle s’installa sur un canapé alors que l’autre,
S’occupait un moment à nettoyer une corbeille.

AH ! tu te souviens ma très chère amie ?
- Ah oui ! pour avoir du travail quel temps on y a mis.
- Le levant nous trouvait toujours à la quête.
- Le couchant voyait le rejet de nos requêtes.

- Pourtant cela demeure ma plus grande conquête.
- On avait toutes les deux les mêmes têtes.
- Et cette même air des chômeurs, mélancoliques !
- A voir, nous étions plus que pathétiques.

- Tu te souviens de ce fameux patron ?
- Est-ce celui de cette compagnie d’antan ?
- AH !celui là ne voulait pas de mon travail mais du bon temps
- Il t’avait rejetée parce que tu ne voulais être son macaron.

- Dire que j’ai vraiment failli succomber : LASSE !
- Cela t’a remise sur le macadam : HELAS!

- Parfois, seule j’y pense et fort j’en ris.
- Moi je suis maintenant de toutes ces peines guérie.
- Aujourd’hui je ne supporte plus de mon lit tôt me lever.
Moi qui à mes débuts, faillis  de zèle crever.

Au moindre désir de mes collègues je veillais
Car je voulais montrer que j’étais une véritable pro,
Et ils en profitaient pour m’en mettre toujours trop.
Ils me regardaient tous, pourtant, pas émerveillés ;

Moi qui m’usais pour eux jusqu’au sang .
Et je n’en comprends la raison que maintenant
Avec cette hardiesse de la nouvelle secrétaire.
Je me revois en elle. Les mêmes caractères !

Elle est avec nous tous aux petits soins,
Et on sait tous qu’elle en sera bientôt loin.
- J’ai entendue chuchoter à la radio moquette,
Que le patron en a déjà fait sa nouvelle conquête.

- Au fait tu as une idée de l’heure qu’il est ?
- Ca m’a pris de faire aux enfants leur lait.
- Le patron va encore nous mettre, comme hier, la pression
- Aucun risque, il est parti hier soir en mission.

Et si je ne me trompe il y sera pour un bon bout de temps

- Ouaa ! Moi qui voulais une permission pour notre pèlerinage annuel
- Au nombre de tes demandes je le pensais mensuel
- Je ne peux plus soulever de raisons médicales encore
Car c’est devenue une excuse qui ne marche plus fort

- En tout cas fait gaffe car tu les connais bien.
- Manitou me connaît.je peux durer sans qu’il n’en dise rien
Et il sait qu’il ne peut m’empêcher d’aller errer.
Avec ce salaire de misère il faut bien autre chose s’affairer.

- Tu sais aujourd’hui de travail je n’ai aucune envie.
- Et si nous appelions juste pour donner signe de vie.
- Tu ne penses pas que le patron à son retour le saura.
- Oh donne moi le téléphone et advienne que pourra.

- Hier je n’avais à rien touché au bureau,
Très occupée à étaler mes biens sur le carreau.
- Moi  j’étais restée dans le bureau d’à coté,
On parlait du mobilier qu’ils se sont dotés.

- J’ai entendu qu’ils l’ont pris à crédit.
- Je sais, même s’ils ne m’en n’ont rien dit.
Dire qu’ils s’écroulent déjà sous des dettes.
- En prison j’ai peur qu’on ne les y un jour, mette.

- Si nous passions par mon commerçant ?
Je dois renégocier les marchandises d’hier.
- Je pense qu’il faut lui demander du temps ;
Car ce mois j’ai déjà dépensé mon salaire.

- Tu es brave tu as tenu jusqu’au milieu du mois.
- Brave ! Je te parle de l’argent du prochain mois.

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La femme d’autrui

Innommable !
J’ai tant cherché mais c’est l’unique,
Le seul mot qui me vient à l’esprit.
Ce sentiment qui m’inspire une grande panique,
Et qui me torture l’âme et l’esprit.
Pourtant, je n’ai jamais voulu être frivole ;
Si je vois aujourd’hui ma tête qui s’envole,
Au minimum de ses innocents regards,
Qui me perturbent et me rendent hagard.
Quelle force me pousse t’elle vers cette aventure,
Que la morale la plus faible, porterait à la censure ?
Je sais qu’elle sait le trouble en moi ;
Et ce sourire qu’elle me tonne témoigne de son émoi.
Dévine t’elle au juste l’étendue de l’emprise
Qu’elle possède sur ma personne, juste avec ses yeux ?
Je l’ignore mais je sais que plus rien d’autre je n’ai d’yeux.
Alors que, je jure de l’immoralité de l’entreprise.
Je n’ose que dans ma tête m’avouer le mot ;
De peur que, de l’articuler, débutent tous mes maux.
Qu’ai je donc fait de tout ce que j’avais comme foi,
Pour vouloir ainsi atteindre à cette divine loi ?
Dire que je ne devrais, même pas, à elle penser ;
Au moment ou, ma matière grise d’une manière insensée,
Continue à l’enfermer dans toutes mes pensées,
Qui font d’ELLE, l’unique objet qu’elles ont recensé.
Et la voilà, qui dans ma tourmente me surprend.
Que peut elle en savoir, de rire ainsi à mes dépends ?
Avant de poser par terre, ce plat devenu rituel,
Qu’un jour, ELLE m’a avoué, qu’ELLE le voudrait perpétuel.
J’attribue son nom à toutes celles que j’appelle.
J’ignore pourquoi ma langue s’attache ainsi à elle !
Je n’en suis pas plus avancé aujourd’hui qu’hier,
Et je me sens de renouveler toutes mes prières ;
Je décide alors de sortir pour aller un peu songer,
Auprès de l’eau, en me retenant d’y plonger.
Peut être, qu’en flânant, de par cette fraîcheur,
Je pourrais au moins atténuer mes instincts pécheurs.
Bien que je sache que cela ne puisse être mon remède.
Où ! SEIGNEUR DIEU vais-je ma douleur épancher
Dites-le moi, Vous, pour qui les fibres de mon cœur
Vibrent à toutes les heures sans jamais flancher.
SEIGNEUR ! Ne m’abandonnez pas seul dans ma peur ;
Offrez moi des armes pour que jamais je ne cède.
Comment ai-je pu me laisser ainsi posséder ;
Jusqu’à tous,tous mes moyens me déposséder ?
Vous qui pouvez amener les âmes à la perfection,
Ne me laissez pas me mener à la défection.
Et j’en ai assez de cette longue marche !
Et je me retourne à mes premiers pas ;
Et je ne sais si je vais changer de démarche.
Et à peine dans la maison mon premier pas,
Je LA trouve aux aguets qui murmure mon surnom.
D’habitude, pour me saluer, ELLE utilisait mon nom.
Ce ton de sa voix va t’elle une nouvelle ère annoncer ?
Je lutte pour ne point rencontrer son regard,
Et je m’en sortirais vainqueur de cette muette bagarre ;
-‘’N’ as-tu pas dans ta chambre un encensoir ?’’
Cette question ne rendit ma force qu’illusoire !
Je la vois déjà aux ébats sur mon lit !
Elle aura réussi à me faire commettre le délit !

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Rougui

Hier,
dans tes bras mielleux
j’ai replongé dans la tendresse de mon enfance;
l’écho de tes douces paroles
susurrées à travers tes lèvres lippues
glissant avec une extase extrême
dans le creux de mon oreille
assassina mon angoisse.
Oh femme femme
que ne ferais-je pas pour toi
je vendrai jusqu’à mon âme
pour te couvrir d’un foulard en soie

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Saint-louis, du Sénégal

J’ai quitté ma ville par une nuit,
Pour arriver dans cette ville dans la même nuit.
Lorsque je partais, au loin était l’aube ;
Quand j’ai foulé le sol, se dessinait l’aube.
Et le voile nocturne qui se déchirait enfin,
Présageant que d’ici peu je verrai sa fin,
Me fit oublier la fatigue de ce long parcours.
Le jour que j’attendais depuis toujours ;
Espéré, après une longue attente en vain ;
Ce jour qui apporterait de ma main, son pain.

Au matin, je suis déjà attiré par le climat et sa fraîcheur
Dont la douceur, mêlée aux effluves du fleuve,
Suggère à mon corps avec ses caresses une impression très neuve.
J’en hume longuement, et je sens ses effets jusqu’à mon intérieur.

Saint Louis !

Ville encore rythmée aux pas de ses anciennes signares
Dont leur candeur incalculée fera à jamais leur gloire.

Saint Louis !

Je suis charmé par la marche cadencée de tes femmes ;
Elles semblent être les seules dans l’univers,
A savoir ligoter le temps à la cheville de Leur Univers.
Leurs mines joviales ferreraient le cœur de tout homme.

Saint Louis !

Tes enfants sont chaleureux et accueillants,
Leurs douces mères couvent tout enfant.
Et à petits pas, pas lents du tout,
Me voila qui plane sur ton mythique pont,
Envers et contre ceux de partout.
Nul doute ! Voila l’ancienne cité des colons.

Saint Louis !

Ville avec une île à la beauté magique,
Où la pierre moderne n’a rien ôté à l’historique.

Saint Louis !

Le coucher de ton soleil est tant chanté,
A l’entendre, j’en étais déjà enchanté.
Mais je sais que les mots ne peuvent traduire
Cette sensation du soir le fleuve nous fait subir.
La nuit, j’admire le reflet des réverbères dans le noir
Sur les eaux silencieuses qui leurs servent de miroir.
Adossé à ce mur je me sens déjà de mon voyage fier
Quand j’entends l’invitation des vagues.
Pourtant, je ne rêve ni ne divague ;
Certes, Saint-Louis est le réceptacle d’une divine lumière.

( Extrait du recueil inédit féconde, Ameth Diagne )

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La danse des coeurs

Le jeu de l’amour

Chapitre  1

Ils  franchirent joyeusement ensemble l’entrée de l’hôpital main dans la main. Elle était, comme toujours, éblouissante ; et comme toujours, il avait du mal à détacher son regard d’elle. Pourtant, cette  joie d’être en ce moment ensemble, n’empêchait pas à Karim Fall de lire une certaine angoisse sur le  visage de Maty.

Cela le fit réfléchir pour la première fois, à la folie qu’il allait commettre.

_ Non ! Ce n’était pas de la folie, mais tout juste un projet que j’avais muri.  Certes, muri un peu à la va-vite, mais un projet quand même et dont la réussite, même si j’en étais  sûr au début,  était suspendue à ce  qui allait sortir de mon entretien avec le Dr Bertrand,  méditait Karim.

_  Ca va ? lui demanda-t-il, déjà assuré de la réponse positive qui allait suivre.

_ Oui !  lui répondit-elle. C’est tout juste que j’ai toujours du mal à comprendre comment pourrait-on se marier à l’hôpital ?

Non ! On ne se marie pas à  l’hôpital, mais par l’hôpital.

Enfin ! Je ne vois pas tellement la différence.

_ Tu as peur ?

_ Oui ! De te perdre….

Karim ressentit, à travers le son de sa voix, la sincérité non diluée des propos de Maty.

_ Ne t’inquiète pas ma chérie et fais moi confiance.

Malgré son vêtement léger elle transpirait un peu. De très fines perles de sueur scintillaient sur son visage.

Ce mois d’avril était l’un des mois les plus chauds parmi ceux qui l’avaient trouvé dans cette région de Saint-Louis du Sénégal ; mais au delà de la rigueur du climat, les émotions de cet instant précis étaient à elles seules suffisantes pour les faire suer tous les deux.

Il la regarda et ne put s’empêcher de sourire bien qu’une petite boule s’était placée dans sa gorge. Elle sourit à son tour et  lui demanda sur un ton rieur

_ Qu’est ce qu’il y a ?

_  Je t’aime, je t’aime, je t’aime …..

_ Ah  bon !

_ Ah bon ? T’en n’es pas sure ? Il la ceintura par la taille, se collant  contre elle et avec ses doigts il la caressa des deux cotés des reins.

_ Tu n’en es pas encore sure ?

Elle poussa un petit  cri de joie écrasé, courant et tentant de se détacher de son emprise.

_T’en es pas sure ?

_ Oui ! oui ! dit-elle, courant toujours telle une insouciante gamine

Il la serrait par la taille et faillit l’embrasser sur les lèvres, malgré sa forte et naturelle  pudeur.

Une dame malade, accompagnée de deux jeunes fillettes et qui sortaient en ce moment même du bâtiment où ils se dirigeaient les incitèrent à se ressaisir.

Ils étaient comme deux enfants.

Il reprit calmement sa main sans la chercher et ils se dirigèrent vers le pavillon de la chirurgie où un ami de Karim travaillait.

A la vue  de l’inscription CHIRURGIE et des malades qui défilaient dans l’hôpital, les uns plus mal en point que les autres, Karim se mit à s’en vouloir. Comment cette folie avait-elle pu germer dans son esprit ? Lui dont une conscience  précoce du sens des responsabilités  a toujours guidé tous ses actes.

_ Heureusement cette folie est bien volontaire, se dit-il pour se calmer. Tu ne penses pas que….. Nous devrions attendre jusqu’à demain ?  Demanda t-il subitement à Maty

_ C’est à toi de décider ; mais ne crois-tu pas que c’est préférable de le rencontrer aujourd’hui ? D’autant plus que tu m’as dite qu’il t’a confirmé qu’il n’avait pas beaucoup de rendez-vous cet après midi.

_ Tu as raison.

Ils continuèrent de marcher, sans plus un mot dire. La tension dans le cœur de Karim était   très haute car il garda le silence pour ne pas afficher le trouble qui le gagnait de plus en plus.

Parfois il inspirait, en silence, une forte bouffée d’air qu’il expirait  lentement, très lentement.

_ S’il vous plait ou se trouve le bureau du Dr Bertrand ? demanda-t-il à la première personne en blouse blanche qu’il rencontra ; et il fit un effort surhumain pour être naturel.

_  Tout juste derrière vous. Vous avez rendez-vous ?

_  Oui ! Il m’attend, lui répondit-il.

_ Veuillez attendre un peu dans la salle, je pense qu’il en est à son dernier patient de la journée.

Elle leur désigna la salle qui faisait face au bureau du docteur.

Ils s’y assirent dans un silence profond de quelques minutes qui duraient pour eux une éternité.

_ Ca va ?  Demanda Karim en essayant de dompter au mieux sa voix.

En toute réponse, elle lui sourit tout juste et fit sortir une grande bouffée d’air.

Leurs nerfs semblaient être tendus au maximum.

Le docteur sortit enfin de son bureau, raccompagnant ce qui semblait être sans doute son patient.

Quand il  aperçut Karim, il lui fit signe de la main. Ce dernier attendit que le malade s’en allât enfin, avant de se lever pour aller à sa rencontre.

Maty resta elle assise.

_ Tu viens ? Lui lança t il

_ Vas-y  toi, je t’attends.

_ Allez, je t’en prie viens.

Elle ne le laissa pas la prier deux fois. Elle se leva et le suivit. Dr Bertrand attendait de les accueillir dans le couloir.

_ Karim ! Lui dit-il,  je pensais tu avais désisté, tu as failli ne pas me trouver.

Ils  allaient entrer dans le bureau quand un autre patient se pointa et il avait l’air plus mal que l’autre et le Dr  semblait bien le connaître.

Après quelques mots échangés avec lui il le pria de l’attendre dans la salle d’attente. C’est alors que Karim suggéra au Dr de le prendre d’abord avant eux.

_ Cela ne vous dérange pas ?

_  Pas le moins du monde, je pense que nous, nous pouvons encore attendre.

Le nouveau malade le remercia et s’engouffra  furtivement dans le bureau.

Il n‘y dura d’ailleurs pas.

_ Veuillez me suivre, leur dit le docteur.

Ils le suivirent dans son bureau.

_ Prenez place ! Je vous prie.

_ Merci docteur

_ Karim !  …docteur, c’est pour les autres mais toi je t’ai toujours dit de m’appeler Bertrand.

_ D’accord ! D’accord, doc… disons Bertrand.

_ Au fait, je te présente Maty ….Maty Thiam…

_  Enfin, je peux finalement la voir en chair et en os. Très enchanté !…. J’avoue qu’elle est beaucoup plus belle que sur la toile.

_ Je suis également très ravie. Karim me parle très souvent de vous. Mais de quelle toile parlez- vous ?

Je t’expliquerai plus tard, dit Karim, pour couper court à Bertrand, c’est une longue histoire.

_ C’est donc pour elle le rendez-vous ?

_ Je pense que c’est pour nous deux.

_ Karim, tu ne vas pas me faire croire que vous êtes tous deux malades !

_ Non docteur ;  nous sommes tous deux très bien portants au contraire.

_ Alors, quelle est la raison du rendez-vous ? J’avoue que je me suis un peu  inquiété lorsque tu m’as appelé  hier au milieu de la nuit pour le prendre.

_ Bertrand, j’ai pris ce rendez-vous tout juste parce que   ….parce que nous voulons nous marier.

_ Vous marier ! Félicitations Karim. Mais tu ne penses pas que tu t’es trompé de bâtiment. La mairie c’est à quelques bâtiments plus loin dans le quartier nord.

_ Mon ami, pour l’instant mon projet de mariage a d’abord  plus besoin d’un ami médecin compréhensif que d’un maire ou de quelconque autre personne.

_Je crois que je ne te saisis pas.

_Docteur, ce n’est pas ridicule ! Enfin… je crois…Laissez-moi vous expliquer.

( extrait du roman La danse des cœurs, Ameth Diagne ; éditions Fama)

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