A propos Benedicte Lefeuvre

Lectrice, écrivain, poète, peintre je suis publiée depuis les années 2000. Avant, la lecture de mes textes était réservée aux intimes. Chaque déménagement a vu s'envoler des poèmes, lettres, nouvelles et même un roman que je ne trouvais plus à mon gout. J'ai beaucoup déménagé... Un jour, j'ai compris que les mots pouvaient toucher des lecteurs inconnus et que ce n'était plus à moi de juger ce qui était bon ou mauvais. Voici, en partage, ce que m'inspire la vie et surtout ce qui vient du cœur. Bonnes lectures. Les curieux pourront suivre mon parcours sur mon blog : http://benedictelefeuvre.over-blog.com

Oratorio pour les Charitables

La route reprend des couleurs
dans les yeux des Charitables

Coupure soleil
au cœur
du jardin public

Des cerceaux de lumière
enlacent les arbres

Jets verdoyants
Le froid se brise
sous le kiosque
musique

L’amitié se réunit
sur des chemins escarpés

Chahut
Harmonie nomade
sonates en grappes

Extrait de « Oratorio pour les Charitables » Ed. Henry, 2012

Post to Twitter

Jardin

Les taies du sommeil plume s’envolent sous le soleil
La verdure renaît sous le pinceau du printemps.

L’horloge tourne  la planète se réchauffe
Le monde se pigmente imperceptiblement.

La pivoine ôte la poussière
Voilant son regard, cil vert, œil rouge.
Les jacinthes secouent leurs clochettes
Teinte bleue
Les fées peuvent continuer leur histoire.

Une odeur de thym cherche sa voie, près du cyprès
Sorti d’une longue apnée sa respiration m’inonde.

Je retrouve le filigrane des fleurs perdues
Dans le labyrinthe de ma mémoire.

 

                                 publié dans la revue « Le coin de table, n° 22″

Post to Twitter

Si…

Si…

Si j’étais artiste, je peindrais sur les ruines
des baumes de mer bleue, j’encrerais la paix si
belle sans cible humaine à broyer, un sursis
entre deux plus jamais, amnésies assassines.

Je danserais la nuit au milieu de la foule
des sans-abri noyés dans l’ivresse des rondes,
évaporant la pluie de la tristesse en boule,
le toit du ciel étoilé serait notre monde.

Je soufflerais des voix murmurées dans le vent,
chantant la planète libérée des tourments,
écoutant les sons d’amour fondus dans les airs
qu’un luth égrènerait admirant l’univers.

Bénédicte LEFEUVRE

Post to Twitter

Maison de poésie : sauvegarde

Pierres accrochées entre forêt et nuages
la grille s’ouvre sur l’écriture
racines d’histoires innombrables
murmurées entre les murs rouges.

Euphorie des voix conservées
flammes invisibles en présence
l’évolution du cercle
surgit de la source.

Ateliers de mémoire
entre conservation et diffusion
chant des continents reliés
au fil des inspirations
les douloureuses disparitions
sèment des traces
dans l’allée des mots.

Les chemins escarpés s’illuminent
au détour d’un hasard
plénitude d’un instant
accueilli lors d’une halte.

(Paru dans la revue L’Estracelle,
Maison de la poésie du Nord/Pas-de-Calais)

Bénédicte LEFEUVRE

Post to Twitter

Grasse matinée

Sous la courbe de tes doigts
ton regard glisse doucement
sur mon corps assoupi.

Tu éveilles les sons de ma peau,
pianotes la partition des caresses,
tu embrasses et embrases le feu
jardin intérieur de ma source.

Frissons naissant du désir,
j’ondule dans un brouillard
sous la couette endormie.

La cascade amoureuse chute
entre glissades et pirouettes,
manège tournant sans boussole
aux quatre coins du temps.

(Paru dans la revue : Comme en poésie, n°19 )

Post to Twitter

Echecs

64 carrés parfaits
de terre et de lait
nous séparent.
La pendule rétrograde le temps,
une heure de vie s’effiloche
compte à rebours,
je commence.

J’ouvre la danse
au milieu de la piste,
d’un bond, tu me rejoins.
J’occupe le centre,
tu proposes un rock,
je te réponds une valse
de pions en pièces.
La stratégie commence.
Tapis dans l’ombre
tu caches ton jeu.
Je te déjoue.

La place devient presque vide,
je te cloue au sol,
le dernier tango renversé du roi,
tu es mat.

Bénédicte Lefeuvre

Extrait de « Regard(s) » Ed. Grrr…Art
Paru dans la revue : Lieux d’Etre, n°36

Post to Twitter