J’en crève

J’en crève de t’aimer aujourd’hui
Sous le bitume dans le béton
Dans un monde cerné de brumes
Où s’illustre la déraison
Moi je rêve de faire un petit
Qui ne jouera jamais au grand
Et qui n’seras jamais acquis
A un quelconque troupeau de glands

J’en crève du plus profond des tripes
De ne t’offrir qu’une illusion
Un songe , déjà un souvenir
D’une lointaine révolution
Sûr que je vais t’aimer, mais mal
Que je te grifferai parfois
Je te boufferai le moral
Mais ce ne sera pas vraiment moi

J’en crève de ne pouvoir te dire
Quand repoussera ma bohème
Et qu’entre tes bras m’endormir
Apais’ra le flot dans mes veines
Tu s’ras mon double à peau de femme
Tout ce que je n’ai pas su être
Les larmes ont eu raison des flammes
Qui dans mes yeux s’étaient vues naître

J’en crève de ne pouvoir crever
Tous les nuages et les automnes
Comme un outrage se font traîner
Derrière ton regard qui s’étonne
Je hais cette vie d’habitudes
Où le fric brûle entre nos doigts
Où la douceur et la quiétude
Se calcule tous les fins de mois

J’en crève de t’aimer aujourd’hui
Toi qui à cœur perdu se lance
Même si tu en reviens transie
Tu laiss’ras pas passer ta chance
Oui, mon amour, tu me ressembles
Tu ne te donnes pas à moitié
Je sais déjà que c’est ensemble
Qu’on dira non au monde entier

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Rupture

Si l’amour était vin, il aurait ton bouquet
Le parfum capiteux de ta lèvre gourmande
Si j’avais été prêtre , je serais défroqué
Pour un ultime regard de tes yeux en amande

Mon cœur s’est-il brisé en mille et un morceaux
Quand de tes yeux mouillants, tu m’as dit c’est fini
Il s’épanche maintenant en mille et un ruisseaux
Un autre courtisan berce tes insomnies

Je repars en croisade, agitant mes grelots
A la conquête hâtive d’un minois de rechange
Ce n’est pas chaque fois qu’on renonce au gros lot
Combler le vide d’espoir n’échoira qu’à un ange

En attendant qu’un être aux facettes mille et une
Décalque sur ses peines l’outrance de mes chagrins
Je tiendrai droit debout contre mauvaise fortune
Tel un pieux matelot à l’arrivée d’un grain

L’embrouille hélas s’empare des amants les plus tendres
Un peu moins éternels redeviennent les serments
Quand la chimie prend l’eau, qu’y a-t-il à comprendre
La symbiose de nos âmes a perdu son ferment

Mon cœur s’est il brisé en mille et un morceaux
Quand de tes yeux fuyants, j’ai surpris les non dits
Il s’épanche maintenant en mille et un ruisseaux
Un autre soupirant calme tes incendies

Que jamais souvenir de l’hymen trépassé
Soit objet de l’opprobre qu’il ne mérite guère
Si le temps des promesses est un fruit dépassé
N’ayons pas l’indécence de nous faire la guerre

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Jusqu’en amont de l’âme

De cap en pied jusqu’aux orteils
Remontent l’âme jusqu’en amont
Tu t’appropries mes insomnies
De mes rêves tu crées ton berceau
Tes sens s’émerveillent insoumis
Et sur ma peau marquent leur sceau
Tes yeux s’indignent de mes douleurs
Les captent bien avant qu’elles naissent
Disant que noir n’est pas couleur
Et que leur bleu se veut caresse
Ton corps donné n’est plus à rendre
Mon ventre comblé par tes fesses rondes
Tant d’années , de mois à attendre
Et tout ce bonheur qui abonde
Tu es mon autre, rai de lumière
Eclaire le silence dans la nuit
Quand tu es seule dans ta chaumière
Surtout ne crois pas que j’ai fui

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