Journal du 2 octobre 2384 du n°379
Je ne me sens pas comme les autres.
Je ne suis pas comme les autres.
Enfant des rues, j’aurais pu mourir s’Ils ne m’avaient pas recueilli. Promis mille merveilles.
Lorsque l’on est au bord de la mort, on ne pense pas aux conséquences qui pourraient découler de nos actes.
J’ai signé le papier que l’on me tendait avec les dernières forces qu’il me restait. Sans le lire, j’ai accepté leurs conditions.
Dans cet univers, nombre de personnes ont dû m’envier à cet instant précis. Aujourd’hui, je ne sais pas ce que je donnerais pour échanger ma place contre la leur.
***
Aujourd’hui, je me suis enfui. Encore.
Ou plutôt, j’ai tenté.
Cet endroit est une prison d’où l’on ne sort pas, une fois entré.
Je ne sais pas pourquoi je m’y tente encore.
L’énergie du désespoir, sans doute.
***
Je ne courais pas.
Celui qui court se fait immédiatement repérer. Je l’ai appris à mes dépends.
Ils avaient eu tort de m’encourager à développer mes muscles, et ma force par la même occasion. J’avais assommé le garde qui venait m’apporter de quoi me nourrir.
Je m’en voulais. Il ne m’avait rien fait. Ou pas directement du moins.
Ici, tout le monde est coupable d’au moins une chose : obéir aux ordres. Ou désobéir, dans mon cas.
Je tournai à droite.
Avant de comprendre mon erreur.
Un cul-de-sac.
Manque de chance, des pas se mirent à résonner derrière moi. M’avaient-ils déjà repéré ? Impossible, l’alarme n’avait même pas encore été donnée.
Le hurlement strident de la sirène d’alarme me fit soupirer.
Quand on parle du loup…
Les talons des bottes des gardes claquaient sur le sol tandis que je cherchais désespérément un endroit où me cacher. Rien. Un mur de chaque côté et un devant. Aucune échappatoire.
Le bruit d’un fusil que l’ont armait me fit me retourner.
Je pouvais –avec difficulté, cela va sans dire, mais je pouvais- m’occuper d’une de ces montagnes de muscles qu’étaient les gardes.
Ils étaient cinq.
Impossible.
-A genoux, les mains sur la tête. Ordonna l’un d’eux.
Je m’exécutai.
Le tir partit.
Je reçus la fléchette empoisonnée au somnifère dans la nuque.
Ma vue se voila.
J’eus juste le temps de comprendre.
Devant moi, ce que j’avais pris pour un mur n’était autre qu’une porte. La Porte. Celle avec une majuscule, car tout le monde rêve de la franchir. La Porte qui permettait de s’échapper de cet enfer. Juste devant mes yeux.
Une larme roula sur ma joue.
Je tombai au sol.
Inconscient.