Sans corde et sans âme une fillette rêve
Allongée sur un lit de paille dans un camp de déplacés
Elle repense à la guerre qui l’a crachée loin de son oasis
Au milieu de nulle part parmi des inconnus
A traves une fente desséchée de sa hutte
Elle voit défiler ceux d’une autre civilisation
Chevauchant des voitures différentes des ânes et des ticos locaux.
Fascinée par ce mystère, elle reste pensive
Condamnée, se croit-elle, à cette terre sans horizon
La guerre brutale et sans cœur, comme une ombre, semble éternelle
Et le hurlement des bombes de la nuit lui donnent la fièvre
Galvanisant ses intestins comme les volcans de ses livres de jadis
Sans corde et sans âme une fillette a atteint le grand âge
Ses idées s’entrechoquent et serpentent la sombre rue de ses méninges
Les effluves de la mort taquinent ses narines
Et sa course vers la vie reste son seul bonheur