- FRANET
bonheur cloné
RESUME A la fin de ma vie professionnelle et avant de démarrer une seconde vie, c’est ce que l’on dit au moment de la mise à la retraite, je me donne un temps de réflexion. Je réfléchis sur ce que je peux transmettre, en particulier à mes enfants : leur écrire ce que je n’ai pas pu ou su leur dire, faire le bilan de ma vie en sorte de pouvoir partir quand on n’a plus rien à regretter. Ma réflexion est perturbée par une rencontre insolite : un homme qui me ressemble en tous points et que je rencontre fortuitement, prétend que nous sommes deux clones issus d’un même essai de clonage. Des essais de clonage auraient été effectués en 1944 par les nazis. Je lui propose de se rencontrer régulièrement pour en savoir plus et le cas échéant pour qu’il me révèle mes vraies origines sur lesquelles je doute encore aujourd’hui.Tel un inquisiteur, je l’interroge sur sa vie, ses opinions … Bref, je cherche la faille qui me permettrait de le démasquer. Finalement, je comprends que mon inconscient a subordonné toute mes actions. Il a été l’instrument principal qui, malgré moi, a guidé ma vie. Mon cerveau m’a toujours trompé. Au détour de ce questionnement, je parviens à percer le mystère de ce que j’ai appelé « l’enveloppe quantique ». Quel est ce monde invisible qui nous entoure nous séduit et, le cas échéant, nous perturbe ? L’auteur et son clone apportent des éléments de réponse. Ils proposent des recettes Février 2006 |
PENSEE LIMINAIRE
La mise einactivité professionnelle ( retraite ) est une situation privilégiée pour s’intéresser à de nouvelles choses. Les contraintes de temps étant presque inexistantes, on peut alors profiter de sa disponibilité pour approfondir de nouveaux centres d’intérêts que la vie professionnelle n’a pas donné le temps d’exploiter. Ainsi, je me suis mis à lire tout ce qui peut s’écrire sur les actualités politiques, sociales ou encore scientifiques. Nous verrons plus loin ce qu’il en a été de mon intérêt pour le clonage humain. Et puis, malgré moi je me suis mis à remonter le temps pour mon compte personnel : comprendre l’origine de mes névroses. Tel un béhavioriste, j’ai refait le parcours de ma vie. Comme dans une thérapie, les images me sont revenues par bribes, flashs ou séquences. La pensée n’étant pas perturbée par la vie professionnelle, j’ai pu entamer ces réflexions d’une façon profonde mais sereine. Je considère cette nouvelle étape comme une seconde vie qui donne toute liberté à la pensée et utilise pleinement des possibilités de création. Elle m’a permis de remettre en
question des points de vue essentiels à un mode de pensée que l’on croyait unique, d’inaugurer de nouvelles pistes avec un souci constant de transmettre, en particulier à mes enfants. En réalité, le but inavoué de ce livre a été de faire part de mon expérience à mes enfants, pour éventuellement, les aider à évaluer leur aptitude au bonheur. C’était le souci constant de toute ma vie. Et, je me demande encore aujourd’hui si j’ai bien élevé mes enfants selon la méthode des 3P : Pouvoir aider, Protéger, Permettre de faire ce qu’ils ont envie de faire.
Mais là est toute la question, car souvent et peut être dans tous les cas, nous arrivons au terme de notre vie sans avoir tout compris et finalement se rendre compte que nous avons été « ignorant » tout le long de notre vie. Ce livre rassemble aussi des réflexions personnelles sur une conception de vie et, tout ce que j’espère en l’écrivant c’est de les transmettre à ceux qui auront la patience de me lire.En particulier à mes enfants. A eux d’en faire ce qu’ils veulent.
MON HISTOIRE
1 – POINTS IMPORTANTS DE MA VIE
Je suis né le 21/03/45. J’ai été conçu dans des circonstances particulières. C’est un pan obscur de ma vie. Je n’ai plus de souvenirs, mais seulement quelques flashs. Comme par exemple une religieuse dont j’aperçois uniquement la cornette et qui se penche au dessus de mon berceau. Ou alors je revois de dos un homme qui quitte la maison. Il est habillé d’un long pardessus comme celui des S.S. de l’époque. Il enfourche une moto et s’éloigne rapidement. Je n’ai pas vu son visage, mais je me souviens qu’il était de petite taille. Ensuite, je me rappelle avoir eu beaucoup de problèmes de santé. Je n’ai jamais questionné mes parents sur ces problèmes de santé. Par contre, il est arrivé que lors de soirées familiales, tout en évoquant une partie de leur passé, il leur arrivait de laisser échapper quelques paroles. Ainsi j’ai appris tardivement, vers l’âge de vingt ans, que la mère de mon père faisait des « messes noires » pour me faire du mal et que certains soirs mon père jetait du sel par dessus son épaule pour conjurer le mauvais sort. C’est à cet âge là aussi que j’ai su que ma famille avait été touchée par la déportation. Mes parents ne communiquaient pas beaucoup et par respect je ne posais pas de questions, aussi pour ne pas prendre le risque de réouvrir des blessures profondes vis à vis de mes parents mais aussi pour moi. En fait, je ne voulais pas savoir. Ma mère était d’origine polonaise, du côté russe, et était venue en France à l’époque de l’immigration polonaise vers les mines de charbon du Nord de la France. Je suis donc né dans un coron du Nord, mon père étant mineur. Je n’étais pas très studieux à l’école. Je n’étais pas du tout attentif. Mon esprit s’égarait sans cesse et sans savoir pourquoi. J’ai arrêté mes études au niveau du BAC en 1963 pour deux raisons : la maladie ( tuberculose ) et la famille ( travailler pour nourrir la famille dont le père était inapte au travail suite à la silicose ). Je me suis retrouvé par hasard dans une entreprise qui m’a permis de reprendre des études en 1976, alors que j’étais marié et père de deux enfants. J’ai réussi à devenir ingénieur surtout par mon côté scientifique que celui de la littérature. C’est ensuite au tour de mon épouse de tomber malade : hémiplégie à la naissance du troisième enfant en 1980, cancer du côlon en 1994. Tous ces événements m’ont fait poser beaucoup de questions sur le sens à donner à ma vie. Ainsi à la retraite, je me suis retourné sur mon passé pour faire défiler le film de ma vie depuis le début. Malheureusement, j’ai peu de souvenirs de mon enfance et de mon adolescence et personne pour remplir ce vide, n’ayant plus de famille ( mes parents sont décédés depuis une vingtaine d’année ) et surtout plus de relations avec ce qui reste de ma famille depuis l’accident de santé de mon épouse. J’ai écrit pour que mes enfants ne se retrouvent pas un jour avec ce même questionnement.
2 – LES DEUX AXES PRINCIPAUX DE MA REFLEXION
Au cours de ma retraite une grande partie de mon temps est consacré à la réflexion. Même la nuit, dans mes rêves, le film de ma vie se projette par séquences au travers de mes songes. Le matin, je ne suis plus contraint de penser à une journée de travail, comme c’était le cas lorsque j’exerçais une activité professionnelle. C’est alors le moment propice pour analyser ce qu’il me reste à l’esprit de mes souvenirs oniriques. J’en profite aussi pour relier des images enfouies dans mon cerveau avec celles de mes rêves et tenter de reproduire dans ma mémoire tout ce qui a construit ma vie. Seulement voilà, j’ai beau chercher, je ne retrouve pas que de bons souvenirs. Bien au contraire. il ne resurgit principalement dans ma mémoire que des moments pénibles que je n’arrive pas à faire disparaître. Bien sûr, on ne peut pas se souvenir des belles choses et en même temps rester amnésique des mauvaises. Si je devais aujourd’hui résumer ma vie, je dirais qu’elle s’est construite autour de deux axes essentiels :
1° axe : Ma vie s’est construite autour d’un secret.
D’abord, j’ai toujours réagi avec une grande empathie pour toutes les personnes qui souffrent. Qu’elles soient proches ou pas de moi. Je dirais même que je me mettais toujours à leur place. Comme si, j’avais envie de récupérer leur souffrance. Je me souviens très précisément, qu’enfant je voulais me mettre dans la peau de mon grand père qui était atteint de silicose, conséquence de ses trop nombreuses années au fond de la mine. Il était en phase terminale. Il ne mangeait plus et crachait constamment du charbon. Je voulais prendre sa souffrance pour qu’il n’ait plus mal. J’avais quatre ou cinq ans. C’est un souvenir qui m’est resté constamment en mémoire. Pourquoi j’ai toujours eu ce comportement, et ce malgré moi ? Je n’ai pas de réponse à cette question. J’ai l’impression que je suis désigné ( ou programmé ) pour cela. Chacun doit porter son eau au cours de sa vie. Pour certains, elle s’évapore en cours de route. Pour d’autres, la pluie en augmente le volume donc un poids supplémentaire à supporter. Dans le pire des cas lorsqu’une trombe d’eau vous tombe dessus d’une façon inattendue, vous ne pouvez plus vous défendre devant les éléments déchaînés de la nature contre laquelle vous n’êtes pas de taille à lutter. Une seule attitude consiste à chercher à vous protéger.Il existe pour cela, le principe de résilience de Boris CYRULNIK qui permet d’avoir une capacité à réussir, à vivre, à se développer en dépit de l’adversité. Mais il existe deux paradoxes à cette théorie :
1-on constate que le traumatisé est biologiquement mieux préparé au stress, comme un champion entraîné à répondre aux épreuves.
2- le proche du traumatisé reçoit un stress « sans visage », une agression « sans forme ». Sans savoir pourquoi, il se sent anxieux, comme en alerte sans raison vis à vis de cette personne traumatisée à laquelle on est attaché. Je me retrouve dans ces deux paradoxes. Tout d’abord parce que je suis fils de déporté de la dernière guerre. Et l’on a démontré que les enfants des survivants de l’holocauste souffrent trois fois plus de syndrome post traumatique que leurs parents qui l’on subi. Je me situe donc en plein dans le phénomène de résilience. Cette réponse pourrait me satisfaire. Et pourtant, j’ai encore beaucoup d’interrogations à ce sujet. Par exemple, je ne me suis jamais senti à
l’aise au sein de ma fratrie. J’étais celui qui est à part, à qui on pardonne tout. Même un jour, mes parents m’ont dit, sans autre explication, que j’étais le seul des enfants à pouvoir leur faire des reproches.
Il existe donc un secret dans ma vie que je n’ai à ce jour pas découvert. Et puis, il est trop tard pour en savoir plus. Mes parents sont décédés depuis une vingtaine d’années. Ma famille s’est réduite comme une peau de chagrin.
Je les comprend. Eux aussi ont été fortement traumatisés. Ils n’ont rien dévoilés parce qu’ils auraient pu se sentir faibles et honteux de raconter leurs blessures. Le secret était donc nécessaire. Alors dans mes rêves je cherche après un revenant qui connaît le secret et qui me raconterait mes racines. Par exemple, il m’expliquerait pourquoi lors de ma demande de mise à la retraite, la CRAM de LYON me trouve deux numéros de sécurité sociale. Le deuxième numéro correspond à un autre bébé qui serait né le même jour que moi et dans la même ville puisque seuls les deux derniers chiffres sont différents ( 26 et 28 ). Mais alors, qu’en est-il advenu de ce deuxième bébé ? Un mystère de plus qui consolide l’idée du secret.
2° axe : Ma vie s’est construite autour d’un avantage immunitaire.
Je suis toujours à la quête de mon identité. Toutes les grandes étapes de ma vie ont été passées en revue. Et cela depuis mes origines. Mon questionnement sur ma façon de réagir avec une grande empathie, comme si je prenais, je soutirais, je récupérais le mal des autres afin qu’ils ne souffrent plus. Par contre, je m’apercevais que cela ne me faisait pas mal physiquement, mais plutôt que je souffrais moralement. En fait les blessures physiques, je les ai connues personnellement puisque j’ai aussi été confronté à des maladies graves, méningite, tuberculose entre autres. Mais sans savoir pourquoi, mon système immunitaire réagissait suffisamment pour que toute maladie, même grave, n’aille pas à son terme. Avec la méningite que j’ai contracté enfant, je remarque malheureusement que mon petit voisin de l’époque n’a pas pu dire la même chose. Je suis à me demander pourquoi j’ai cette chance et pas d’autres. Et j’ai beau chercher des contre-exemples, je n’en trouve pas.
Par contre la souffrance morale, c’est en ce qui me concerne une blessure qui ne s’est jamais refermée. Je suis sur ce point en contradiction avec la théorie de la résilience. Puisque je ne fais pas comme le bouchon de liège : plus on l’enfonce, plus il remonte. J’ai tenté en vain de la refermer en l’enfouissant dans les profondeurs de l’oubli. Malheureusement, mon cerveau est structuré pour ne jamais oublier. Il me reste toujours quelque chose de l’événement, qui un jour refait surface. Et pourtant je me force à appuyer dessus à chaque fois qu’elle refait surface. Dans ce cas j’utilise l’humour. C’est lui qui permet de supporter l’insupportable. Mais c’est un mécanisme de défense, en l’occurrence qui protège et en contrepartie qui le fait payer à celui qui l’utilise. Prenons l’exemple du film « la vie est belle » joué par Roberto BENIGNI. Ce dernier l’a payé cher puisqu’il s’est sacrifié ( fusillé ) à la place de son enfant. En parlant du film, j’expose un cas particulier. Mais pas tant que cela. Cette méthode a l’avantage de faire remonter le bouchon à la surface très rapidement. L’attitude de mes parents lorsqu’ils ont rencontré des événements graves, tels la guerre, la déportation, la silicose, ressemblait beaucoup à cette idée. En fait, ils trouvaient que rien n’était grave et que tout finissait par s’arranger. Implicitement, j’ai toujours réagi de cette façon. En résumé, les blessures physiques ou morales ne m’ont atteint que partiellement. Grâce à mon système immunitaire qui me permet de freiner et de finir par juguler toute tentative externe de destruction, je considère que je suis un miraculé de la vie.
Mais je me demande encore pourquoi je suis protégé de cette sorte. J’ai encore beaucoup de questions à me poser. Il est vrai qu’il existe des éléments de réponse dans le domaine de la génétique. En particulier, on vient d’identifier les gènes intervenant dans la régulation de la « mort programmée » des cellules à l’origine de certaines maladies. Malheureusement, je ne suis pas biologiste. C’est un domaine qui m’est inconnu. Néanmoins, je peux toujours y apporter de l’intérêt, l’approcher, me faire une idée de ce que je peux lire dans les revues médicales ou scientifiques. D’après Joël de ROSNAY et les scientifiques en général, l’homme pourrait atteindre l’âge de 120 ans. La mort nous prend prématurément soit par accident, soit par maladie ou encore par négligence, parce que l’on n’a pas su se protéger, c’est à dire faire de la prévention en ce qui concerne notre mode de vie. Bien entendu, la nutrition, la capacité à résister au stress sont deux éléments importants du domaine de la prévention. Mais il faut aussi savoir se faire plaisir, penser à soi en quelque sorte. Ce dernier moyen est nouveau. Il y avait à mon époque le travail et la famille qui déterminaient le sens que l’on donnait à sa vie. IL faut aujourd’hui ajouter la qualité de vie qui est une dimension personnelle qui prend de plus en plus d’ampleur. Donc pensons aussi à notre santé par l’alimentation, soit une nourriture qui comprend beaucoup d’antioxydants pour lutter contre les radicaux libres du corps, ces derniers étant néfastes au vieillissement. Pour cela il est recommandé de manger principalement des légumes colorés ( tomates, épinards, curry, safran…), des fruits différents, en tout trois à cinq par jour. Penser aussi à sa santé physique en se surveillant médicalement. Mais aussi à sa santé morale par des méthodes anti-stress que l’on trouve dans beaucoup d’ouvrages de littérature. Bref, aujourd’hui on sait ce qu’il faut faire pour vieillir plus longtemps et mieux. Mais à mon époque, on n’avait pas connaissance de toute cette panoplie du mieux vivre. L’alimentation, n’en parlons pas. On se nourrissait selon ses moyens et d’une façon anarchique. Le système de santé était plus rudimentaire, les outils n’étaient pas aussi sophistiqués. Et pourtant, je suis actuellement dans des dispositions physiques et morales qui ne sont pas trop altérées ( enfin, c’est ce que je pense ), malgré les agressions de la vie que j’ai subies dans mon enfance et mon adolescence. Je me pose alors la question : serais-je protégé ?
2 – MES AUTRES INTERROGATIONS
Quel sens donner à notre vie ? vers quoi allons nous ? sommes nous orientés par une tension, une force ? Pourquoi sommes nous motivés pour accomplir une mission (mettre des enfants au monde ou encore dans le domaine social ) ? …Cette force étant en nous, est-ce l’influence d’un dieu ? ou pour un athée, elle serait engendrée par l’évolution naturelle des choses. Par contre, ni le religieux ni l’athée ne savent pourquoi nous sommes ainsi orientés. Personne n’a de réponse sur ce point. Y’a t-il une finalité à tout cela ? Peut-être est- ce le fait de savoir que nous nous dirigeons constamment vers le progrès pour une vie toujours meilleure du point de vue matériel ou du point de vue de l’esprit, donc une constante amélioration. Même pour un athée ou un agnostique, il est naturel de se poser la question de l’existence de « quelque chose » que l’on ne connaît pas et qui donne à l’homme la possibilité de faire des choses extraordinaires. On pense aux 7 merveilles du monde, aux statues de l’île de Pâques, ou plus proche de nous les architectures de nos cathédrales. Prenons par exemple le domaine de la génétique, en particulier le clonage. Les connaissances actuelles nous confirment qu’il est possible de cloner des mammifères avec un rendement de l’ordre de 1%, c’est à dire qu’un seul embryon sur une centaine sera viable. On peut envisager dans les années à venir qu’il sera possible de cloner un homme ou une femme. La secte RAEL prétend qu’elle l’a déjà fait. N’ayant plus d’informations de leur part depuis longtemps, on peut pour l’instant émettre des doutes. Cela dit, comme il faut expérimenter sur un nombre important de femmes, puisque le rendement est estimé inférieur à 1%, seule une secte aurait la possibilité et l’audace de cloner un être humain. En dehors d’une secte il est impossible d’envisager une telle expérience, eu égard à notre éthique, notre bon sens et nos connaissances actuelles. Mais à l’avenir, on ne pourra pas empêcher un » docteur fou » de le tenter. Remarquons que, là aussi, et les spécialistes le confirment, il existe « quelque chose » , comme le tour de main d’un grand cuisinier, qui permet de réussir l’essai de clonage. Et c’est aussi ce « quelque chose » qui fait que certaines personnes possèdent du charisme ou qu’elles soient tout simplement géniales. Je tenterais par la suite de donner mon explication sur ce « quelque chose » que j’ai appelé « l’enveloppe quantique ». Examinons un autre domaine d’interrogations. L’un des socles de notre société consiste à récompenser l’individu selon le mérite. Nous sommes subordonnés à des valeurs comme le travail qui nous permet de consommer des biens en fonction des fruits du travail accompli, donc selon le mérite. Nous pourrions nous contenter de ce que nous avons, mais instinctivement nous cherchons à aller plus loin. C’est une caractéristique de l’homme utilisé par le système économique dans lequel nous vivons. Celui ci ayant pour but le progrès et ainsi de permettre à chacun de vivre de mieux en mieux. Nous vivons dans cette spirale de progrès sans savoir où cela nous mène. Par exemple faisons un parallèle avec la société des fourmis. En effet les fourmis prises individuellement ne savent pas ce qu’elles font, mais en groupe elles réussissent à atteindre leur objectif de construction. En fait, chacune d’entre elles amène, sans le savoir, une pierre à l’édifice commun. A la différence de ce mode de vie, c’est qu’à son échelle, l’homme connaîtra l’aboutissement individuel de ses efforts mais ne saura jamais s’il a contribué à orienter
l’humanité dans le bon sens. Aussi, il peut être amené à se poser des questions sur le bien fondé de cette spirale de progrès. Pourquoi ne pas rester toute sa vie sur la même spire. D’ailleurs certaines personnes habitant des coins reculés de la campagne française refusent le progrès. Ou d’autres personnes se posant des questions métaphysiques sur cette question se construisent des spirales virtuelles, telles les croyances religieuses. Pourquoi se poser autant de questions ? L’espèce animale ne s’en pose pas, puisqu’à notre connaissance il n’a pas été prouvé que l’animal possède une intelligence. Par contre, il a la même compréhension, la même sensibilité que l’homme. Par exemple, le perroquet parle et répète des mots prononcés par l’homme. Il a même été démontré, en étudiant plus particulièrement un perroquet, que celui ci comprenait les mots qu’il émettait. Autre exemple avec les singes. L’un d’entre eux a su faire des exercices logiques, ceux que l’on apprend dans certaines classes d’écoles. Il s’agissait de relier des images entre elles, un questionnaire composé d’une grille de 264 cases comme un puzzle. Le singe n’a fait aucune erreur. En fait, ce qui nous distingue de l’espèce animale c’est le langage. Si le langage n’avait pas existé, nous serions au même stade de développement que certaines espèces animales évoluées. Donc sans le langage nous serions à un stade primaire mais aussi supportable, vivable, en tout cas sans tous les tracas associés à la vie moderne. Ce qui nous pousse à évoluer, c’est que nous pouvons communiquer entre nous et surtout entre générations, car ce qui nous aide à progresser c’est bien l’expérience des générations précédentes. Le problème de cette évolution humaine c’est que le langage permet de traduire tous nos travers. Ainsi, nous progressons au moyen d’un langage influencé par des sentiments particuliers à l’homme, tels que l’ambition, l’envie du pouvoir. Sentiments narcissiques qui à l’excès deviennent des défauts. En fait, nous sommes guidés par un espoir ( fonction organique du cerveau ) qui veut que le monde devienne meilleur, en particulier pour nos enfants. Après tout, pourquoi je suis en train d’écrire ce que je pense, ce à quoi je crois, uniquement parce que je veux transmettre ce que j’ai compris à mes enfants, pour les aider à prendre la bonne direction. L’individu cherche à survivre pour transmettre, sinon pourquoi vivre en sachant qu’il n’y a rien au bout. C’est un espoir d’amélioration qui nous pousse à continuer à vivre, amélioration pour nous même et pour les générations à venir. Mais il y a aussi le fait que l’homme est resté un grand enfant. C’est sa curiosité ancrée en lui depuis sa naissance, qui le pousse à avancer et même à survivre. En restant (instinctivement) en vie il aura la possibilité de voir ce que sera fait le lendemain, en espérant à chaque fois que ce lendemain sera fait de bonnes choses. Ne pas y croire, c’est une façon de décliner vers la dépression et donc vers une vie sans espoir, sans projet, sans avenir. A ce stade le vie n’a plus de sens. L’homme veut aussi savoir non seulement où il va, mais aussi d’où il vient. Pour aller de l’avant il lui faut une référence. Connaître ses origines est fondamental. Je pense que celui qui ne les connaît pas vit avec une quête permanente. Et celui qui ne les connaît que tard dans sa vie, apprenant par exemple à l’âge adulte qu’il a été adopté, entreprendra la même démarche et peut-être avec encore plus de forces, puisqu’il a été floué. Connaître ou découvrir ses origines est une nécessité vitale si l’on veut donner un sens à sa vie. C’est une énergie qui alimente le moteur de la vie, celui qui nous permet d’aller de l’avant. Le fait de pas connaître ses origines, c’est comme si le moteur se mettait à « tousser ». En ce qui me concerne, c’est un peu ce qui m’arrive. Sauf qu’à la retraite cette quête n’a plus la même incidence. Le moteur se met à tourner au ralenti. Il s’économise pour durer le plus longtemps possible. Mon seul objectif aujourd’hui est celui de transmettre.
D’ailleurs mon message principal sera le suivant : « faîtes confiance à votre intuition ».
Avec une première remarque toutefois : cela ne peut se faire qu’à partir du moment où l’on a compris et maîtrisé son fonctionnement. Je démontrerai plus loin cette assertion. En résumé, il ne faut pas systématiquement donner du crédit à son cerveau. Ce dernier est capable de devenir, dans certaines circonstances, un ennemi.
Une autre spirale infernale consiste en la quête du bonheur. Pour nous mêmes mais aussi pour ceux qui nous sont proches ( famille, amis ). C’est une quête constante et croissante. Alors que l’on pourrait s’arrêter en chemin, donc stopper cette recherche et ainsi se satisfaire de son état, on a au contraire tendance à faire sans cesse des projets. S’arrêter en chemin, c’est une façon de donner une limite à ses projets. C’est aussi s’arrêter de vivre, car la vie c’est d’avoir constamment des projets, qu’ils soient projets matériels ou projets spirituels. L’homme est ainsi constitué.
Certains évitent de tomber dans une spirale matérielle et se donne pour but de vie des objectifs plus spirituels. D’autres encore se suffisent de petits bonheurs qui les rendent heureux à leur façon. Ils se satisfont de « micro-bonheurs ». Et puis, il est inutile d’en avoir beaucoup, car comme tout enfant : plus il possède de jouets, moins il est satisfait. En fait, à chacun sa vérité, à chacun son bonheur.
Il n’existe pas de recette universelle. Par principe le vrai bonheur n’est pas une accumulation de petits plaisirs. A mon avis, c’est un cheminement personnel qui aboutit à rendre heureux sa famille, ses proches, ses amis. En réalité, c’est le regard de l’autre qui nous rend heureux : le bonheur est subjectif et personnel. Puisque nous ne sommes pas programmés pour savoir capter un certain bonheur, c’est à dire être embarqué dans un voyage dans lequel on vit mieux les réalités de la vie, je me suis demandé si la génétique ne pouvait pas nous venir en aide. Dans ce cas de figure on fait toujours référence aux « PSY ». A mon avis, leurs possibilités sont limitées et les résultats ne s’inscrivent pas toujours dans la durée. Dans tous les cas, la génétique serait plus définitive dans son action sur le cerveau humain. Ce point de vue sera évoqué dans un prochain paragraphe.
3 – MON INTERET POUR LA GENETIQUE
Pour l’instant, je me contente de poursuivre ma réflexion dans le domaine de la génétique. C’est ainsi que je profite de l’occasion qui m’est donnée d’assister à une conférence sur le domaine de la génétique et en particulier sur les possibilités de clonage humain. Sans vouloir faire de l’eugénisme, je me dis que peut-être qu’un clone est plus capable de subir les réalités de la vie que son modèle. Après tout, si je n’ai pas ma réponse, au moins j’apprendrai des choses. Je décide donc d’assister à cette conférence. La ville de MONTELIMAR étant jumelée avec une ville allemande, RAVENSBURG, des manifestations pérennisent les relations franco-allemandes. Elles ont lieu chaque année. Au delà des fameuses fêtes de la bière, certains événements marquants d’actualité, telle la chute du mur de BERLIN, donnent à la manifestation un peu plus de consistance et selon le sujet, des échanges dits « culturels ».
L’année 2005 étant marquée par le référendum sur la constitution européenne, il faut aussi avancer sur des débats d’éthique, ce qui permet de réfléchir sur ce qui est fait dans les autres pays de la communauté. Par exemple la loi sur la fin de vie s’est faite en se renseignant sur les pays qui ont légalisé l’euthanasie. C’est ainsi qu’il était intéressant de savoir ce que pense un biologiste allemand sur le clonage en général (thérapeutique ethumain). La conférence a lieu à « l’espace MISTRAL » et doit durer 2 H sans compter les questions éventuelles des spectateurs. Je pars avec une question plus épistémologique que technique : comment garantir une non déviance vers le clonage humain à des fins idéologiques ou sectaires ( comme la secte RAEL ) ?
Ma question n’est pas anodine. D’autant qu’il n’y a pas si longtemps que cela que des scientifiques eugénistes nazis se servaient de l’arrivée massive de milliers de déportés dans des camps d’extermination pour des expériences médicales bien particulières. Rappelons nous le célèbre docteur MENGELE et ses expériences sur les jumeaux à AUSCHWITZ pendant la dernière guerre. C’est une question qui risque de heurter la sensibilité des conférenciers puisqu’ils sont de nationalité allemande. Après tout, on verra comment s’oriente le débat.
Et voici l’histoire qui m’est arrivée:
1 – UNE RENCONTRE INSOLITE
Je me retrouve donc à 20H précises dans la salle des fêtes de MONTELIMAR. Je suis assis au milieu du 5° rang. A cette place je vois bien les visages des intervenants. Je me dis en moi même qu’ils ont bien des têtes d’allemands. Ils sont en majorité plutôt âgés et l’on ne saurait dire s’ils étaient blonds dans leur jeunesse comte tenu du peu de cheveux qu’ils leur reste, d’autant qu’ils sont blanchis par les années. Seul le regard me le laisse penser. Cela n’est pas très objectif, mais c’est ce que je ressens sans comprendre pourquoi. Et d’un seul coup, je suis envahi d’une sorte de malaise. C’est comme si je me trouvais devant un tribunal où l’on me poserait des questions embarrassantes. En fait c’est surtout une personne juste devant moi qui me trouble et qui me regarde d’une façon insistante. Je me demande alors si finalement je poserai ma question. Je suis impressionné par ce conférencier qui possède un tel charisme. Je le suis encore plus lorsqu’il intervient. Avec ses grosses lunettes noires et sa barbe grise, il me rappelle un frère que je n’aurai pas connu. Son intervention répond justement à la question qui me préoccupe. Elle touche de très près le clonage humain. Avec une voix grave, mais que j’ai l’impression d’avoir connue, il fait d’abord la remarque suivante :
«même génétiquement les clones ne sont pas identiques. Il existe une «nanodifférence» qui serait due à l’origine des mitochondries, ces dernières constituant l’usine énergétique des cellules. Les ADN ne sont donc pas complètement identiques à cause de ces fameuses mitochondries. »
Ensuite, tout en faisant un rappel sur le principe du clonage, il fait une révélation surprenante : « pour réaliser un clonage humain il faut commencer par faire un prélèvement de plusieurs centaines d’ovocytes, par ponction, chez une centaine de femmes. Une fois énucléés, leur noyau est remplacé par celui d’une cellule issue de la même donneuse. A partir de ces ovocytes, on obtient une cinquantaine d’embryons, qui une fois cultivés, donnent naissance à des cellules souches qui servent à des fins thérapeutiques ou à des fins de clonage humain s’ils sont réinjectés chez la donneuse. C’est ce qui a été réalisé pendant la dernière guerre. Cette expérience date de 1944 et a été effectuée dans un camp de concentration en UKRAINE. Les embryons réinjectés chez la même donneuse ont donné naissance à deux embryons viables. On avait assisté en quelque sorte à une réduction embryonnaire naturelle. Les deux embryons viables ont donné naissance à deux enfants. Et je suis l’un deux. »
Cette dernière phrase provoque un grand malaise dans la salle. Tout le monde se regarde. Les regards se croisent tout en se demandant s’ils ne rêvent pas. Mais pour ma part, je ne regarde que l’intervenant. Je suis effrayé par sa dernière phrase « et je suis l’un deux », d’autant qu’elle a été dite tout en me fixant personnellement d’un regard inquisiteur. Je voudrais comprendre ce qui m’arrive et je me dit qu’il faut absolument que j’en apprenne davantage sur ce personnage inquiétant. Je me décide d’aller le retrouver après la conférence.
Je lui donne rendez-vous dans une salle annexe qui servait de préparation à la conférence. Tout de suite je m’aperçois en le voyant de près, que quelque part il existe un air de ressemblance entre cet homme et moi. Je dois en savoir davantage et je le questionne sur le fait qu’il m’a regardé en prononçant la fameuse phrase « et je suis l’un deux ». Nous n’avons aucun lien familial et pourtant … cette ressemblance, se prétendre être l’un des deux clones de l’expérience de 1944. Son insistance à me regarder fixement voudrait-elle dire que je suis concerné par cette expérience de clonage ? C’est ainsi qu’il me fait part de ses origines et qu’il se met à me raconter sa vie, en particulier le fait qu’il a recherché pendant quarante ans le deuxième clone. L’essai de clonage aurait été effectué par un médecin nazi en 1944 dans les camps d’extermination.
2 – RETOUR SUR MES ORIGINES
Voici l’histoire qu’il me raconta : « Tout a commencé au début de l’année 1944 dans une région d’UKRAINE. Exactement à RAWA RUSKA situé au nord des karpathes à 1832 km de PARIS. Cela s’est passé dans un camp d’extermination nazi destiné aux résistants et plus particulièrement aux récidivistes d ‘évasions avortées. En 1942, 12000 prisonniers y étaient déjà retenus pour ne plus en sortir vivants. C’était un endroit d’autant plus effroyable que la ville de Rawa Ruska était elle même partagée en deux par un mur de la honte avec d’un côté ceux qui se croyaient libres et d’un autre côté le ghetto avec plus de 7000 condamnés à mort portant le brassard étoilé. Et puis, il, y avait tous les matins vers 10 H, le bruit du train qui passait à proximité du camp et qui emportait sa cargaison de condamnés à mort dans les fours crématoires de BELZECH, l’abattoir humain de la région. Lors d’un après midi de Janvier 1943, des femmes devaient être exécutées selon le rituel habituel et morbide : une première femme creuse sa propre tombe avant d’y atterrir d’une balle tirée dans la nuque par le SS. La deuxième rebouche cette tombe puis creuse la sienne et ainsi de suite. Ce jour là, la vingtaine de femmes qui devaient subir ce sort a été enfermée dans un baraquement à part, avec une surveillance étroite. On a appris plus tard qu’elles étaient destinées à des expériences médicales. C’est à cette époque que l’atmosphère du camp changea. Les tortionnaires devenaient inquiets à l’annonce du débarquement en Afrique du Nord et de la capitulation de Stalingrad. Le cours de la guerre était en train d’évoluer. Des ordres étaient alors donnés pour qu’une partie des prisonniers soient évacués vers d’autres camps de proximité. C’est ainsi que des hommes et les femmes destinées aux expérimentations médicales furent évacuées vers une citadelle située à LWOW à 52 kilomètres de RAWA. Dans cet endroit la vie y était plus supportable. De plus, il y était plus facile de s’en évader. Par exemple, par les bouches d’égout en se camouflant dans le camion à ordures ; chacun y allait de son imagination. La débâcle du front de l’est accentua encore cette situation où l’on voyait les gardiens « pactiser » quelque peu avec leurs prisonniers. Le 20 Avril 1944, un train appartenant à la croix rouge internationale stationnait à la gare de LWOW et était chargé de rapatrier les grands blessés et malades. C’est ainsi qu’un jour de Juin 1944 ma mère retrouvait sa liberté et sa dignité. D’origine polonaise juive, elle regagnait la France en Août de la même année. Elle savait que deux mois auparavant elle avait fait l’objet d’un dernier essai d’implantation d’embryons. Elle savait aussi que cet essai avait réussi. En Mars 1945, elle mit au monde deux enfants de sexe masculin. Malheureusement, elle décéda deux mois plus tard. Elle avait perdu le peu de forces qui lui restait dans cet accouchement. Les deux enfants furent séparés. En ce qui me concerne je me suis retrouvé dans une famille d’accueil qui a déménagé, pour des raisons professionnelles, en Allemagne de l’Ouest en 1963. J’avais 18 ans. » Je l’écoute attentivement avec beaucoup de curiosité et un zeste de suspicion. Cet homme est-il un mystificateur, un mythomane ? Pour en savoir plus, je le laisse poursuivre son récit. Mon interlocuteur continue à me raconter sa vie et surtout comment il a appris les circonstances de sa naissance.
3 – SUITES DE L’HISTOIRE
Nous fixons un autre rendez-vous, ma curiosité ne faisant qu’augmenter. Voici ce qu’il me raconta ensuite : « Je ne m’étais jamais posé la question de ma période de conception. Pourtant, j’avais été conçu en Juin 1944 au moment du débarquement des alliés. Aussi, j’aurais pu faire partie de ceux que l’on appelait à l’époque les « fils de boches ». Certains d’entre eux sont nés en 1945. Cela n’était pas dans mes préoccupations d’adolescent. Je ne souhaitais pas aborder cette période, par respect pour mes parents et surtout parce que j’étais persuadé que c’étaient mes parents biologiques. J’aurai eu honte de poser une telle question. Pourtant au fond de moi même quelque chose me tourmentait. Ce sentiment se réveillait chaque année au mois d’Avril, le jour de la fête des déportés. Je revois mes parents mal à l’aise, ce jour là. En particulier, lorsque nous étions le soir en train de regarder le film de circonstance diffusé par la seule chaîne de télévision de l’époque : « nuit et brouillard » d’A. Resnais. Je pensais que parler de cette période réveillerait de mauvais souvenirs. Mes parents ont peut-être connus l’horreur, eux aussi. J’ai continué à vivre avec ce tourment en me disant qu’un jour je saurai. Avant de quitter la France, mon père a reçu une lettre. Le Maire de mon village natal lui demandait de participer à une cérémonie au cours de laquelle il recevrait une médaille de déporté-résistant. Le journal de la région évoquait cette cérémonie et les actions des récipiendaires. C’est en le lisant que j’ai compris que mon père n’était pas mon père biologique, puisque son retour des camps et donc en France s’est effectué après ma naissance. J’ai résisté à ce choc pendant le déménagement et l’installation en Allemagne. Mais une fois installé, je ne pouvais plus tenir. Au risque de faire remonter de mauvais souvenirs, j’ai interrogé mes parents sur les circonstances de ma naissance. Un autre choc m’est tombé sur la tête. J’avais l’impression que c’était le ciel qui me tombait dessus. Comment allais-je me construire après cette révélation ? En fait il m’a fallu adopter une certaine manière de vivre pour pouvoir refermer cette blessure. Une manière de vivre qui tendait vers l’hédonisme. J’avais envie soudain de trouver le bonheur, peut-être pour oublier plus facilement. Un façon égoïste de vivre. Mes parents connaissaient aussi l’existence du deuxième clone. C’est certainement ce qui m’a conduit par la suite à faire des études de biologie. Pour mes travaux, mais surtout pour retrouver ce frère que je n’ai pas connu, j’ai fait des recherches. Cela, depuis quarante années. Je crois que je l’ai trouvé. Il est en face de moi. »
4 – MA DOUBLE PERSONNALITE
Ce qu’il me raconte est à peine croyable. Et pourtant, je suis prêt à l’écouter davantage et pourquoi pas lui accorder une certaine confiance. Mes parents soi-disant adoptifs n’ont pas eu l’occasion ou n’ont pas voulu me mettre au courant. Peut être dans le souci de me protéger. Ils sont décédés et je ne peux plus les questionner. Ma curiosité m’incite à en savoir plus. Dans un premier temps je le considère comme un sosie qui s’est construit un passé pour pouvoir survivre. Mais plus je l’écoute et plus j’ai l’impression de sortir d’un coma dans lequel le souvenir me revient en mémoire à la façon de monter les marches d’un escalier. Il est vrai qu’une partie de ma mémoire s’est effacée en 1980. Année dramatique pour ma famille, puisque ma femme a été atteinte d’une hémiplégie ( parthrombose carotidienne) avec séquelles importantes dix jours après un accouchement. Je me suis retrouvé brutalement avec un bébé, deux petites filles de huit et neuf ans et surtout une épouse très handicapée ( physiquement et moralement ), dans un appartement de CHALON SUR SAONE. Un travailleuse familiale me remplaçait pendant que j’étais au travail. Cette aide n’a duré que six mois. J’ai demandé à l’assistante sociale une aide supplémentaire. Sa réponse m’est parvenue au moment de Noël de la même année. Je me rappelle mot à mot ce qu’elle me répondit : « il n’y a plus qu’une solution : mettre vos enfants à la DDASS ». Je crois que j’ai eu soudainement l’envie de l’étrangler. Et là, j’ai compris qu’il existait aussi une violence sociale. Bien entendu, je n’ai pas suivi ses conseils. Je me suis « débrouillé »,
si l’on peut dire, avec mes deux petites filles. Seulement, cette occupation familiale m’a pris tout mon temps. Je ne lisais plus les journaux, ne regardais plus la télévision, n’écoutais plus la radio. En quelque sorte, j’étais coupé du monde. Je vivais avec une seule idée : faire en sorte que le temps passe le plus vite possible. Un fuite en avant, pour oublier très vite et le plus possible. D’ailleurs, heureusement que l’on parvient à oublier. C’est un phénomène naturel du cerveau qui nous permet de vivre en occultant les mauvais moments. Une façon d’enfouir le passé. Sinon on se dirigerait facilement vers le suicide. Donc en 1980 je me suis coupé du monde extérieur, sauf celui de la vie
professionnelle où la fatigue était si extrême que je faisais les choses tel un automate. En voulant oublier les problèmes de la veille pour être plus disponible à la problématique journalière, j’ai fini par provoquer un véritable schisme avec le passé. C’est comme si une partie de mon cerveau avait été partiellement oxygénée. J’ai oublié même jusqu’à mon enfance, mis à part quelques flashs. Je profite de cette rencontre pour fouiller dans mon passé. Mais rien ne remonte pour accréditer la thèse de mon interlocuteur. Il est vrai aussi que ce problème familial a créé une blessure sur laquelle j’appuie volontairement pour l’empêcher de refaire surface.
En l’écoutant, cela me permettra de faire un retour sur moi même et ainsi d’analyser tout ce que je pourrai extirper de mon inconscient. Peut être arriverai-je à un début de réponse sur ma quête d’identité. En réalité, une partie de moi même se refusait à l’idée de ne pas être le fils de la mère qui l’a élevé, puisque j’avais le même comportement. C’est un sentiment ressenti par tous les enfants du monde. Cette attitude naturelle est due au fait qu’une relation affective, psychologique s’installe en phase pré-natale entre la mère et le fœtus, même si dans le cas du clonage l’embryon provient d’une autre mère, la mère biologique. Car le fœtus est tout aussi sensible à son environnement, donc en l’occurrence le giron de la mère porteuse, celui ci communiquant par l’intermédiaire du placenta. Enayant des attitudes (en réalité fabriquée par l’éducation) identiques à celles de ma mère, cette dernière ne pouvait être que ma vraie mère. Une autre partie de moi même doutait de cette réalité, sans savoir pourquoi. Nous avons tous une double personnalité, comme le docteur JECKILL et Mr HYDE. La personnalité la plus courante est celle de tous les jours, celle de la vie sociale ou professionnelle, en clair celle du « paraître ». C’est celle que nous faisons apparaître lors de nos relations avec les autres. La seconde est normalement cachée, c’est celle de la vie privée, celle de « l’être » que nous tachons de conserver pour nous même. La laisser apparaître au grand jour fait entrevoir une faiblesse de notre part. De plus , ce n’est pas une partie de notre inconscient qui est connue, non seulement des autres mais aussi de nous même. Pour l’appréhender, il faudrait se faire psychanalyser. En principe, le nom que l’on peut mettre sur cette partie est en rapport avec les névroses. Il est quelquefois difficile de séparer ces deux parties et en certaines circonstances la partie cachée perturbe la partie visible. Par exemple, lors de ruptures sentimentales ( divorces ) ou sociales (chômage) la partie cachée laisse entrevoir une grande agressivité, d’où les contestations, protestations, ou manifestations violentes dans les rapports avec autrui. Il y aussi dualité entre les deux parties, car certains jours on se sent bien et d’autres jours on ressent des influences négatives que l’on ne comprend pas. On ne sait pas pourquoi certains jours on ne se sent pas bien dans sa peau. L’attitude purement manichéenne n’existe pas. La partie de l’ombre possède des attirances, car il peut être jubilatoire de faire le mal envers ceux qui nous ont fait eux mêmes du mal. En réalité, ces forces sont négatives et mauvaises pour notre santé morale. Il faut donc les combattre. Ce n’est pas facile à faire lorsqu’on est au creux de la vague. Pourtant, il ne faut pas que cette deuxième partie prenne le pas sur la première, car dans ce cas on se trouve confronté à faire le mal à des personnes qui ne le méritent pas. C’est ce qui se passe dans les divorces où d’un seul coup le partenaire se rend compte de l’existence d’une autre personnalité qui est contraire à la bonne entente du couple. La face cachée par sa propre conscience se dévoile lorsque cette conscience n’est plus assez forte pour contenir ses sentiments, c’est à dire lorsque le corps se dégrade. Par exemple, vers les derniers jours de sa vie où des athées se mettent à croire en Dieu, ou lorsque de grands malades prennent des attitudes qu’on ne leur connaissait pas avant. Dans cette double personnalité celle de l’invisible est influencée, voire même pilotée par l’inconscient qui agit indépendamment du conscient d’où des névroses qu’il faut parfois soigner, en tout cas donner un nom . Ce qui permet d’expliquer le comportement que le sujet lui même ne comprend pas toujours. La partie inconsciente de notre double personnalité est issue d’un héritage familial et que contre celui ci il est difficile de lutter. Il nous faut néanmoins la distinguer pour faire la part des choses. Il nous faut ensuite l’analyser pour comprendre que certaines de nos attitudes sont dirigées par notre inconscient. Sachant que cette partie de notre comportement est un patrimoine que l’on acquiert à notre naissance, et que c’est un noyau dur qu’il est difficile de casser, il nous faut néanmoins tenter de la corriger ou à minima de ne pas s’en rendre coupable toute notre existence. Je persiste à entendre cet homme qui me raconte une histoire difficilement croyable. En fait, c’est peut être ma double personnalité qui s’exprime. Inconsciemment, je l’écoute d’une façon attentive et intéressée, comme si une partie de moi même se dévoilait. On parle de psychologie généalogique quand on porte en nous d’une façon inconsciente la mémoire des « non dits ». Toutes les familles ont des secrets plus ou moins lourds à porter. Les enfants ne sont pas au courant de ces secrets, car les « non dits » existent aussi au sein des familles. Pourtant l’inconscient enregistre des émotions, des comportements de la part des parents. Il en fait une analyse pertinente et arrive à découvrir, à percer le secret de famille. Plus tard, l’enfant répétera les mêmes agissements liés à ce secret sans s’en rendre compte. Les psy l’ont de nombreuses fois démontré. Par exemple, dans la famille d’un suicidé les descendants auront un jour des idées suicidaires que l’inconscient leur aura dictées. Par contre, la psychologie généalogique ne veut pas dire que par exemple, un père violent engendrera un fils violent. C’est bien souvent le contraire . Il s’agit en réalité de transmission d’une psychologie liée à l’inconscient. C’est comme si le destin était écrit d’avance. Mon destin était donc de rencontrer mon double génétique. Il peut arriver que l’inconscient agisse sans en faire part au conscient. Ce dernier n’est pas mis au courant des actions ordonnées par l’inconscient. En fait, il ne se souvient de rien, tel un somnambule. C’est le fameux phénomène de « clivage » bien connu des psychiatres. C’est alors que je me pose ces questions : mon cerveau serait-il en train de me tromper ? serait-ce mon inconscient qui me persuade que je me trouve en face de mon double génétique ? est-ce ma partie sombre qui me parle ? Je décide d’interroger davantage cet individu et lui propose des rencontres régulières afin de percer ce mystère.
5 – DIALOGUES AVEC MON DOUBLE
Les rendez vous ont lieu dans un café de MONTELIMAR. Je n’ai toujours pas confiance
et je préfère ne pas me dévoiler pour qu’il ne s’ingère pas dans ma vie privée. Au contraire, tel un inquisiteur je vais le questionner sur ses pensées, son mode de vie, ses expériences … C’est aussi l’occasion de profiter de ses compétences en génétique. Je vais donc lui demander ce qu’il pense de l’homme de demain. Ce qu’on peut attendre de l’avenir, de l’homme de cet avenir, de l’homme nouveau, et peut-être de l’EGM ( être génétiquement modifié ). Je l’emmène sur un terrain qu’il connaît bien et ainsi pendant un long moment je l’écoute.
Voici ce qu’il pense de l’évolution et de l’avenir de l’homme :
51 – SON AVIS SUR L’EVOLUTION DE L’HOMME
« Dès que l’embryon naît ou est introduit dans le corps d’une femme, il devient un être humain potentiel. Et dès cet instant, il commence son évolution. Celle- ci est permanente tout au long de sa vie, jusqu’à l’épuisement du moteur (cœur ) ou du réseau artériel. Elle est aussi freinée à un moment de sa vie lorsque les cellules du corps disparaissent plus vite qu’elles ne se reproduisent ( phénomène naturel du vieillissement ). Notre vie possède donc une limite dans le temps ( nous ne sommes pas immortels ) puisque notre acquis génétique et cellulaire à la naissance a tendance à diminuer au fil du temps. Néanmoins cette limite est de plus en plus repoussée grâce aux progrès scientifiques. Notre cœur, par exemple, est surveillé, contrôlé et changé si nécessaire. Nous savons aussi que nos cellules se régénèrent, se réparent toutes seules. Même les cellules nerveuses, dont on pensait auparavant qu’elles ne pouvaient se reproduire, se multiplient aussi tout au long de notre vie. De plus, les recherches actuelles sur les cellules souches peuvent espérer un maintien de notre potentiel cellulaire plus longtemps et surtout permettent d’introduire dans le corps humain des cellules réparatrices qui éliminent et jugulent toute apparition d’un dysfonctionnement cellulaire. On pourra donc à l’avenir « booster » l’évolution naturelle du corps humain. On vivra plus longtemps à condition que les autres parties du corps ( os, muscles..) soient aussi améliorées. Si le corps évolue, la pensée aussi évolue. Par contre la notion de temps est différente. En effet, le corps étant un outil plus concret que l’esprit, il peut être amélioré en exerçant un travail physique sur celui-ci. Par contre, la pensée étant une force non visible qu’il est difficile d’appréhender et qui évolue aussi avec le temps, mais dont l’évolution est contrariée par des aspects environnementaux représentés par la vie professionnelle, par exemple. Ou au contraire, son évolution peut être accélérée lorsque nous ne sommes plus soumis à des contraintes extérieures, comme par exemple au moment de rentrer dans une seconde vie qu’est la retraite. En fait, en concentrant toute son énergie à faire travailler son cerveau, ce qui est possible à la retraite, on a l’impression de reculer dans le temps. On se sent plus jeune dans sa tête. C’est l’occasion, peut être, de reconnecter ou de donner plus d’intensité à des circuits du cerveau qui ont été plus ou moins « relâchés » pendant la première vie, c’est à dire la vie professionnelle. »
52 – SON AVIS SUR L’AVENIR DE L’HOMME
« Etudier notre fonctionnement cellulaire, c’est se plonger dans l’infiniment petit. Prenons l’’exemple des atomes. Les couches d’électrons qui gravitent autour du noyau sont séparées de ce dernier par du vide. Si l’on considère les atomes à l’échelle humaine, en supposant que le noyau est de la taille d’un ballon de football, la première couche d’électrons serait distante du noyau de la longueur d’un terrain de football. De même avec les 500 milliards de cellules qui sont remplacées chaque jour, l’ADN correspondant aurait une longueur de 500 millions de km. Le raisonnement est plus flagrant pour l’infiniment grand puisque nous constatons de visu les distances énormes existant entre les planètes et qui sont notées en « année lumière ». La dernière sonde qui vient d’être envoyée vers PLUTON va mettre 10 ans pour rejoindre cette planète. La
génétique explore le domaine de l’infiniment petit d’une façon continue et avec certains succès. Prenons par exemple le cas des essais effectués à partir des cellules souches : des rats parkinsoniens ont été guéris grâce à l’implantation de ces cellules extraites d’embryons de rats. On pourrait ainsi régénérer des tissus malades à l’aide de ces cellules qui ont la capacité de s’adapter contrairement aux autres cellules dont la fonction spécifique est de fabriquer uniquement de la peau, du muscle ou du foie et rien
que du foie. Elles ne savent faire que cela, elles sont spécialisées. Par contre, les cellules souches ont la faculté de donner naissance à toute sorte de cellules spécialisées, elles sont dites « plastiques ». On pourrait donc fabriquer des organes à la demande et réaliser des greffes sur n’importe quel organe. On pourrait aussi produire, à l’infini, tous les tissus de l’organisme ( sang, muscle, nerf …) et ainsi permettre les guérisons de maladies actuellement incurables, telles le diabète, les maladies touchant le cerveau ou la moelle épinière. Il a aussi été démontré que les cellules souches extraites de l’embryon ont la même faculté de « plasticité » que celles issues de l’organisme humain. Cependant, nous n’allons pas entrer dans le débat déontologique de ce type d’essais ou discuter de l’eugénisme. Ce propos n’est là que pour démontrer les immenses possibilités du génie génétique. Par contre, nous savons aujourd’hui que n’importe quelle cellule a le potentiel de reproduire toutes les autres cellules du corps et que le « clonage » d’un être humain est possible. Je n’irai pas plus loin dans ce domaine. Attardons nous plutôt sur le cerveau puisque le sujet qui me préoccupe est basé entièrement sur son fonctionnement. Celui ci reste encore bien mystérieux pour les scientifiques. Son extrême complexité fait partie du domaine inconnu de l’infiniment petit. Nous savons malgré tout que 100 milliards de cellules nerveuses sont situées dans l’encéphale. Elles se répartissent en quelques centaines de catégories de neurones dont chacune d’elles établit environ 10 000 contacts avec d’autres cellules nerveuses et ainsi libèrent individuellement plusieurs neuromédiateurs. C’est une combinatoire trop complexe pour que nous puissions synthétiser le fonctionnement du cerveau. Ainsi ce vaste réseau partage les scientifiques en deux théories qui s’affrontent. Soit il s’agit d’un emboîtement de modules, comme les poupées russes, soit il s’agit d’un réseau de connexions, comme les mailles d’un filet de pêche. Tout au long de notre vie, les connexions des neurones se font et se défont en fonction des stimulations de l’environnement. Plus ces stimulations sont nombreuses (vision, toucher, compréhension…) plus on fait travailler le cerveau et plus on crée de nouvelles connexions. Des progrès médicaux sont constamment réalisés. Citons par exemple la guérison de la maladie de Parkinson par l’introduction d’électrodes dans une certaine partie du cerveau qui restituent les connexions défaillantes inhérentes à cette maladie. La science va de plus en plus loin, et pourtant elle ne pourra peut être pas expliquer la partie irrationnelle de notre cerveau, c’est à dire ce «quelque chose» que nous avons évoqué précédemment, lorsque nous parlions du « tour de main » des grands cuisiniers du clonage. Par exemple, dans le cas des pouvoirs de l’hypnose, il a été constaté que lors d’une opération chirurgicale en état d’hypnose, le sang ne gicle pas, contrairement à une opération courante. Avant d’y donner une explication personnelle, n’oublions pas d’évoquer trois aspects fondamentaux :
- le fonctionnement du cerveau est régulé par notre système hormonal. En effet, lesréactions du cerveau sont influencées, entre autre, par nos hormones qui en régulent son fonctionnement. Par exemple, en manque d’eau le système de régulation stoppe le besoin d’uriner et provoque la recherche d’eau. Un autre exemple chez un drogué où lorsqu’il arrête la drogue, des mécanismes compensateurs vont le faire souffrir par manque, alors que la prise de la drogue provoque du plaisir ( processus opposant plaisir et souffrance ). Par contre, lorsque la régulation est en défaut, comme dans le cas des personnes où le signal du pourcentage de graisses émis au cerveau par les hormones est erroné, la personne s’alimente alors d’une façon excessive et devient obèse.
- les mécanismes biologiques du cerveau sont universels. Il existe des invariants culturels, et ce quelque soit le type de peuplade. Par exemple, entre un esquimau et un européen, les façons de se représenter les couleurs, les objets, les êtres vivants, sont identiques. Ainsi, la perception des couleurs entre un esquimau et un indien d’Amazonie est universelle, c’est à dire qu’elle est découpée et classée à partir des mêmes couleurs de base.
- certaines aptitudes sont innées. Par exemple, chez les enfants de 10 mois la conception de l’analogie est commune. L’enfant de 10 mois donne une valeur morale à toute action, soit positive pour un comportement de caresse, soit négative pour un comportement de barrage.
Néanmoins le mystère du fonctionnement du cerveau reste entier. Par exemple, en médecine on s’est rendu compte que les placebo peuvent dans certains cas ( maladies courantes telles l’hypertension, les rhumatismes ) avoir le même effet que les principes actifs. En tout cas, c’est la même zone du cerveau qui réagit à la prise d’un médicament avec ou sans principe actif. Les découvertes dans ce domaine sont de plus en plus nombreuses. Elles nous préparent à identifier l’homme de l’avenir, l’homme nouveau. Son intelligence en particulier. Les chercheurs allemands ont trouvé que certains gênes sont associés à la formation de terminaisons nerveuses dans le cerveau, une partie favoriserait la mémoire et une autre partie serait susceptible de contribuer à l’intelligence. Aussi, les gènes de l’intelligence seraient concentrés sur le chromosome X, cette conclusion étant d’ailleurs aussi valable pour la majorité des déficiences mentales. Or, la femme possède deux chromosomes X alors que l’homme est défini par la paire de chromosomes X et Y. L’idéal serait de former un couple ( H,F) qui offrirait davantage de possibilités de gènes liés à l’intelligence ( et à la mémoire ) fixés sur le chromosome X. Je pense que nous possédons des capacités que nous ne connaissons pas et qui méritent d’être approfondies. En tout cas, il faut y croire, même si nous n’arrivons pas à les détecter ».
53 – MON AVIS SUR LE SENS A DONNER
J’écoute avec attention mais je reste méfiant. C’est un trait de mon caractère. Je lui rétorque que les effets à long terme dans tout ce que nous cherchons à modifier pour le bien de l’humanité, ne sont pas toujours appréhendés. Nous agissons pour une évolution positive de l’individu. Sur un plan économique, il est bon d’avoir de la croissance. Mais sur un plan écologique, et cela se voit à long terme, la croissance peut avoir des conséquences néfastes pour l’humanité entière. Le réchauffement de la planète est l’exemple qui nous préoccupe actuellement. Mais des « douches froides » de ce type, nous en avons eu dans le passé. Un autre exemple encore récent dans nos mémoires concerne celui de la « vache folle ». Heureusement, pour l’instant l’homme réagit à temps. Malheureusement, nous sommes et serons toujours dans cette problématique. En effet, prenons le domaine du cancer du poumon. Les causes sont en proportion de 20% relatives au tabagisme et de 80% dues à l’environnement. La deuxième composante est complexe à résoudre. Car, lorsqu’on décrète qu’un certain taux de nocivité est acceptable pour l’homme à la construction d’une nouvelle exploitation industrielle, on ne connaît pas les effets secondaires ou collatéraux qui se produisent à long terme. Le monde moderne, à ce titre, inscrit l’individu dans une spirale infernale vis à vis de l’environnement. De nouvelles maladies peuvent être la conséquence de nouveaux modes de vie. Il en est ainsi de même en ce qui concerne l’alimentation. Par exemple, le cas du saumon a été évoqué il n’y a pas si longtemps. S’il est capturé sauvage, cette nourriture présente un plus au niveau cardiovasculaire avec ses fameux OMEGA 3. Par contre, élevé en bassin, il perd ce bénéfice et ne présente plus aucun avantage dans ce domaine. De plus , il peut être nocif à la santé si sa nourriture se comporte de farine à base de poulet. Pourtant nous sommes inscrit dans une évolution permanente. Celle ci est-elle inéluctable ? Je vais plus loin dans un raisonnement fait de prudence. Voici ce que je réponds à mon clone. Une réponse moins scientifique et plus philosophique. En réalité, j’avais envie de contrarier cet homme plein de certitudes. Mon avis est donc le suivant : Un peuple à stratégie croissance zéro peut vivre et continuer à vivre à condition de conserver l’équilibre entre besoin et production. Si ce n’est pas le cas, cette stratégie peut conduire à un déséquilibre rapide, qu’il soit de nature démographique, productif … Il suffit, par exemple, d’une mortalité plus importante pour qu’un peuple disparaisse à l’identique de certaines espèces animales. A l’inverse, il suffit d’avoir des besoins supplémentaires pour qu’un peuple se développe. Finalement, l’évolution est devenue nécessaire parce qu’au départ l’homme s’est crée des besoins et pour qu’il satisfasse ses besoins, il s’en crée d’autres et ainsi de suite jusqu’à ce que le déséquilibre s’inverse et dès lors que les besoins disparaissent on se trouve alors devant un peuple décadent. La finalité de tout cela est que nous vivons pour les générations à venir, surtout lorsque nous sommes parents. Nos actions sont subordonnées à cette responsabilité d’avoir fait des enfants ou à cette envie, ce sentiment affectif d’aider les générations futures et en particulier ne pas leur laisser en testament un solde négatif. C’est une logique implacable qui fait dire que nous sommes dans une spirale de vie, et cela dès la naissance, puisque nous sommes préprogrammés à la naissance, et dont la fin serait une fin matérielle qui peut aboutir éventuellement à une fin spirituelle, dans le cas où nous supposons que ces deux aspects ( matériel/spirituel ) sont liés. Nous verrons plus loin qu’il est possible d’envisager l’inverse. Le moteur qui nous maintient dans cette spirale consiste en une curiosité biologique de l’avenir et surtout en l’espoir de croire en des jours meilleurs.
En réalité, nous pensons que le jour suivant nous fera progresser dans la compréhension et qu’à terme nous serons à même d’avoir compris et trouvé une signification à notre vie. Les événements qui nous font rentrer dans cette spirale sont par exemple : la soif de pouvoir ( en terme d’excès de pouvoir ), l’argent, ou plus simplement le besoin d’élever sa famille. Nous y entrons aussi parce que nous avons une certaine faiblesse et que nous nous avons tendance d’une façon naturelle à nous laisser guider par les événements. Il faut donc lutter pour ne pas se laisser attirer par le centre de la spirale. A mon avis, il est possible de remonter sur un niveau supérieur de la spirale ( niveau qui permet de s’éloigner davantage de la fin ) en émettant de l’énergie supplémentaire. C’est peut être ce qui s’appelle avoir du charisme. C’est peut être aussi la capacité de se parer d’un bouclier psychique contre les affects dus aux aléas de la vie. Pour moi la fin de la spirale est représentée par la fin spirituelle de l’individu et non sa fin matérielle. Car lors de la mort physique nous continuons à vivre au travers de notre double quantique ( voir § 6 ). J’exprime la fin spirituelle par un état de santé morale fébrile qui ne permet plus de remonter à un niveau d’énergie suffisant.
54 – SA REPONSE
Puisque nous sommes inscrits dans une spirale d’évolution permanente, comme les fourmis condamnées à suivre le même objectif sans savoir où ce chemin leur mènera, cela voudrait dire que nous n’avons pas de libre arbitre. C’est le cas du coup de foudre dans une histoire d’amour. Cette sensation nous domine, nous emprisonne. On ne peut pas s’en échapper. On n’a plus le choix. C’est le cas particulier des histoires d’amour. Car en général, si les phéromones dégagées par deux personnes les font se rapprocher, le choix reste possible. Je demande alors à mon double si ma vie était programmée. Cette question m’est personnelle, étant donné mon problème familial en 1980 et la perte de mémoire qui s’en est suivie, je ne sais plus où j’en suis et surtout où je suis destiné à aller. L’avis d’un expert scientifique m’intéresse et je l’écoute avec attention. Il m’expose l’argumentation suivante : « La naissance de notre univers fait partie d’hypothèses, dont la plus probable, en tout cas celle qui est retenue par certains scientifiques, est la suite d’un BIG BANG. La particule de départ qui a ensuite crée les étoiles de la voie lactée serait (hypothèse non confirmée, mais plausible) le fait que le BIG BANG a une fin, c’est à dire que notre univers se dirige vers le néant ( à l’identique des fameux trous noirs ) et donc nous irions, après une phase d’évolution, dans une phase de contraction de l’univers. Par la suite les trous noirs ayant implosés génèrent des poussières qui deviennent des astres, et ainsi de suite …Le principe de notre univers serait inscrit dans un mouvement cyclique. L’espèce humaine aurait donc un début et une fin. Dans le cas où c’est le hasard qui se trouve à l’origine de notre création, comment le hasard pourrait nous conduire vers un monde aussi ordonné et poussé par une évolution permanente. A mon avis, en ce qui concerne la genèse de l’homme, ou de la femme,( puisque le premier fœtus humain serait une femme ) ce n’est pas une évolution due au hasard qui aurait provoqué sa naissance puisque nous ne pouvons pas nous mélanger entre espèces ( l’ADN est unique à chaque individu ). On ne peut pas procréer un être entre une espèce animale ( batracien par exemple ) et une espèce humaine ( mis à part des manipulations génétiques complexes ), les génomes étant différents. Par contre, on ne sait pas vers quelle finalité on se dirige et ce qui nous pousse à évoluer sinon à chercher à devenir meilleur. En tout cas un être humain, distinct des autres espèces a pris naissance un jour. Nous sommes issus de cet être. On sait que la race humaine est originaire des pays d ‘Afrique et cela il y a plusieurs millions d’années. Ainsi, l’épiderme du premier homme était noir. Les hommes ayant par la suite beaucoup voyagé, leur épiderme s’est adapté au climat rencontré lors de leurs voyages. En s’installant dans un pays plus froid, leur peau est devenue plus claire et donc blanche. Donc, nous sommes bien issus d’une même race, la preuve est que nous avons des invariants biologiques parmi toutes les races. L’homme cherche constamment à évoluer parce qu’il est programmé pour cela. En effet, un bébé possède des capacités préprogrammées pour apprendre et découvrir tout ce qui est nouveau. En fait, ce qui est préprogrammé consiste en une structure mentale qui permet au bébé de s’adapter et d’évoluer. L’homme est-il programmé tel un ordinateur ? On pourrait se permettre la comparaison en ce sens que le cerveau humain se décompose en un programme génétique et un programme fonctionnel ( fonction humaine, organique ). Cette deuxième fonction n’est pas constante dans le temps . Elle dépend beaucoup de l’environnement. On sait que lorsque l’individu perçoit ou émet des ondes positives son comportement est influencé par ces vibrations, en particulier sur le bien être, mais aussi sur le physique. Le morphisme de l’individu évolue avec son état psychique et inversement. C’est une grande différence avec le principe de l’ordinateur. Ce qui nous différencie aussi de l’ordinateur c’est ce qu’on met derrière les mots que nous entendons, c’est à dire la sémantique des mots. Cette particularité est spécifique de l’être humain. Puisque nous évoquons le fonctionnement du cerveau et faisons des analogies, il existe un cas particulier de fonctionnement c’est celui de la personne dans le coma ou plus exactement en situation d’expérience de mort imminente ( EMI ). Ce phénomène a été abondamment évoqué par des gens très sérieux qui racontent ce qu’ils ont perçu pendant leur période de coma. Nous verrons au §6 ce qu’il en est. Disons que dans ce cas le cerveau fonctionne comme un récepteur de radio. Puisqu’il ne peut pas émettre des ordres électriques vers ses membres, en fait il ne fait que recevoir des informations de l’environnement qui l’entoure. Il est d’autant plus sensible à ce qui l’entoure qu’il n’est pas perturbé par son énergie émettrice. En quelque sorte le cerveau fonctionne au ralenti. Il n’est pas surchargé, et même saturé, comme cela peut se produire en état de marche dans la vie courante. Lorsqu’on parle de faire le vide dans son cerveau, c’est se mettre dans les mêmes conditions de fonctionnement du récepteur radio. Il s’agit d’émettre le moins possible pour capter avec plus d’acuité ce qui se passe dans l’environnement . Faire de telles analogies avec des matériels dont on connaît la structure revient à dire que si notre cerveau fonctionne comme un émetteur/récepteur et partiellement comme un ordinateur, c’est démontrer que quelque part la pensée repose sur une mécanique définie à la base et sur des performances qui
dépendent de la mécanique elle même. Nous sommes donc conçus au départ avec un don ou pas, avec une tête bien faite ou pas. Sauf que si la construction initiale du cerveau est dictée par les gènes, le milieu extérieur peut en modifier des connexions donc perturber sa structure. Une expérience a été effectuée dans un laboratoire d’une université d’ONTARIO. Elle consistait à balayer les cerveaux d’un groupe de volontaires avec des faibles signaux électromagnétiques. Il a été constaté des comportements différents de ceux que les volontaires avaient habituellement. Par exemple certains ont eu une attitude proche de la prière ou de la méditation, alors qu’ils ne sont d’aucune religion. Je pense que l’environnement joue un rôle primordial dans le développement de l’individu. Il est vrai que notre voie est tracée au départ par notre programmation génétique, par contre nous dévions à cause des perturbations crées par ce qui noue entoure. Il faut donc rester vigilant et pour cela, faire en sorte d’augmenter sa sensibilité vis à vis des événements externes. A mon avis, faire le vide, à chaque fois qu’il est possible de le faire, est un excellent moyen. »
55 – MA PERCEPTION DU BONHEUR
La religion bouddhiste propose une éthique de vie visant au bonheur par la libération des souffrances inhérentes à la vie humaine. Sans entrer dans ce cadre mystique, un dilemme se pose tout de suite à notre esprit : comment se faire plaisir dans les domaines du travail, de la famille, de la vie sociale lorsque certains éléments sont contre nous : un travail qui ne plaît pas, la maladie dans la famille … Le principe voudrait aussi que l’on arrive au maximum de plaisir avec le minimum d’effort. Car tout effort qui ne servirait pas ce dessein serait un effort inutile qui nécessite de l’énergie, alors que notre cerveau a besoin de toute sa concentration pour aboutir à cet objectif. Pour cela, il faut savoir gérer sa vie, en particulier vers la fin où l’action principale consiste à ralentir le vieillissement. Il faut faire en sorte de « filtrer » ce qui entre, au niveau de la nourriture du corps comme celle de l’esprit. Par exemple, dans le domaine de la nutrition il faut sortir de table en ayant encore une petite faim. La pratique ancestrale qui consiste à manger à 80% de sa faim a fait ses preuves chez tous les centenaires. Cela ne veut pas dire qu’il faut s’interdire tous les excès. On peut aussi quelquefois faire un bon repas. Ce n’est pas contradictoire et c’est même bon pour le moral. Je comprends aussi que pour les personnes obèses ce principe est difficile à appliquer. Ce que je veux exprimer par cette notion c’est d’équilibrer ce qui entre et ce qui sort, et faire en sorte que l’énergie consommée soit en adéquation avec le métabolisme, comme de faire tourner le moteur d’une voiture à sa vitesse économique ; celle ci étant spécifique à chaque type de voiture. La qualité de la vie repose d’abord sur la capacité à « s’ économiser », à gérer ses efforts comme pour parcourir un marathon. Dans le domaine de l’esprit le principe de filtrage est le même. Par contre son application est moins évidente. Résister au stress, à une forte émotion n’est pas simple à réaliser. Sachant que l’hémisphère droit de notre cerveau est le centre des émotions négatives et inversement pour l’hémisphère gauche qui est le centre des émotions positives, il nous devient difficile de trier nos émotions alors que ces deux hémisphères sont inter connectés. Alors, comment faire pour se libérer de nos émotions négatives d’autant que les émotions guident nos actions. En tout cas, elles perturbent et orientent fortement la pensée pour décider de ce qu’il faut faire dans un environnement incertain. Nous éprouvons sans cesse des émotions ( conséquences des aléas de la vie : divorce, décès … ) qui nous font souffrir. Ces émotions nous poussent à agir ( système d’équilibre de l’individu ) pour supprimer ces dites souffrances. Par exemple, la colère nous incite à convaincre la personne qu’elle nous fait du mal et si possible à la faire changer d’avis. En faisant disparaître la source de l’accès de colère, la souffrance n’existe plus. Il est possible de faire autrement et de se dire pourquoi se mettre en colère, c’est à dire quelle est l’origine de cette colère. Ainsi en faisant en sorte d’ignorer la cause, il est possible de rester serein et de ne pas souffrir par une émotion telle que la colère. En résumé, pour éviter une émotion on peut soit agir sur l’objet qui l’a provoquée ( se mettre en colère ), soit agir sur la relation que l’on entretient avec cette cause ( pourquoi se mettre en colère pour quelque chose qui n’en vaut pas la peine ). Il faudrait arriver à réagir de cette façon pour tous les types d’émotion. Ensuite, la fonction de filtrage doit permettre de mettre dans une case oubli du cerveau les mauvais souvenirs, les blessures morales. En permanence, penser à appuyer sur le « bouchon du souvenir » lorsque celui ci refait surface. Faire le vide dans le cerveau est l’un des moyens, et peut être, à mon avis, le seul moyen. De toutes façons, en accord avec le principe de résilience, il est possible de réagir, de rebondir, de survivre malgré des souvenirs difficiles à enfouir. On adopte le même raisonnement que celui de la vitesse économique de la voiture pour ce qui concerne le fonctionnement en équilibre du cerveau. Utilisons son énergie à construire l’avenir pour un mieux vivre et faisons le vide pour une utilisation efficace de cette énergie. A mon avis, le seul vrai bonheur est la fabrication d’un lien affectif. C’est le regard de l’autre qui nous rend heureux. Un regard plein d’amour et de reconnaissance. Après tout le bonheur n’est peut être pas si loin. Mais, comme je le disais au début du livre, à chacun sa vérité, à chacun son bonheur. Cette quête du bonheur est permanente et ancrée dans notre code génétique. Pour y parvenir je ne peux que citer les propos d’un auteur dont je ne sais plus le nom : « la recherche du bonheur n’est pas dans la recherche de la perfection mais dans la tolérance de l’imperfection ».
56 – ECLAIRAGES PERSONNELS SUR LA VIE
Personnellement, je recherche plutôt des petits plaisirs qui me suffisent pour voir la vie du bon côté. Je pense aussi que le genre humain n’est pas fondamentalement méchant. D’ailleurs chez l’homme il n’existe pas de gène de la violence. L’environnement est le seul facteur d’influence. Si celui ci empêche l’individu de bouger, alors que ce dernier est conditionné par le mouvement, il sera stressé. Cela se voit par exemple lorsqu’il est pris dans un embouteillage sur la route. Plus simplement, dans la vie plus l’homme est actif et moins il pense à ses problèmes. Mais cela voudrait représenter aussi et peut être uniquement une fuite en avant.C’est cela qui m’a caractérisé depuis soixante années. Je n’ai pas su me protéger. Pourtant j’ai fait en sorte d’utiliser un « bouclier » efficace qui est l’humour. J’ai toujours pris les moments désagréables de la vie avec humour. C’était aussi une façon de séduire pour être accepté par les autres, pour être comme les autres. Malgré moi j’ai emprunté la voie de l’hédonisme, mais un hédonisme à ma façon. Avec des petits « bonheurs » qui consistent à faire plaisir aux autres et un principe de précaution fait de méfiance vis à vis de tout ce qui est nouveau. Je demande à mon double ce qu’il pense de ce mode de vie et comment vivre avec plus de sérénité. Il me donne alors ses éclairages personnels sur la question :
1 – Les attitudes à adopter: Les sentiments tels que la haine, la colère sont nocifs pour la santé morale et perturbent le rayonnement interne. Il faut au contraire, même lorsque l’événement génère de la colère, ou un autre mauvais sentiment, créer un sentiment antinomique qui renforce le rayonnement interne et donne de l’optimisme pour l’avenir et ainsi la situation s’arrange. Il ne faut pas tendre la joue gauche, mais se dire à l’intérieur de soi que tout s’arrangera à un moment donné. Donc, à chaque situation qui apporte de la mauvaise humeur il faut supprimer les sentiments négatifs et se dire que les choses s’arrangent toujours. Cette hypothèse possède une limite : pour des événements graves elle peut paraître incompatible. Pourquoi pas puisque la vie n’a pas d’aboutissement. Cette optique de vie a même été reprise par des déportés de la dernière guerre mondiale. Finalement, pourquoi ne pas rire de tout ce qui nous arrive, même les événements les plus graves. En tout cas tenter de prendre tout ce qui arrive par le bon bout même les choses les plus graves. Roberto BENINI a réussi à nous le faire comprendre dans son film « la vie est belle », un film qui se passe pendant l’occupation.
- 2 – Remarque sur la complexité du monde :
La diversité des êtres humains est telle qu’il existe des gens avec beaucoup de défauts et des gens avec des qualités nobles. Ce qui mène et pourrit le monde c’est la partie des gens avec défauts qui sèment partout une anarchie, un désordre. Il est difficile de sortir de cette situation à moins d’être partisan de l’eugénisme. Et, dans ce cas, il suffirait d’effectuer un clonage unique à partir des gens avec qualités nobles. Nous serions programmé comme un ordinateur et comme lui nous réagirions selon une logique unique et imperturbable. Mais même dans ce cas, les clonés seraient tous différents. Car le cerveau est une structure qui ne peut se reproduire à l’identique. A cause des multiples interactions entre les fonctions du cerveau (ou graphes neuronaux) les individus sont soumis à des sensibilités, des émotions qui vont les rendre différents. Pourtant certains hommes ressemblent de près à ces logiques d’ordinateur. Par exemple, en relisant le docteur Pascal ( E. ZOLA ) nous trouvons dans ce livre un homme qui vit seul, sans enfant, fortuné et ne pensant qu’à lui et dont le docteur Pascal dit de lui qu’il est un homme heureux ( tel le cantonnier de F. REYNAUD, moins fortuné et néanmoins heureux ). Ces types de personnages n’ont que des problèmes personnels plus faciles à résoudre, à l’inverse d’autres personnes qui doivent tenir compte d’un environnement social perturbateur. On est tenté de conclure que le fait de vivre dans un monde social anarchique ( terrorisme, révolution ) constitue l’antichambre de l’enfer.
3 – Les vibrations qui nous entourent :
L’homme fait partie intégrante de la nature. Il n’est pas particulier. Il est le lieu, au même titre que tout élément naturel, de manifestations magnétiques ( en particulier ses sourcils ). Il est aussi le siège de réactions nucléaires ( il contient 200 000 Bq dont principalement du potassium radioactif et du carbone 14 ). Par conséquent il est influencé par le magnétisme terrestre et les réactions nucléaires qui constituent son environnement. A titre d’information, les constituants normaux de l’organisme sont : K40, C14, tritium. Dans le corps humain s’y trouvent 2,2g de K40 par kg pour un homme et 1,5g de K40 par kg pour une femme. Soit un homme de 80 kg, celui-ci fera l’objet de 6500 désintégrations ( ou 6500 Bq ) dues au K40 et se produisant chaque seconde la vie durant ( la période du K40 étant de 1,3 milliard d’années ).
6 – DERNIERE RENCONTRE AVEC MON DOUBLE OU LA DECOUVERTE DE L’ENVELOPPE QUANTIQUE
Malgré ma perte partielle de mémoire, datant de 1980, sur des périodes de ma vie, je me souviens par contre de moments précis. Au début du livre j’ai cité le fait que je me rappelais quelques temps forts de mon enfance, en particulier avec mon grand père. Seulement, les seuls souvenirs qui me remontent sont très liés à l’émotion. Mais une émotion partagée avec mon interlocuteur de l’époque qui se trouvait très perturbé par mes propos, comme si je devinais ce qu’il pensait. Par exemple, je me souviens qu’une personne ayant perdu son premier bébé à la naissance se retrouvait de nouveau enceinte peu de temps après. Peut être pour oublier et aussi parce qu’elle ne concevait l’existence qu’avec un (ou des) enfant. Cette deuxième grossesse récente et non visible n’était connue de personne, à part son mari et elle. Je ne sais pas pourquoi, à un moment donné, je lui ai dit, pour tenter de la réconforter, qu’elle allait faire bientôt un deuxième enfant. Je me rappelle que son visage s’est figé un instant. Elle se demandait comment j’avais pu deviner. Et moi, je ne savais pourquoi j’avais dit ces mots. C’était malgré moi. Je n’en avais pas l’intention et pourtant je m’étais exprimé comme guidé par une forte émotion, ou plus précisément une intuition incontrôlable. J’ai beaucoup d’exemples de ce type. Je demande alors à mon double qui se trouve être un expert du cerveau, ce que cela signifie. Tout ce qu’il m’a dit pour l’instant me semblent insuffisant. On peut se protéger de l’environnement, mais là, il s’agit de bien autre chose. Je suis dominé par des pulsions négatives. Je n’ai pas envie de dire certaines choses à des gens que je respecte et pourtant ces mots sortent de ma bouche comme mus par une force, que je ne domine pas. Comment s’en protéger? C’était notre dernière rencontre et je sentais qu’il avait quelque chose d’important à me délivrer. Il a pris beaucoup d’inspiration. J’étais prêt à l’écouter. C’était son dernier message ; « Toute matière possède une vie représentée par une mouvance de particules ( électrons du mouvement Brownien ) et peut être réceptif vis à vis d’ondes externes exercées par des êtres humains aptes à émettre des ondes ( force médiumnique ) d’où l’existence de la télékinésie qui a été confirmée dans le domaine du paranormal. Il nous arrive de « sentir » une atmosphère indéfinissable en présence d’objets anciens pourrait être due à l’odeur d’un vieux meuble par exemple qui transmettrait encore des effluves datant de sa fabrication. Avec de l’imagination on peut aussi percevoir l’ambiance de l’époque dans laquelle se trouvait ce meuble et les personnages qui l’ont utilisé. On est tenté de penser que notre imagination est parfois trop grande ou que notre cerveau nous trompe sur nos perceptions. Et pourtant les gens très perceptifs sentent beaucoup plus la « présence » qui est liée à l’objet ancien que d’autres personnes moins perceptives. Cette « présence » est une personne défunte qui a souvent utilisé l’objet. Par exemple, il peut s’agir d’une femme pour ce qui concerne le rangement dans les armoires de la maison, et qui dans ce cas exerce des pulsions inconscientes à chaque fois qu’elle manipule, range le linge. Ces vibrations sont mémorisées par l’objet qui est aussi une matière vivante. Il est donc possible de ressentir une atmosphère, une impression indescriptible quand on se trouve dans une chambre qui a été habitée pendant toute une vie par une même personne.
Néanmoins, il faut aussi que les deux protagonistes l’émetteur ( l’habitante décédée ) et le récepteur soient capables d’émettre et de ressentir des vibrations d’un autre type. Pour affirmer cela, il faut prouver l’existence d’un lien entre le corps et l’esprit ( et entre cerveau et pensée ). Contrairement à la conception religieuse catholique, je pense que l’existence de l’âme est liée à celle du corps. Alors comment ces entités si différentes coexistent et agissent l’une sur l’autre ou alors l’esprit est-il une entité autonome donc appartenant à un domaine non connu de la physique moderne.La relation serait du domaine de la physique quantique. D’abord donnons une définition du domaine quantique. Mécanique, physique ou biologie le domaine quantique fait partie de l’infiniment petit. Dans le domaine biologique les points « QUANTIQUES » sont des millions de fois plus petit que les globules rouges. Leur fonctionnement dans nos cellules consiste à se réunir autour d’une cellule défectueuse ( cancéreuse ) et à émettre un signal lumineux autour de cette cellule en cours de dégénérescence. Ensuite, les « ENZYMERES » qui sont aussi des points quantiques, mais avec des fonctions différentes, acheminent le médicament jusque vers la cellule défectueuse. Ce sont en quelque sorte les gardiens microscopiques de notre santé.
Mon explication est la suivante : L’esprit et le corps semblent physiquement séparés et pourtant ils se ressemblent dansleur comportement. Par exemple, la peau est issue du même feuillet embryologique que le cerveau, l’ectoderme. Elle possède sa propre mémoire. Elle réagit à la place du cerveau lorsque ce dernier ne possède plus son équilibre psychologique ( par exemple les maladies de la peau, telles le psoriasis ou l’eczéma ). Notre enveloppe charnelle est liée à notre cerveau. Le corps et l’esprit sont donc deux entités qui non seulement sont liées entre elles, mais aussi se complètent. Elles répondent face aux agressions externes par un déséquilibre psychique ou par une réaction cutanée selon leur capacité à réagir. Si le cerveau n’est plus à même de répondre positivement, alors c’est l’enveloppe, la peau qui le fait à sa place. Nous avons vu au § précédent que le corps est une entité qui fait partie de la nature et que par conséquent il dégage des ondes magnétiques et nucléaires. Dans cet environnement on peut comprendre aisément que le corps puisse émettre de nombreuses particules différentes que la physique moderne connaît. L’esprit peut donc être lié au corps par ces particules. Mais comme on n’a jamais pu mesurer cette relation, en fait ces particules seraient vraisemblablement des particules avec une certaine énergie mais possédant une masse nulle. C’est à dire que cette relation fait partie du domaine de la physique quantique. L’esprit tel que je le comprend est une photocopie de ce qui se dégage de notre corps, c’est le double quantique de notre vivant. C’est avec sérieux que j’évoque cette hypothèse. Elle pourrait d’ailleurs être à l’origine du phénomène de « BILOCATION » ou du don d’ubiquité ( ubiquité de second ordre ) dont l’existence a été officialisée par l’église catholique. En effet le père « PIO » qui a été récemment canonisé par la pape possédait ce don. Il a été vu par des membres de l’église catholique à deux endroits différents en même temps et avec le même corps. Ce qui veut dire que notre double quantique peut sortir de notre corps et se trouver à un endroit éloigné puis être vu, en se matérialisant, par d’autres personnes. Pour cela reprenons l’expérience scientifique de 1973 qui a consisté à émettre un photon et de mesurer ce même photon à deux endroits différents. Cela a été
confirmé par d’autres expériences plus récentes qui ont consisté à télé-porter des photons. C’est à dire que ces particules peuvent, à l’aide d’un signal radio, se retrouver
instantanément d’un endroit à un autre endroit suffisamment éloigné ( plus exactement,
il s’agissait de piéger des photons par un signal radio, puis de les faire disparaître et instantanément de les retrouver à un autre endroit ). Comme ces particules n’ont pas de masse, il s’agit en réalité de récupérer à ces deux endroits différents une même information émise par un seul photon. D’où l’explication sur la « bilocation ». Le père PIO n’a pas été aperçu à deux endroits différents, en même temps, d’un point de vue matériel. Il s’agit d’une information, ou émission quantique, que les cerveaux des prêtres ont reçue.
Je donne mon explication en décomposant le cerveau en deux parties :
-partie rationnelle, mécanique, électrique pilotée par un programme génétique défini au départ. Le système nerveux est commandé par des impulsions électriques en provenance du cerveau.
- partie irrationnelle où certaines cases du cerveau entrent en action d’une façon imprévue et non contrôlée pilotée par l’inconscient. Ces cases sont encore à l’heure actuelle inconnues. Elles peuvent être sollicitées suite à des vibrations magnétiques extérieures. Il n’est pas encore prouvé que les basses fréquences des téléphones portables puissent dégénérer lentement nos cellules ou que les ondes magnétiques des lignes électriques haute tension sont capables de provoquer des leucémies. Néanmoins, il faut toujours se poser la question sur la nocivité éventuelle de ce qui est fabriqué par l’homme. En ce qui concerne les éléments naturels, nous sommes peu ou prou influencés par le magnétisme terrestre et les réactions nucléaires qui nous environnent. Le corps humain étant radioactif et magnétique, certains phénomènes physiques étant aussi radioactifs ou magnétiques sont indépendants de notre programme génétique et de notre conscient. Nous sommes enveloppés d’une double enveloppe qui existe lors de notre vivant mais qui continue d’exister après notre mort. En effet, les désintégrations nucléaires sont toujours en activité quelque soit notre état physique ou psychique, également pour le magnétisme. En quelque sorte, après notre mort il subsiste des rayonnement (désintégrations nucléaires et magnétisme) indépendants de notre conscient, puisque nous sommes mort, mais qui ont conservé une empreinte de notre corps par l’intermédiaire de l’inconscient. Cette empreinte se révèle lors du décès par une enveloppe qui se détache du corps ( que l’on peut appeler âme ) faite d’atomes vibrant à la fréquence de notre corps du temps de notre existence.
Cela ressemble à un ectoplasme qui se détache du corps à la mort. Il s ‘en détache parce qu’il n’est plus relié par les forces de l’inconscient. Il est possible de le voir ou de le ressentir lorsque nous sommes doués de forces médiumniques. En résumé, l’inconscient pilote les effets magnétiques internes et les modèle par rapport à notre image physique. Au décès, cette image physique ( double quantique ) se détache naturellement, n’étant plus retenue par l’inconscient.
Le support qui permet cette séparation est du domaine des désintégrations nucléaires. Ces détachements du corps ne sont visibles que par certaines personnes ( récepteurs sensibles ). En tout cas, ces phénomènes physiques n’ont plus aucun rapport avec la personne décédée. Les faits subits ou constatés par des personnes « fiables » , dans le
domaine du paranormal, sont nombreux. On peut citer l’exemple de la personne qui tombe dans le coma et qui se voient se détacher de leur corps, aller vers un autre lieu géographique et revenir se réintégrer dans leur corps d’origine. Dans ces cas évoqués, c’est le fait que l’inconscient « fonctionne » plus ou moins, ce qui permet d’exercer un lien « élastique » entre la vie matérielle et la vie spirituelle ( ou magnétique ). Cela a été démontré en 2002 d’une façon expérimentale par une équipe suisse. Elle a réussi à identifier une zone du cerveau qui, stimulée par des moyens artificiels, donne à un patient conscient l’impression de planer au dessus de son corps, à l’identique de ce qui est raconté par les personnes accidentées de la vie, à la sortie de leur coma profond Les neurologues suisses ont fait passer du courant dans le « gyrus angulaire droit » , région cérébrale connue pour être l’un des sièges de la perception spatiale. A chaque
fois qu’ils stimulaient cette zone, la patiente avait la sensation de « flotter » à 2 m au dessus de son corps D’autres phénomènes peuvent aussi trouver une explication. Des personnes connues dans les médias pour être sérieuses ont relaté le fait de revoir un parent décédé parmi une foule, comme si ce parent décédé était encore vivant. Là aussi il faut se demander ce qui se passe dans le cerveau. Rien n’a été démontré expérimentalement dans ce cas de figure, mais on peut y voir là l’influence des rêves. Pendant que nous dormons, le cerveau trie, sélectionne et met dans la case oubli des choses qui n’ont pas d’importance pour soi même. Par contre le décès d’un proche est une chose importante et dans le rêve nous y mélangeons des faits réels récents ( ou des sentiments ) avec des faits ( ou des sentiments ) anciens. L’inconscient imprime ce mélange. Lors d’occasions précises comme de se retrouver dans un endroit rappelant le proche décédé, l’inconscient qui a été fortement impressionné ( rêve récurrent ) « lâche » dans le cerveau une image virtuelle. Dans ce cas le cerveau n’est plus en parfait équilibre. Par exemple, cet équilibre est rompu lorsque le cerveau n’a pas pu se restructurer pendant les phases de sommeil si celles ci sont absentes. C’est le cas des navigateurs solitaires qui doivent faire face lors de longues traversées à des éléments déchaînés et qui dans ce cas doivent rester éveillés plus de 48 heures pour tenir la barre. Les efforts pour rester éveillés provoquent chez eux des phénomènes d’hallucination. Ils voient des personnes sur le pont alors qu’ils sont seuls sur le bateau. Ces phénomènes sont connus et souvent relatés par ces navigateurs. Les images perçues leur semblent réelles alors que ce sont des images virtuelles restituées par le cerveau. Dans ce domaine d’autres explications ont été fournies comme celle qui concerne la déformation de la courbure de « l’espace/temps » par les ondes gravitationnelles, ce qui perturbe l’équilibre magnétique du cerveau en lui fournissant des images virtuelles. Le temps a un effet sur le physique par dégénérescence des cellules. Par contre, il n’influence nullement la pensée dans le mauvais sens, sauf par destruction des cellules nerveuses du cerveau. Bien au contraire, la pensée évolue, se renforce, illumine la vie jusqu’à la fin. Certains écrivains étaient encore en train d’écrire leur dernière ligne d’un roman ou d’un poème avant de s’éteindre physiquement. Encore faut il que l’on soit en bonne condition intellectuelle à ce moment là. Il existe donc un monde physique avec sa propre conception du temps et un monde de pensée où la courbe espace/temps n’existe plus puisqu’il a été démontré en 2002 par des physiciens que dans l’infiniment petit, c’est à dire dans le domaine de la mécanique quantique, le temps n’existe pas ou en tout cas n’a pas la même définition.
7 – EPILOGUE
La longueur de l’exposé m’a plongé dans un demi sommeil. Je me suis réveillé brutalement . Je me trouvais alors face à une tribune et des conférenciers dont l’un d’entre eux me ressemble étrangement. C’est d’ailleurs lui qui était en train de parler et la phrase que j’ai entendue au moment où j’ouvrais les yeux est la suivante : « notre cerveau nous trompe ». En fait, je me suis assoupi au début de l’exposé et je me suis mis à rêver. Le fil conducteur de mon rêve était relié à un fort questionnement sur la découverte de mes deux numéros de sécurité sociale. J’avais inconsciemment une envie forte d’en savoir plus. Mon inconscient enregistrait quelquefois ce que disait le conférencier et le superposait à des moments de sommeil profond. Pendant les phases de sommeil paradoxal je redevenais tel que j’avais été conçu génétiquement avec mon caractère propre, individuel. J’étais redevenu moi même pendant que je dormais. En réalité, j’ai fait une rencontre onirique. Cela m’a permis de me rendre compte que je ne suis pas un clone, et que ce qui était effacé de ma mémoire en 1980 a ressurgi aussi brutalement qu’un bouchon de liège qui remonte à la surface. Ce qui me fait rappeler la phrase de PRIMO LEVI : « quiconque oublie son passé est condamné à le revivre ». Je suis redevenu tel que j’étais avant d’avoir oublié mon passé. Le film de ma vie s’est déroulé en l’espace d’une heure. Cette fois je peux dire que je suis à l’aube d’une seconde vie. Mon cerveau s’est remis à fonctionner sur un déclic, celui de rencontrer une personne qui me ressemble physiquement. Parmi l’agrégat de modules spécialisés qui constituent mon cerveau l’un d’entre eux s’est mis à reprendre du service. Puisque « nous ne sommes pas un mais multiple » écrivait le professeur de neurologie Laurent COHEN, je me suis mis à me dédoubler pendant mon sommeil, à me séparer en deux personnages. L’un représentait la partie inconsciente que j’avais oublié, depuis1980, et l’autre la partie consciente mais perturbée par la quête d’identité. Le puzzle est reconstitué. Je suis plus serein. Mon équilibre est revenu. C’est peut-être cela la sérénité, le fait d’avoir un équilibre entre conscience et inconscience. Nous sommes comme l’univers, régi par un équilibre stable entre les astres et leurs satellites qui existent depuis plus de cinq milliards d’années. Ce rêve m’a appris que je dois me méfier de mon cerveau. Pour réduire la partie négative de son influence à sa plus simple expression, je dois faire en sorte de conserver cet équilibre le plus souvent possible. Et ce malgré ce qui peut arriver dans une vie d’être humain. Pour cela je vais m’en tenir aux messages qu’il m’a adressé Je reste malgré tout humble et je ne veux influencer personne, eu égard au fait que je ne suis pas le détenteur de la vérité. Ce n’est que ma vérité.
MON MESSAGE
Les événements qui émaillent une vie peuvent, le cas échéant, induire un comportement perturbé sur un esprit avéré « sain ». On ne sait pas ce que l’avenir nous
réserve. On dit toujours que cela n’arrive qu’aux autres. Notre réaction face au malheur dépend de notre capacité à nous protéger. La façon de nous armer consiste à adopter une position d’équilibre entre conscience et inconscience. Notre cerveau est autant un vrai ami la nuit lorsqu’il permet de conforter l’individuation pendant les phases de sommeil paradoxal, qu’il peut devenir un faux ami lorsqu’il nous faut agir et réagir pendant la journée. C’est ainsi qu’il peut arriver que l’inconscient agisse sans en faire part au conscient. Ce phénomène est appelé « clivage » par les psychiatres. Trompé de la sorte par son cerveau, je pense qu’il faut, autant que faire se peut, éviter d’être subordonné par son inconscient. A mon avis, cela consiste à diminuer son énergie interne par des exercices de relaxation ( sophrologie, exercices de respiration …). Ensuite il faut surtout faire le vide dans son esprit. Ne penser à rien pendant les exercices de respiration et même pendant les activités courantes de la journée . Ce qui permet de diminuer l’impact d’un environnement qui peut se révéler perturbateur et donc de baisser le niveau d’énergie de l’inconscient. Je prendrais un exemple dans le domaine sportif. Un joueur qui ne se pose pas de questions est plus efficace que celui qui réfléchit avant d’effectuer son geste. Ceci fait partie de l’instinct, de l’émotion. Soyons attentif aux signes instinctifs qui nous environnent. Justement, faire le vide dans son esprit permet de mettre au jour la partie qui concerne « l’intuitif » du cerveau. Ne penser à rien pour que la première pensée qui vient à l’esprit soit guidée davantage par l’intuition et qu’il faudra tenir compte dans la décision finale. Le dicton dit que la première idée est souvent la meilleure. Bien sûr, il n’y a pas que l’intuition pour prendre une décision. Mais elle doit toujours être présente et se situer à la fin de la chaîne de réflexion. Certains grands patrons d’entreprise et même des ministres utilisent bien d’autres procédés qui ne font pas partie, dit-on, de la science exacte pour finaliser une décision lorsque tous les autres moyens traditionnels, dits de science exacte, ont été utilisés. En conséquence, faire le vide dans son esprit doit être une action continue . C’est certainement plus simple de le dire que de le faire. Mais cet effort doit être constant, et au bout de quelques années on doit y parvenir. On devient alors beaucoup plus serein. Je pense qu’il ne faut pas faire confiance à son cerveau mais bien plus à son intuition ; à condition toutefois d’être dans de bonnes dispositions morales, psychiques. Je veux dire par là qu’il faut d’abord et surtout faire le vide dans son esprit pour ne pas être perturbé par des vibrations négatives et, dans un deuxième temps, faire en sorte que l’intuitif domine la pensée. En fait, tout doit venir du cœur et non pas du cerveau. Cela se travaille et prend beaucoup de temps. C’est mon message principal. Pour cela, il faut bien sûr se protéger d’un environnement perturbant. Je donnerai ensuite des recettes pour y parvenir. J’entends immédiatement vos remarques : vous croyez que c’est cela le bonheur suprême, le nirvana ? Je ne le prétends pas. D’ailleurs trop de bonheur et rien que du bonheur provoque une situation angoissante que je ne souhaite à personne. Le ciel n’est pas toujours bleu et heureusement. Par contre lorsque de gros nuages assombrissent le ciel, il faut alors se mettre à l’abri.
Mon propos est simplement de proposer une façon de se mettre à l’abri.