A propos Louise perraudeau

Je m’appelle Isis ou parfois Lou. Je suis originaire de Vendée et c’est là dans ma maison natale que j’ai commencé cette écriture. J’ai plus tard rejoint une petite ville des Landes où j’ai achevé cette toute première création.

Le temps qui passe !!! Entre Bocains et Maraichins il y à Mimite !!

Comme j’ai toujours adoré les contes, je pourrais commencer l’histoire par:

« Il était une fois……… »

Mon imagination débordante et féconde réunirait les sorcières et bonnes fées, toutes ces « bougresses », d’un monde plutôt Vendéen. Ma version serait exemplaire et riche, pourvue de sagesse et de générosité, exhalerait les chaudes journées de juin: le foin et le crottin. Ma conclusion serait fidèle à mes connaissances littéraires préférées: « ils se marièrent, ont vécu longtemps heureux et eurent beaucoup d’enfants…. » Mais voilà, ces bougresses sont toutes à ce jour me dit-on « ménopausées, taries par une sécheresse hormonale irréversible ». Déçue, je crains aujourd’hui que leurs pouvoirs déclinants puissent encore éclairer mon esprit vagabond. Que pourrais-je alors vous conter, vous mon amie, qui séduirait votre appétit de récente retraitée?

La vérité soudainement accouche des pores de mon épiderme. Telle la bouffée parfois ardente qui coule dans mes veines et finit par ruisseler comme un orage d’été. Mon héroïne se précise, se révèle et s’attarde. Elle entr’ouvre délicatement les paupières de mes yeux, danse avec frénésie sur les lueurs de la bougie allumée  et finit par se coucher paisiblement sur ma plume, en s’abreuvant de la substance de  l’encrier.  Elle s’appelle Marie-Laure, mais je préfère la nommer comme beaucoup d’autres « Mimite ». Pourquoi, Mimite, me diriez-vous? Je n’ai jamais cherché à comprendre!!!! Ce personnage n’est pas un « mi-mythe », puisque bien réelle, vivante, elle séjourne paisiblement entre canaux et rivières, une petite commune ensoleillée des Isles du Marais Poitevin. Son domicile est un château de princesse où règnent son prince, la sérénité, la convivialité et l’amour. Toujours soucieuse de son apparence en s’apprêtant de quelques artifices très discrets, de parfaire ces diverses connaissances culturelles, de s’initier pour de nouvelles curiosités, elle cherche avant tout à séduire ceux qui l’approchent. Un sourire réservé, une allure distinguée, un regard bienséant, autant d’éléments qui caractérisent et déterminent cette femme de la cinquantaine. Deux filles, issues de cette union princière ont contribué au bonheur de ces châtelains sans histoires. Adultes, ravissantes, autonomes, elles se sont envolées vers d’autres horizons abandonnant le nid douillet et protecteur. Mimite n’ayant jamais eu à son service, de valets, femmes de chambre et même de cuisinière, à toujours assumer avec patience et courage toutes les tâches ménagères de ses appartements et accompagner fièrement ses petites princesses dans l’éducation des bonnes manières. De plus, et depuis son plus jeune âge a toujours eu le sens de l’aide, du soutien pour toutes les âmes défaillantes croisant son chemin. Elle a ainsi et pendant plusieurs années œuvré et contribué au bien-être et au confort des vieilles personnes d’une grande institution.

Soudain ma main se fige, mes doigts se crispent. Ce sang qui circulait jusqu’alors librement dans l’artère de ma plume,vient de jaillir de son bec et s’effondrer entre le point et la virgule. Délicatement, le buvard absorbe une partie de cette essence gisant sur le papier mais trahira à jamais l’empreinte noirâtre et indélébile de cet incident impromptu. Est-ce une manifestation diabolique, de sorcellerie, qui s’oppose à ce voyage littéraire? Est-ce un signe de mauvaise conduite, m’obligeant à freiner sur cette voie jusqu’alors inconnue?  En tout cas maintenant, je suis fatiguée, épuisée, désabusée et frissonnante. Déjà l’aube se dessine derrière les voilages de ma fenêtre entr’ouverte. Je décide alors de refermer cette page et d’aller dormir. Après le breuvage d’une infusion d’aubépines, je rejoins le lit de ma rivière accueillante qui m’enveloppera pour quelques heures, dans ses vastes bras et me bercera sur son ventre. Sans réticence, les yeux clos, je vais me laisser transporter sur le fil de l’eau, la tête sur un tronçon de bois couvert de mousse et roseaux. Voilà, mon pèlerinage presque solitaire et vital entre nénuphars et cygnes blancs peut enfin démarrer.

Le rêve

Un grognement, un vrombissement, je n’arrive pas à définir ce bruit régulier et profond. Je n’arrive pas à capter la localisation. Je stoppe mon allure et ma respiration, je tourne et me retourne, j’épie discrètement derrière les feuillages verdoyants de ce bois quasi-ombragé. Rien, je ne vois rien qui puisse m’indiquer une ombre, un mouvement, une présence. Une impression de danger alerte toutes les cellules de mon système nerveux. Mon cœur commence à battre la chamade, mes jambes flageolent, mes mains sont moites. Ca y est maintenant, j’ai peur, je tremble, je suffoque, enfin je manque d’air malgré cet espace dynamisant et ressourçant  avec lequel je voulais quelques instants flirter. Puis soudain, les oiseaux reprennent leurs gazouillements et se remettent à virevolter se posant ça et là, sur les branches hospitalières de vieux chênes et de fiers noisetiers. Le bruit vient de cesser et un léger souffle lumineux, doux et caressant me permet de reprendre un peu mes esprits. S’est enfuie? Est-elle morte? Cette chose! Cette bête!  Je décide enfin de rebrousser chemin en me moquant de cette stupide peur qui m’a paralysé quelques instants. Quelques pas, puis de nouveau le bruit ressurgit de plus belle. Je veux crier mais aucun son ne sort de ma bouche. Je veux m’enfuir, courir, mais je reste immobile, clouée sur place, malgré des efforts herculéens. J’aperçois dans ma folie craintive, une énorme et gigantesque toile d’araignée, « une arantelle » suspendue à un arbrisseau aux tiges aériennes. Quelques rayons du soleil déclinant viennent illuminer et caresser ce berceau qui semble-t-il est occupé par un résident. Timidement et sans bruissement apparent, j’arrive à bouger quelque peu et ainsi m’approcher prudemment de cette magnifique et étincelante dentelle. Le bruit est là tout proche…. J’aperçois à présent des yeux fermés, une bouche souffler, une poitrine se soulever. Le bruit se repose, dort et surtout ronfle, tel un roulement de tambour précédant l’annonce d’une nouvelle. La silhouette ressemble étrangement à celle d’une femme et son visage me semble pourtant familier. Au bout d’un instant d’observation, après avoir presque frôlé le tissage de la toile transparente, je reconnais là maintenant , c’est sûr, grâce à ses traits particuliers et stature: La Mimite!! A demie-nue, femme délicieuse et coquette, qui sommeille sur les terres de Mélusine, femme fée à la queue burelée d’argent et d’azur, bâtisseuse d’un autre monde. Malgré ma présence, le ronflement ne décline pas. A chaque inspiration, le bruit tempête, à chaque expiration, il m’insuffle une rafale de frissons faisant voltiger mes pensées délicates. A cet endroit précisément la vie semble suspendue. Insectes, oiseaux, feuillages et petits rus attendent très certainement tout comme moi, une accalmie bienvenue. Malgré son immobilité et inertie, un vague sentiment d’irritabilité et d’agacement m’envahit. Je voulais en venant ici, éprouver moi aussi une sensation de quiétude, de bien-être, d’apaisement, et apprécier le réveil de tous mes sens étourdis. Je voulais tout simplement après une période confuse me réchauffer, me ressourcer dans ce lieu magique et forestier. Et voilà que maintenant à cause de cette princesse, mon souhait à échouer et qu’il est temps pour moi de rentrer. A peine ai-je le temps de me retourner, que déjà  je chois brutalement dans un puits ténébreux et profond, aspiré par un gigantesque tourbillon.

Le Réveil

Le soleil est à son point le plus haut lorsque j’ouvre un œil, puis l’autre. Une étrange sensation de fatigue. L’impression d’avoir peu dormi. La traversée du cours semble avoir été difficile. Assise sur le rebord de mon lit, je repense au manuscrit abandonné il y à quelques heures seulement, accidenté tel un fâcheux présage. Y- a-t-il un lien entre cette mésaventure et le rêve qui encore me poursuit? Pourquoi cette femme enchanteresse, cette mère généreuse, cette princesse très modeste m’est apparue dans mon rêve soudainement indécente et bruyante? Je me lève d’un bond et accoure à ma table de travail où mes outils de fécondation demeurent encore somnolents, à l’exception de ma plume qui git blessée à terre. J’ouvre la page 5, et là surprise, la tâche a disparu. je n’en crois pas mes yeux et reste perplexe devant ces 2 mystères obscurs. Installée dans mon vieux fauteuil rouge Lois Philippe, les bras croisés, un peu pantoise, j’observe à présent un petit insecte aux ailes peintes couleur pastel qui posé sur le chandelier semble curieusement m’épier. D’un bruissement d’ailes il s’échappe de la branche argentée et tournoie au-dessus de ma tête. Il visite furtivement les contours de la pièce et se pose maintenant et délicatement, sur le bout de la plume toujours couchée au sol. Attentivement je guette cet étranger indiscret qui cherche et parvient comme une chenille audacieuse, à s’introduire dans les entrailles de mon instrument de composition. A genoux, je redresse ce dernier qui semble rétablit, guérit d’un accident de communication. Ma main et cette plume semblent soudées et ne font désormais, plus qu’une seule entité. Je m’installe fébrilement sur ma chaise devant l’écritoire et promptement, une énergie nouvelle, une volonté secrète accompagne mes doigts et la plume sur la trame du papier quelque temps délaissé. Je ne contrôle plus la rédaction de ce qui suit. Non ce n’est point moi qui dirige, qui gouverne le voyage, qui abreuve de la sève ce bec affamé. Du bout de sa patte frêle et agile, j’entends vaillamment grattouiller sur la page en guettant curieusement une par une les lettres transcrites d’un alphabet indéchiffrable.

Désolée, rien, je ne comprends rien à ce charabia là!! Est-ce de l’Hébreu, du Télégu ou de l’Urdu? Je veux comprendre!! –  » S’il te plaît, toi la bête, aide-moi à traduire ton langage inconnu lui dis-je en l’implorant… »  Avec élégance, la patte se baigne dans l’encrier et revient humecter le papier.

La Vérité

Je saisis tout à coup le pourquoi de la mutation corporelle et de la pénétration intellectuelle de cet insecte dans le corps de ma plume. Hasard, coïncidence, destinée, lequel de ces trois est le plus approprié? Ce qui est certain c’est qu’il est entré ici pour m’informer!!  –  » S’il te plaît, toi la bête, fée, muse ou insecte, colporte- moi la raison de ton invitation lui dis-je en l’invoquant… »  Avec délicatesse, elle s’exécute et dépose en caractères gothique ce message surprenant.

Rapidement de ma main gauche, je couche le buvard sur ces traces comme un écran absorbant et ainsi préserver cette étonnante vérité. Assouvies pour un instant, ma main droite et la plume, attendent très patiemment.  –  » S’il te plaît, toi petit Elfe, continue ton récit qui m’intrigue et me divertit… »  Sans plus attendre et comme par magie, le bout de la plume acquiesce et poursuit son récit.

A peine ai-je le temps d’achever cette lecture, que déjà l’Elfe des bois s’extirpe tel un nouveau-né, me libère la main de son étreinte et s’envole tout léger. Étourdie par ce moment mystérieux, j’essaie un instant de refermer mes yeux en songeant fébrilement à cet authentique aveu.  Puis soudain, la clochette de ma maison retentit m’obligeant à sortir d’une profonde léthargie.Je me lève un peu ivre, et me dirige à pas lourds vers la porte. Le soleil tout puissant m’éblouit, mais je reconnais dans ce halo de lumière, là c’est sûr: Marie-Laure  La Mi Mythe.  Un peu confuse, un peu honteuse, je suis surprise, je suis heureuse!!!

Oh quel plaisir!! Je suis comblée de vous voir enfin chère amie. Mais entrez- donc… Après un baiser, des nouvelles sur le temps qui passe, je lui demande en l’invitant à s’asseoir:

- « Avez-vous bien dormi cette nuit? » Avec un sourire éloquent, j’ai compris qu’elle avait croisé l’Elfe bienveillant.
Voulez-vous partager mon goûter ? J’ai une faim de LOUP !!
Je peux vous proposer :
Merveilles à la rosée royale des lutins et
Mystère au parfum féal et divin !!!

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