A propos joelle chopin thiemard

Fan de Brel, dès mon plus jeune âge, et petite fille d'une soprano qui chantait aux entractes de cinémas parisiens, je me suis mise très vite à écrire. Sélectionnée par Alice Dona qui animait une émission sur France Inter, avec Jacques Pradel, j'ai eu la chance de rencontrer un mélodiste avec lequel je collabore encore aujourd'hui. Une de nos chansons a gagné un 1er prix de radio-crochet régional, et une autre, sur le thème des plages du débarquement va être interprétée par une chorale Cherbourgeoise, cette prochaine saison. Mais, mes textes "pures" dorment toujours dans mes tiroirs, alors tous les moyens sont bons pour tenter de les en faire sortir! Vous en souhaitant bonne lecture!...

La proie

Chez les lions, ce sont les lionnes qui chassent. Tapies dans les hautes herbes, tous muscles tendus, elles semblent attendre un signal pour bondir. Mais lequel ?..
On entend souvent dire, à propos des animaux, qu’il ne leur manque que la parole. Est-ce bien certain ? Quand je vois avec quelle précision les prédateurs en général, règlent leurs attaques, je serais plutôt tentée de croire que rien ne parle mieux que le langage muet.
Avais-je vu un reportage animalier auparavant ? Je ne sais plus, mais toujours est-il que c’est précisément à ça que j’ai pensé, quand ils ont refermé la porte derrière nous…

Ils étaient quatre : Deux femmes et deux hommes. Avec mon mari, Pierre, et moi, cela aurait pu faire trois couples, si les circonstances avaient été différentes. Mais nous nous trouvions dans le bureau d’un hôpital, et cela n’avait rien d’une réunion conviviale . Chaque protagoniste avait sans aucun doute une bonne raison d’être là, mais tout était allé si vite que je me demandais bien laquelle ? Evidemment c’était absurde, mais j’avais une envie irrésistible de fuir cet endroit, et surtout ces gens auréolés de titres qui leurs donnaient apparemment tous les droits, y compris celui de nous « convoquer » dans cette impasse fermée !

-« Asseyez-vous ! »

Le ton se voulait sans doute encourageant, mais cette « invitation » m’a plutôt fait l’effet d’ un ordre, renforçant définitivement mon impression d’être prise au piège. C’était plus fort que moi, j’étais sur la défensive. Mon regard allait de l’un à l’autre comme si je m’efforçais de les tenir en respect. Et puis, lentement, mon attention n’a plus été retenue que par « elle » : L’endocrinologue ! Elle avait beau sourire, quelque chose sonnait faux ! C’était surtout son regard qui la trahissait. Il semblait plus proche de la radiographie que du désir de communication. Que nous voulait-elle ? Moins je comprenais, et plus mon malaise augmentait. Jamais auparavant je n’avais ressenti cela ! Si j’avais pu émettre le moindre son, je crois que je me serais mise à hurler :

« Au secours ! J’étouffe ! »

Mais c’était elle qui parlait. Les trois autres acquiesçaient de temps à autre, et ce n’était que pour mieux appuyer ce qu’ « elle » disait ! Quant à moi, les mains moites et gelées, c’était tout juste si j’arrivais encore à sentir la présence de Pierre à mes côtés. Et lui, que ressentait-il ? M’en suis-je seulement préoccupée?..
Elle, pendant ce temps-là, continuait de parler. Mais mon malaise était tel que rien de ce qu’elle nous racontait ne m’était compréhensible. Mes oreilles bourdonnaient, ma vue se rétrécissait , et même si je leur en avait donné l’ordre, mes jambes ne m’auraient pas portée.
S’en est-elle aperçu et a-t-elle changé de ton, ou bien est-ce moi qui ai fini par m’habituer ? Mais de ce brouhaha, certains mots finalement ont réussi à percer, un peu à la façon du soleil au travers du brouillard, et très curieusement dans ma tête, ils se sont mis à repasser en boucle obsédante, qui en devenait presque rassurante :

-« maladie rare »… « ce sera long »… « opération délicate »… « dans quarante huit heures »… « maladie rare »… « ce sera long » …

Et là, lentement, je me suis remise à respirer. Car qui disait rare, disait forcément long à traiter mais pas forcément grave, et qui disait opération dans quarante huit heures, disait traitement commencé rapidement, et donc chance de guérison plus proche !
J’en étais là de mes réflexions, quand sa question est tombée :

- Dormez-vous bien la nuit ?

La colère est montée d’un coup ! Ca faisait quinze jours que nous courrions les laboratoires en tous genres pour finalement atterrir ici, où personne n’avait encore été en mesure de mettre un nom sur cette fichue maladie, et comme le malade en question n’était autre que notre fils de neuf ans, Aurélien, qu’est-ce qu’elle croyait ? Que nous dormions tranquillement sur nos deux oreilles ? J’avais presque envie de lui sauter à la gorge et de lui cracher ces mots au visage :

-« Il est question de notre gamin ! Tu vois ce que je veux dire ? Notre fils, si tu préfères , tu sais, une de ces petites choses que l’on attend neuf mois , qui nous réveillent au moindre souffle, et pour lesquelles on espère pas moins que de les voir un jour, devenir chercheur au CNRS, ou éventuellement astronaute ou Président ! Et des fois que tu ne t’en serais pas aperçue, il a quelque chose qui ne va pas !..alors, pour ce qui est de rester zen et de bien dormir la nuit, tu repasseras ! »
Mais tout en la fusillant du regard, je n’ai pu que lui faire signe « non » de la tête.

Heureusement, quelques instants plus tard, Pierre et moi étions de nouveau libres, mais non sans nous être vus gratifiés d’ une solide ordonnance : « Cela » n’était pas très fort, et devait nous aider à décompresser un peu. Nous verrions bien ! Mais c’était tout de même curieux de nous voir prescrire des médicaments, alors que nous n’étions pas sensés être les malades !

Aurélien n’a pas l’air malade, lui non plus . Bien au contraire ! Il ne tient pas en place, et ce, depuis deux bons mois. On a un mal fou à l’envoyer se coucher, et il a un appétit d’ogre. Bien assez, d’ailleurs ! Il a pris une de ces « bouilles » ! Mais ce sont surtout ses boutons qui m’ont alertée. La puberté, d’accord , mais à neuf ans, ça me semblait tout de même un peu tôt , surtout pour un garçon ! Alors je l’ai emmené chez le Docteur Leroy, notre médecin de famille. Lui aussi a trouvé tout cela bien étrange, et lui a prescrit des examens de la glande tyroïde. Mais ces derniers n’ont rien donnés. Par mesure de précautions, il a préféré nous orienter vers un spécialiste. Nous avons donc atterri ici, dans cet hôpital inconnu, dans cette ville inconnue, pour remettre notre destin dans les mains de gens inconnus. Là, ils ont décidé de nous garder.

La lionne a saisi sa proie à la gorge ! Elle ne la lâchera plus. Pendant qu’elle s’affaire à l’étouffer, ses compagnes de chasses arrivent à leur tour, et parfois même, certaines commencent leur repas, sans attendre que l’agonie de leur victime soit tout à fait achevée. Si les chats jouent avec les souris avant de les manger, ce serait, paraît-il, pour leur faire secréter une hormone qui leur donnerait meilleur goût. Est-ce la raison ? Je ne saurais l’affirmer !..

Deux jours plus tard, comme prévu, c’est l’opération !
Est-elle interminable ou bien le temps n’existe-t-il plus ? Tout semble comme en suspend. Je me demande même si Pierre et moi respirons encore ? Mes yeux retombent sans cesse sur la même affiche, au mur du couloir : « Petit à petit, la santé fait son nid ». Nid=Oiseau ! Oiseau=augure ! Bon ou mauvais ?.. Tic ! Tac ! Les gouttes de secondes deviennent ruisseaux de minutes, puis torrents d’heures ! Tic ! Tac ! Je suis anesthésiée. Aurélien aussi ! Lequel des deux est le plus charcuté ?..J’essaie de reprendre une pensée cohérente : Que se passe-t-il dans le monde, en ce moment ? Rien à foutre ! Non ! Il ne faut pas penser cela ! Si ! Est-ce que le monde pense à moi, en ce moment ? Non, alors ? Alors, c’est à Aurélien qu’il faut penser ! Oui, c’est ça ! Penser à lui ! Lui envoyer des ondes positives. D’après les Lamas Tibétains, l’imagination est une force motrice. Faire cette idée mienne ! M’imaginer auprès de lui, et n’y être plus qu’Amour et Positivité ! Oui ! C’est ça ! Faire cette idée mienne ! Mais l’angoisse revient, d’autant plus profonde qu’elle est inexpliquée, et cette idée fuit comme les autres, et les autres…et enfin, la porte s’ouvre. Je me précipite vers mon Dieu du moment : le Chirurgien ! Il était pourtant dans le bureau, lui aussi, l’autre jour, mais autre lieu, autre moment ! Là, il est « Mon Dieu » ! Mais pourquoi semble-t-il si énervé ? En colère, même !
-« Il n’a pas pu tout enlever…il y a des adhérences, mais pas de métastases ! »
Je respire à nouveau ! Pas de métastases ! Donc, c’est positif !
Les infirmières me disent autre chose, mais je n’entends déjà plus ? Il faut que je prévienne ma mère. Elle m’a demandé de l’appeler pour lui donner des nouvelles, le plus tôt possible !

De retour dans la chambre d’Aurélien, je fais abstraction de sa pâleur, de tous ces horribles tuyaux, de tout ce qui n’est pas lui ! Mon pauvre bébé est là, il dort , et tout n’est plus qu’un mauvais souvenir ! Dort, mon ange, et guérit ! Maman est près de toi, et elle t’aime !..
A propos de maman , la mienne n’était pas très bavarde, tout à l’heure, au téléphone. Sans doute la fatigue due au soulagement après l’inquiétude. Elle était tout de même drôlement silencieuse, ce qui n’est guère courant chez elle ! Elle m’a plutôt fait une drôle d’impression. Dommage que je ne puisse lui donner un des médicaments qu’ils nous ont prescrits ! Ca m’a l’air bien efficace. Je me sens beaucoup mieux, un peu comme si les choses m’atteignaient moins. D’ailleurs, je vais en reprendre un tout de suite, car il paraît qu’ils veulent nous revoir , cette fois, pour nous faire le compte-rendu détaillé de l’opération !..
Encore ! Encore cet horrible bureau et ces gens ! Ils ne nous ficheront donc pas la paix ?

Pierre soupire ! « Tu sais bien qu’il faut y aller, alors arrête, s’il te plaît ! »

En temps normal, je l’aurais envoyé paître ! Mais il a l’air si fatigué que je ne réponds rien. Mais je me sens soudain, moi aussi, très abattue.

Nous revoici donc dans ce bureau-impasse. Ils sont les quatre mêmes et le rituel semble inchangé. « Madame l’endocrinologue » prend la parole :

-« Asseyez-vous ! »

Que leurs blouses sont blanches ! Que tout semble immaculé et propre ! Je me fais l’effet, avec mes mains moites et gelées, d’une tache sur toute cette perfection apparente. C’est ça, je dois être une tache. J’ai sûrement du faire quelque chose qu’il ne fallait pas . Autrement, pourquoi serais-je là ? Ils me regardent ! Ils me jugent ! Voilà, c’est ça ! Ils me jugent ! Mais le problème, c’est que je ne sais pas ce que j’ai fait ! Et pourquoi ne disent-ils rien ? Même « elle », elle se tait ! Et pourquoi est-ce Pierre qui parle en premier ?

-« L’opération s’est bien passée, n’est-ce pas ?.. »

Le regard de la proie a changé . On sent bien que quelque chose la quitte. La vie, bien entendu, mais pas seulement ! Elle a lâché prise. Elle abandonne. La lutte est inégale, perdue d’avance, mais elle vient seulement de le comprendre . Ou mieux, elle vient de l’accepter ! Et soudain, elle semble presque plus forte que ses bourreaux, puisque, d’une certaine façon, elle leur échappe ! Pour elle, c’est fini, il n’y aura plus jamais de lutte ! Mais pour eux, demain, et demain, et encore demain, il faudra se battre pour survivre…

« CANCER ! »

Le mot a été lâché ! Tout comme s’il prenait forme soudain, je le regarde en face. Je sentais instinctivement sa présence, et je courrais en tous sens comme pour tenter de le détourner de son but. Mais dans le fond, je savais bien que c’était inutile. N’est-ce pas cela que l’on nomme « l’instinct de survie », une sorte de passage obligé où j’aurais voulu être moi-même la proie, à ta place, Aurélien ? En tous cas, je me sens soudain très calme. On vient de me mettre, de force il est vrai, le nez dans la vérité, mais au moins, je sais ce que ça sent ! Le compte-rendu peut désormais suivre son cours, mon cœur gardera un rythme normal. Et puis, maintenant, tout s’explique : Le pourquoi de l’endocrinologue qui réside dans la spécificité de la maladie, celle de la glande surrénale, (Je ne savais même pas qu’elle existait, celle-là !) le pourquoi des boutons et de la surexcitation également . C’est fou comme à présent, tous mes sens semblent décuplés ! J’entends, je comprends , et je retiens tout ! Le protocole du traitement, en particulier !

-« Vous pouvez me faire confiance, Mesdames l’endocrinologue et l’anesthésiste, et Messieurs le Chirurgien et le Cancérologue !(eh oui, forcément !)- Je donnerai tout ce qu’il faut aux heures dites ! Jamais vous n’aurez vu aide-soignante plus zélée ! Pour moi, c’est une question de vie ! Et rien que de vie, vous m’entendez ? Mais, dites-moi, trouvez-vous cela juste ?
Un poète anglais a écrit : « Qui cueille une fleur, dérange une étoile ». Tout à l’heure, dans le couloir, j’ai compté dix sept petits drapeaux roses et bleus, épinglés sur la carte de la région. Sur le moment, je n’ai pas compris leur signification, ou du moins pas cherché ; Mais maintenant tout devient horriblement clair , et je me dis que ce doit être un sacré «bordel » à l’autre bout de l’univers ! Ou bien alors si tout est normal, si les planètes n’implosent ou n’explosent pas, se pourrait-il que la vie soit tout simplement impitoyable ? N’êtes-vous pas mieux placés que quiconque pour me répondre, vous qui consacrez la votre à essayer d’en sauver le plus grand nombre ? Pardonnez-moi d’avoir si mal réagi en vous traitant en adversaires, vous, les plus sûrs de nos alliés ! Que d’énergie dépensée inutilement, et surtout injustement, n’est-ce pas ? Mais je suis sûre que vous m’avez comprise. Vous me donnez l’impression de tout comprendre, d’ailleurs. C’est moi qui ne comprends plus rien : Pourquoi ? Pourquoi lui ? Il est si jeune encore ! Qu’a-t-il fait pour mériter ça ? Sûrement rien , n’est-ce pas ? Alors, est-ce moi la fautive ? Peut-il en être autrement ? On nous parle assez du poids du psychique dans ces maladies, pour que cela m’amène à penser qu’à son âge, un tel problème ne peut venir que de la maison ! Mais j’ai beau me savoir parfaitement imparfaite, c’est comme si je me tapais la tête contre un mur !Qu’on me dise au moins ce que j’ai fait ! Et si c’est moi la coupable, pourquoi le destin ne s’en prend-t-il pas à moi directement ?..

Vous me répondez que me torturer ne sert à rien, et me parlez d’ un nuage que les frontières n’auraient pas arrêté?.. Qui sait ? Mais malgré tout, si, comme vous semblez le prétendre, il s’agit juste d’une question de malchance, alors dites moi, est-ce que la vie ne serait pas elle aussi, un redoutable prédateur, à la fois superbe et impitoyable ? Si non, pourquoi s’en prendrait-elle systématiquement aux plus faibles ?C’est toujours ce qu’elle fait, n’est-ce pas ? Et tous les prédateurs n’ agissent-ils pas de la sorte ? Le pire, c’est qu’ils ne le font ni par cruauté, ni par bêtise, mais simplement par force des choses. La loi du plus fort, n’en déplaise à nos esprits quotidiennement rassurés par le confort, est par essence même ce qui maintient la vie. Mais j’ai beau me le répéter, je ne comprends pas mieux pour autant. Tout ce que je sais, c’est que je suis désormais pareille à un animal blessé : Toutes griffes dehors ! Alors, si c’est la bagarre qu’elle veut, il ne faut pas la décevoir ! Je n’ai pas l’intention de me laisser faire sans réagir ! De « la » laisser faire ! J’en ai d’autant moins l’intention, que dans ton regard, Aurélien, j’y ai lu la même détermination. Cet abandon prématuré d’enfance m’aurait fait mal, si nous avions eu le choix. Mais bien que nous n’ayons pas prononcé une parole , nous savons tous que nous ne l’avons plus. Dans les moments forts de la vie, les mots deviennent sans doute superflus ou, du moins, ne servent plus qu’à confirmer ce que l’on sait déjà ! C’est sans doute aussi pourquoi je me sentais si mal, quand ils n’étaient pas encore « en accord » avec ce que je ressentais. Mais dans ce gigantesque chaos, tout est désormais malheureusement en ordre ! Alors mon ange, serre les dents ! Serre les poings ! Je suis là ! Nous sommes là : Ton père, moi, et toute l’équipe médicale, avec toi ! Il va falloir te battre ! Plus moyen de faire autrement ! Surtout ne pas penser à demain ! Demain est un autre jour !Il faut nous battre ! Ici et maintenant ! Et nous allons nous battre, nous aussi , avec et pour toi, je te le jure !..
Comme des lions !..

Pour « A »

FIN.

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Qui parle de serpent ?

C’est là qu’est la beauté, dans ce carré d’épaule,
Où je veux me blottir,
Et puis m’anéantir,
Que tes yeux m’enveloppent, ou que ton corps me frôle,
Ta fragile puissance me ferait défaillir.

Dans le creux de ton cou, la tendresse est un piège.
Il ne faut pas s’y fier !
Surtout pas y goûter !
Sinon, du bout des lèvres, on mord au sortilège,
Qui attire la proie, vers son gouffre opposé.

Tu as la force de mes faiblesses, et les faiblesses de mes forces,
La sève, dans mes veines, meurt sans ton écorce.
Tu ne fais rien, pourtant,
Tu es seulement toi.
Il s’avère, simplement,
Que Toi est fait pour Moi !

Je suis Femme, tu es l’Homme !
Qui parle de serpent et accuse les pommes ?
Il suffit d’un regard profond, chaud, et vivant,
Pour que soit l’évidence qui dit « viens ! Je t’attends ! »
C’est un manque, un besoin,
De ta peau, de tes mains,
De toi,
Enfin !
Enfin !

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