Crise et Malaise dans le vent

Crise et malaise dans le Vent

Un ramage éclate au milieu des pulpes du vent,
poudrière d’oiseaux dans le feu de l’arbre.

Mais parlerai-je encore du vent qui se dérobe à mes regards.
Parlerai-je encore du vent qui ne dessine plus de lettres sur les murs du songe ?

Les mots tombent comme des oiseaux d’inanité musicale, la cage d’arbre s’effeuille et se meurt d’une sève inutile. Je me sépare du ciel fermé comme une sphère, et dans mon île close se dressent des bras arborescents d’ombre.

Un silence de fer descend, submerge les intempéries, le soleil, la neige… Et la montagne blême, hiératique, m’accable sous les chlamydes misérables des grandes perditions, ô race de Caïen, pourquoi les offrandes ne plaisent-elles plus ?
Illusion des amours enfantines tendues à bout de bras, difficulté d’un devenir toujours latent, douleur des ailes brisées dans l’absence de l’esprit.

Mais le vent détourne les yeux, dérive à l’angle des rues, le vent s’échappe vers la vie.

Seul encore le chien d’espérance rôde par les chemins, les trompe-l’œil du monde, il abandonne une écume sur la fuite du vent, le vent qui pose des affiches déchirées sur les portes fermées de la nuit.

Un bouquet de roses éclate dans la poitrine, elles se répandent renversées sur la nappe du silence.

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Soupçon

Soupçon

Sur le chemin croulant des forces du soleil,
Tu t’en vas disparaître, ô friable mémoire !
Et le temps qui travaille, oublié du sommeil,
Use la pierre en sable à ses gestes de moire.

Dans la chambre, la mort éclate sur les murs ;
Quelque chose s’évade en l’ombre familière.
Une bête se cogne aux vitres de l’obscur,
Et cherche vainement la graine de lumière.

Par la fenêtre ouverte, à grandes eaux, le jour
Lave les morts, la salle où saigne la brisure.
Puis, l’enfance méchante, aux cruelles amours,
Casse l’image ultime à ses cris de ramures.

Reivarg

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