Il tourne le DOS à la salle, seuls ses bras laissent deviner l’art avec lequel il va jouer.
Dans un RAI de lumière, le pianiste fait sa prière et délivre au public ses sentiments magiques.
A MI-morceau il lance son autre main sur les dents blanches du piano qui lui crie que c’est beau ! Puis soudain l’ami fidèle se met à pleurer.
Le FA mal luné le laisse tomber, il reste muet et refuse de donner la réplique.
Sur le SOL brillent les larmes du pianiste qui malgré ses efforts ne peut finir de jouer.
C’est LA ou l’indulgence du public aurait dû atténuer la peine du pianiste assassiné.
Mais celui-ci s’avéra antipathique !
Las l’artiste se retire derrière les rideaux puis réapparaît avec une SCIE et un couteau et de ses mains habiles en délivre un morceau si gai que le public se met à chanter.
Tu as le DOS tourné à la scène comme le pianiste dont je parlais.
Dans le RAI de lumière où s’envolaient les prières de l’artiste je vois encore la haine se dessiner.
N’attends pas d’être à MI-chemin pour voir si le FA de la gamme qui constitue ta vie est désaccordé.
Je n’ai point envie de voir briller sur le SOL tes actes manqués !
Maintenant c’est à toi de jouer.
Je resterai LA un instant pour t’écouter puis je te laisserai.
Tu dois te lancer et défier un monde où le pardon n’est que peu considéré. Bats toi SI tu veux gagner.
Vas-y, c’est à à toi de jouer.
(Extrait de mon recueil, Agnès FAYAD)