Par où commencer quand il ne reste plus rien, que même les cendres de mon empire parti en fumée sont emportées par le vent qui s’avère être avec toi? Plus rien que mes deux mains qui cherchent désespérément un moyen de fuir ces souvenirs que j’ai de toi. La mélodie que tu m’as laissée résonne encore dans notre demeure sans toit. Je ne te cache pas que, sans toi, l’endroit paraît si étroit. Les murs s’approchent de plus en plus de moi, mais rassure-toi, ce n’est pas pour me consoler qu’ils sont si près de moi. Ils veulent me noyer dans le manque de ta présence qui se proclame insolente, m’étouffer avec les quelques débris de ta voix qui devient assourdissante. Non, la drogue ne sert plus à rien. Depuis que tu es parti, le monde ne vaut plus rien ! …
Ton départ n’était pas imprévisible, non, je l’ai bien senti après que t’aies renoncé à être triste, mais que pouvais-je bien faire, hein ? Te dire que mes jours sont comptés ? Que le peu de temps qu’il me restait, je voulais le passer à tes côtés ? Non Mon Homme, je ne suis pas comme toi, je ne m’agenouille pas pour implorer les autres de rester ! Déploie donc tes ailes moqueuses et laisse nous voir où elles te mèneront, au nom de ton Dieu dont je ne crois vraiment. Déploie ta fierté et laisse son vent me placer parmi les ruines de ton passé que je n’ai su t’enterrer. Vas-y, vas-y avec le sourire je t’en prie ! Ne t’en veux pas de m’avoir pousser au bas du ravin, de m’avoir enrouler dans l’amertume du rien, d’avoir ouvert mes veines si bien, de briser mes reins jusqu’à la fin. Non, ne t’en veux pas de m’abandonner dans la tristesse du sort souverain, de m’ensorceler avec des mots mal-saints, appelant ainsi toutes les déveines des briseurs de liens à me tenir en laisse par le sein; après tout, que pouvais-je bien attendre d’un homme rangé par sa haine ? … Pars, pars et ne reviens ! Je n’ai peur de rester seule, encore une fois, je ne suis toi ! …
Je ne t’en veux pas Ami de ne plus pouvoir me regarder, après que j’aie tourné le dos à tes vérités, t’as eu raison de partir loin de ma sainteté. Après tout, qui voudra qu’un Ange exilé du paradis, assis depuis la nuit des temps sur le même bitume, nu à jurer par un seul mutisme que plus jamais il fera couler une larme pour un faux bourdon fourvoyé de sa ruche ? Je t’en prie Ami, prends une lame acérée et enfouis la dans mon cœur infirme. Enfouis la jusqu’à ce que toutes ses balivernes viennent à te supplier d’arrêter, et là, encore, tu continueras. Tu continueras à faire ce que tu veux avec, mais promets-moi qu’après ça tu le brûleras. Sans l’ouvrir, de mile flammes, tu le laisseras s’éteindre comme un soleil couchant, puis, d’une larme de ta part, tu regarderas sa fumée aller vers le tout-puissant… Allez, promets le moi ! Promets-moi donc d’infliger la mort à mon cœur comme délivrance de son ignorance et comme châtiment à son amour périssant. Ne vois-tu pas qu’avoir un cœur c’est éprouvant ? N’aurais-tu pas souhaité être symbole d’une insensibilité, d’une beauté froide ? être une statue pour ne faire qu’observer ses êtres qui se croient avoir un cœur ?! … Allez, Cher Ami, fais-moi donc la promesse d’un pieux pour que je puisse aller préparer mes adieux ! …
K.F