Epargne imposable : Liste des comptes épargne concernés en France

28 janvier 2026

Femme française relisant des documents financiers à la maison

Un chiffre brut pour secouer les esprits : près de 80 % des épargnants français ignorent le régime d’imposition de leur compte sur livret. Pourtant, la fiscalité s’invite dès le premier euro d’intérêt engrangé, sans crier gare. C’est là, dans les marges du relevé bancaire, que se joue une partie serrée entre taux affiché, prélèvements et rendement réel.

Parmi les comptes d’épargne disponibles en France, tous ne sont pas logés à la même enseigne côté fiscalité. Un compte sur livret bancaire ordinaire, par exemple, se retrouve soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. À l’inverse, certains livrets, comme le Livret A ou le Livret de Développement Durable et Solidaire, proposent une protection maximale contre l’impôt. Le Livret Jeune, destiné aux 12-25 ans, profite lui aussi de cette exonération, tout comme le Livret d’Épargne Populaire, sous conditions de ressources. Pour les produits comme le Compte Épargne Logement ou le Plan d’Épargne Logement, l’exonération ne dure qu’un temps : après quelques années, les intérêts redeviennent imposables.

La fiscalité applicable dépend de plusieurs facteurs : le type de produit, la date d’ouverture, le montant détenu sur le livret, mais aussi des critères propres à chaque titulaire ou au respect des plafonds. Résultat, la rentabilité nette peut fortement varier d’un placement à l’autre, même en cas de taux d’intérêt affiché similaire.

Comprendre la fiscalité de l’épargne en France : pourquoi certains comptes sont imposables

Pour une grande part des épargnants, la fiscalité de l’épargne ressemble à un terrain miné. Derrière la présentation des livrets, une réglementation stricte encadre la taxation des intérêts et autres revenus de placement. Au cœur du système, on trouve une division claire : d’un côté les livrets réglementés qui font figure d’exception et échappent à l’impôt, de l’autre, ceux rattachés au revenu fiscal de référence ou soumis à la fameuse flat tax de 30 % (12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, 17,2 % de prélèvements sociaux).

Pourquoi imposer certains livrets ? L’État donne le cap et cherche à canaliser l’épargne sur des supports considérés comme prioritaires. Les comptes ordinaires ou livrets bancaires classiques en deviennent des cibles naturelles pour la collecte de l’impôt : leurs intérêts rejoignent les revenus imposables ou relèvent du PFU. Même schéma pour la plupart des plans d’épargne logement (après douze ans) ou pour les comptes à terme.

L’augmentation régulière de la CSG et les mouvements sur les taux d’imposition ont renforcé le poids de la fiscalité. Pour juger du rendement réel d’un placement, pas de secret : c’est la rémunération nette qui compte, une fois impôt et prélèvements sociaux déduits. Les banques prélèvent d’ailleurs, sans attendre, l’impôt à la source : le risque d’erreur ou d’oubli côté déclaratif disparaît.

Voici comment se répartissent les grands types de livrets selon leur traitement fiscal :

  • Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune : aucunes taxes ni prélèvements sociaux, sous réserve du respect des conditions d’accès.
  • Comptes sur livret, PEL de plus de 12 ans, comptes à terme : fiscalisés, intégration aux revenus ou application de la flat tax.

En définitive, la fiscalité de l’épargne relève d’une stratégie de pilotage des flux : avant d’ouvrir un produit, mieux vaut calculer son rendement net réel, identifier ses projets et anticiper l’impact fiscal.

Quels sont les livrets d’épargne concernés par l’imposition ?

L’univers des livrets bancaires en France trace une séparation évidente : certains placements échappent à la fiscalité, d’autres la subissent de plein fouet. Dès lors que l’on s’éloigne du cadre réglementé, la grande majorité des intérêts produits seront intégrés aux revenus ou taxés via un prélèvement forfaitaire.

À titre d’exemple, les comptes sur livret bancaires fonctionnent sur le même modèle que certains livrets réglementés mais leurs intérêts sont fiscalisés, soit en s’ajoutant au revenu, soit par la flat tax de 30 %. Même logique pour les comptes à terme, placements à durée déterminée, qui n’échappent pas à la fiscalité. Depuis 2018, PEL de plus de 12 ans et nouveaux PEL supportent eux aussi l’impôt sur les intérêts. Les « super livrets » séduisent par des taux temporaires élevés avant d’être rattrapés par les prélèvements.

Le traitement se complique avec d’autres produits. Les plans d’épargne en actions (PEA) et l’assurance vie offrent diverses options. Le PEA, après 5 ans, voit ses gains exonérés d’impôt sur le revenu, mais pas des contributions sociales. Côté assurance vie, l’ancienneté du contrat détermine le niveau d’abattement ou de taxation applicable lors des retraits.

Pour faire le point, voici une synthèse claire des placements fiscalisés :

  • Comptes sur livret bancaires : fiscalisés
  • Comptes à terme : fiscalisés
  • PEL récents ou de plus de 12 ans : fiscalisés
  • Super livrets : fiscalisés
  • PEA (avant 5 ans) : fiscalisés
  • Assurance vie : fiscalité modulée selon l’ancienneté du contrat

Le choix d’un livret d’épargne, bien plus que la promesse affichée, se joue alors sur la fiscalité appliquée, les plafonds admissibles et surtout le rendement net final.

Focus sur les livrets non imposables : avantages et conditions d’accès

Les livrets défiscalisés bénéficient d’une reconnaissance singulière au sein du paysage bancaire. Leur intérêt premier : protéger la totalité des intérêts, sans ponction au titre de l’impôt ni des prélèvements sociaux. Ce privilège explique leur succès, en particulier auprès de celles et ceux qui recherchent la simplicité et la sécurité.

Plusieurs options existent parmi ces livrets réglementés. Le Livret A, accessible à toutes et tous, reste l’option refuge, avec un plafond fixé à 22 950 €. Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), quant à lui, s’adresse aux personnes majeures domiciliées fiscalement en France, dans la limite de 12 000 €. Les deux produits partagent un taux encadré par l’État. Le Livret Jeune, limité aux 12-25 ans, bénéficie de la même fiscalité avantageuse, avec un plafond de 1 600 €.

Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) vise les foyers dont les ressources n’excèdent pas un seuil révisé chaque année. Avec un taux supérieur à ceux du Livret A ou du LDDS, il offre une alternative attrayante pour les revenus modestes, du moment que la condition de ressources est respectée.

Voici les principales conditions d’accès et les plafonds associés à ces livrets :

  • Livret A : ouvert à tous, jusqu’à 22 950 €
  • LDDS : pour les adultes résidant fiscalement en France, plafond à 12 000 €
  • Livret Jeune : accessible de 12 à 25 ans, plafond à 1 600 €
  • LEP : accordé sous conditions de ressources, avec un plafond de 7 700 €

Ces livrets réglementés conjuguent sécurité du capital, liquidité totale et exonération complète des intérêts. Seule limite : chaque personne ne peut détenir qu’un seul livret A ou LDDS. Les règles sont strictes et le cumul interdit, la transparence prime.

Jeune homme français étudiant ses relevés financiers au bureau

Choisir entre livret fiscalisé et livret défiscalisé : ce qu’il faut savoir avant d’ouvrir un compte

Comparer livret fiscalisé et livret défiscalisé, c’est arbitrer entre flexibilité et sérénité fiscale. Les livrets réglementés, comme le Livret A, le LDDS, le LEP ou le Livret Jeune, assurent une rémunération connue d’avance, sans mauvais tour côté fiscalité. La contrepartie existe : des plafonds plutôt bas et des taux pilotés par les pouvoirs publics. Ici, stabilité rime avec prudence.

Les livrets bancaires fiscalisés, quant à eux, misent sur l’ouverture rapide, l’absence de plafonds et, parfois, sur des taux promotionnels. Leur revers est limpide : chaque euro d’intérêt généré subit la flat tax de 30 % dès sa naissance. Depuis 2018, ce régime est la norme sur la plupart des placements bancaires, alliant impôt sur le revenu et prélèvements sociaux.

Votre stratégie doit donc guider le choix. Pour protéger une épargne de précaution, privilégier un livret défiscalisé évite toute mauvaise surprise et garantit la parfaite disponibilité des fonds. Pour faire fructifier des sommes plus conséquentes, ou si la quête de rendement prend le dessus, mieux vaut considérer les livrets fiscalisés ou élargir son horizon avec un plan d’épargne plus complexe.

Les produits comme le PEA ou l’assurance vie offrent une gestion plus personnalisée, une fiscalité qui s’allège sur le temps, des possibilités d’optimisation en fonction de l’horizon d’investissement et des besoins. Avant d’agir, il est toujours judicieux de confronter taux affiché et taux net, souplesse et contraintes, plafond et perspectives. Car, finalement, la vraie différence ne saute aux yeux qu’après le passage de l’impôt, bien en bas du relevé annuel.

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