On débarque à Florence avec la carte mentale d’Assassin’s Creed II en tête, et le plus surprenant, c’est que ça fonctionne. Les rues, les places, les façades en pierre de taille : Ubisoft a reconstitué la ville avec une précision qui permet de se repérer presque sans plan. Mais visiter les lieux d’Ezio Auditore en Italie ne se limite pas à Florence. La Toscane et même Rome prolongent l’aventure, à condition de savoir quoi chercher sur place.
Fidélité architecturale d’Assassin’s Creed II : ce que le jeu reproduit vraiment
Avant de courir d’un monument à l’autre, on gagne du temps en comprenant ce qu’Ubisoft a modélisé et ce qu’il a inventé. La ville de Florence dans le jeu repose sur un plan réel : les distances entre le Palazzo Vecchio, le Duomo et le Ponte Vecchio sont respectées dans leurs proportions relatives.
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Les façades principales des bâtiments historiques sont fidèles. On reconnaît le parement bicolore de Santa Maria Novella ou les arcades de la loggia des Lanzi sans hésitation. En revanche, les ruelles secondaires et les intérieurs ont été adaptés pour le gameplay : les toits sont plus accessibles qu’en réalité, et certaines tours ont été rehaussées.
Ce décalage entre verticalité du jeu et réalité au sol surprend beaucoup de visiteurs. On s’attend à voir des prises d’escalade partout, et on se retrouve face à des murs lisses et des échafaudages de restauration. Le jeu exagère la verticalité, pas la géographie. C’est cette géographie qui rend la visite pertinente.
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Florence d’Ezio Auditore : les sites à ne pas manquer
On commence logiquement par le Ponte Vecchio. Dans le jeu, c’est le lieu de la bagarre inaugurale entre les Auditore et les Pazzi. Sur place, le pont est saturé de bijouteries et de touristes, mais sa structure médiévale reste intacte. Le matin tôt, avant l’affluence, on retrouve l’atmosphère du jeu.
Le Palazzo Vecchio, sur la Piazza della Signoria, joue un rôle central dans l’intrigue : c’est là que Giovanni Auditore est retenu prisonnier. La place elle-même, avec ses statues en plein air et la loggia des Lanzi, est reconnaissable immédiatement. On peut visiter l’intérieur du palazzo, ce que le jeu ne permet pas vraiment.
Le Duomo et la conjuration des Pazzi
La cathédrale Santa Maria del Fiore et son dôme de Brunelleschi constituent le point de synchronisation le plus mémorable d’Assassin’s Creed II. La scène de la conjuration des Pazzi s’y déroule, et l’histoire réelle colle au scénario du jeu : en 1478, Giuliano de Médicis a bien été assassiné dans la cathédrale.
On peut monter au sommet du dôme. La vue sur Florence confirme ce qu’on voyait dans le jeu, les toits en tuiles rouges à perte de vue. La réservation est obligatoire et les créneaux partent vite.
Santa Croce et le palazzo Auditore
La basilique Santa Croce apparaît dans le jeu comme lieu de refuge. En réalité, c’est le panthéon florentin : Machiavel, Michel-Ange et Galilée y sont enterrés. Le palazzo Auditore, lui, est inspiré du Palazzo Strozzi, un bâtiment massif situé à quelques rues. On ne trouve pas de plaque « Auditore » sur la façade, mais la ressemblance architecturale est frappante.
- Ponte Vecchio : lieu de la scène d’ouverture, accessible librement, idéal tôt le matin
- Palazzo Vecchio et Piazza della Signoria : cœur politique de Florence dans le jeu et dans l’histoire
- Cathédrale Santa Maria del Fiore : point de synchronisation et lieu de la conjuration des Pazzi, réservation nécessaire pour le dôme
- Basilique Santa Croce : refuge des Assassins dans le jeu, nécropole des grands noms de la Renaissance en réalité
- Palazzo Strozzi : modèle probable du palazzo Auditore, visible de l’extérieur sans file d’attente

Monteriggioni et San Gimignano : la Toscane d’Assassin’s Creed au-delà de Florence
Florence ne couvre qu’une partie du territoire d’Ezio. Monteriggioni est la base des Assassins dans le jeu, et le village fortifié existe bel et bien à une heure de route au sud de Florence. L’enceinte médiévale avec ses quatorze tours est restée debout. On entre par la même porte que dans le jeu, on traverse la même place centrale.
Le village est petit, la visite prend moins d’une heure. Mais l’effet est saisissant pour quiconque a passé du temps à améliorer la villa Auditore dans Assassin’s Creed II. Le bâtiment central du jeu est librement inspiré de la villa locale, même si les proportions diffèrent.
San Gimignano et ses tours médiévales
San Gimignano apparaît dans le jeu comme une ville hérissée de tours, et c’est exactement ce qu’on trouve sur place. Le village toscan a conservé une douzaine de tours médiévales, là où la plupart des villes italiennes les ont démolies ou raccourcies au fil des siècles.
Des agences proposent désormais des excursions combinant Florence, San Gimignano et Monteriggioni en une journée, commercialisées comme circuits « sur les traces d’Ezio ». Les retours varient sur ce point : certains visiteurs apprécient le cadrage thématique, d’autres trouvent le rythme trop rapide pour profiter de chaque site. En solo, on gagne en liberté et on peut consacrer plus de temps à Monteriggioni, souvent survolé dans les tours organisés.
Rome et le Castel Sant’Angelo : prolonger l’aventure dans Brotherhood
Si on pousse jusqu’à Rome, la suite logique est Assassin’s Creed Brotherhood. Le Castel Sant’Angelo, forteresse des Borgia dans le jeu, se visite entièrement. Les passages souterrains et les coursives supérieures rappellent directement les séquences d’infiltration du jeu.
Le Colisée, le Panthéon et l’île Tibérine apparaissent aussi dans Brotherhood, mais c’est le Castel Sant’Angelo qui offre le lien le plus direct avec le scénario d’Ezio. La forteresse servait réellement de refuge aux papes, reliée au Vatican par un passage fortifié encore visible aujourd’hui.
- Castel Sant’Angelo : forteresse des Borgia, visite complète possible avec accès aux terrasses panoramiques
- Colisée : présent dans Brotherhood, mais la visite n’a pas de lien narratif fort avec Ezio
- Île Tibérine : quartier général des Assassins dans le jeu, quartier calme et agréable à explorer à pied

L’Italie d’Ezio Auditore tient ses promesses à condition de ne pas s’arrêter à Florence. Monteriggioni vaut le détour pour son authenticité médiévale intacte, San Gimignano pour ses tours, et Rome pour boucler la trilogie. On repart avec une certitude : Ubisoft a construit son jeu sur une géographie réelle, et c’est ce qui rend ces visites aussi satisfaisantes.

