Texter Exon

Par une douce soirée d’été, comme à l’accoutumée, Pierre aimait se promener en solitaire dans les allées du cimetière de la ville.  C’est le seul endroit où il pouvait trouver la paix ; où il avait le privilège de savourer le silence sans que quiconque ne vienne le déranger dans sa quiétude. Et il est vrai que les occupants de ce lieu n’étaient pas vraiment perturbants.

Après avoir franchi le lourd portail de l’entrée, il parcourut l’allée centrale qui menait vers un grand rond de pavés délimitant le centre du cimetière. À partir de là, de nombreuses allées rectilignes s’entrecroisaient, bordées de platanes majestueux dont les feuilles frémissaient sous une brise légère.

Il traversa le jardin des souvenirs où les tombes étaient disposées en cercles, puis s’engagea sur un sentier qui longeait un long muret recouvert de tuiles. C’est alors qu’il vit une tombe isolée, érigée sur la longue bande de gazon qui longeait le mur. Bizarrement, il ne l’avait jamais remarquée auparavant. Le pourtour était en marbre et l’intérieur du tombeau était rempli de gravillons blancs. Mais le plus étonnant – Et en tant qu’écrivain il trouvait l’idée plutôt originale – C’est que celle-ci n’était pas surplombée d’une croix, mais d’une stèle en forme de livre. Un grand livre ouvert taillé dans du granit blanc. Toutefois, il ne put en déchiffrer le texte car la plupart des lettres avaient été effacées par l’érosion. Seul le nom du malheureux défunt étant encore lisible.

   « Texter Exon »

Il sourit. Cela faisait très dactylo comme nom. « Texter » comme texte et  « Exon », qui devait sans doute être le nom de famille, lui rappela sa vielle machine de traitement de texte « Exxon ».

Il se pencha pour regarder les lettres de près lorsque quelqu’un lui dit avec emphase :

- Bonjour Monsieur.

- Bonjour, répondit Pierre d’une voix peu engageante sans même regarder son interlocuteur.

- Jolie tombe, n’est-ce pas ?

- Oui.

« Bon sang, même dans les cimetières il faut que quelqu’un vienne vous importuner » pensa-il rageusement.

Puis il se retourna enfin vers l’homme. Celui-ci était âgé d’une soixantaine d’années et lui évoquait vaguement son père.

- Je suis le gardien de ce cimetière, déclara l’inconnu d’un ton solennel.

- Ah oui ? répondit Pierre, l’air de dire : « Bon, ben voilà, maintenant que les présentations sont faites, fichez-moi la paix ! »

- C’est un endroit paisible, vous ne trouvez pas ? fit l’homme en contemplant les alentours.

- Oui. « Jusqu’à votre arrivée ! » aurait-il voulu ajouter.

- Savez-vous combien de personnes sont enterrées ici ? demanda le gardien.

Cette fois-ci, s’en était trop.

- Ecoutez monsieur, puisque vous ne semblez pas l’avoir compris, avant votre venue j’étais en train de me recueillir !

- Vraiment ?

- Oui vraiment !

- Sur la tombe d’un parfait inconnu ? Permettez-moi d’en douter.

Le visage de Pierre s’empourpra.

- Qu’en savez-vous ? Et d’abord ce ne sont pas vos oignons !

- Vous avez raison, cela ne me regarde pas.

- Très bien, alors vu que nous sommes d’accord au moins sur un point, laissez-moi tranquille !

L’homme fit mine de s’éloigner, puis revint brusquement sur ses pas.

- Aimeriez-vous connaître l’histoire de cet homme ?

« Bon sang, mais quel emmerdeur ! » fulmina Pierre.

- Non.

- Je suis pourtant sûr que celle-ci pourrait vous intéresser. Il s’agit d’un écrivain, tout comme vous.

- Comment savez-vous que je suis écrivain ?

L’homme afficha un sourire laconique.

- Je le sais, c’est tout ! C’est écrit sur votre front.

Pierre se sentit en proie à un dilemme : S’enfuir en courant ou écouter les balivernes de ce vieux birbe, qui malgré tout venait de piquer sa curiosité.

- Très bien, si vous insistez.

D’un petit geste de la main, le gardien l’invita à prendre place sur un vieux banc en bois, à quelques mètres de la sépulture.

- Tout d’abord, que pensez-vous de son nom ?

- Rien.

« En vérité, ce nom l’avait intrigué »

   – En fait, il ne s’agit pas de son vrai nom, mais d’un pseudonyme.

- Vous m’en voyez ravi ! Et est-il permis de mettre un pseudo sur la tombe d’un mort ?

- Personne n’osait aller à l’encontre de ses dernières volontés. C’était quelqu’un de très têtu !

« Tout comme vous ! » pensa Pierre.

L’inconnu reprit :

» Durant la dernière période de sa vie, il publiait ses œuvres sous le nom de « Texter Exon ». Ça sonne bien pour un écrivain, vous ne trouvez pas ?

- Effectivement ; je vous l’accorde.

Pierre se dit qu’il n’aurait pas choisi mieux.

- Il était convaincu que ses écrits se vendraient mieux avec ce nom d’emprunt.

- Et… était-il connu ?

- Pas vraiment. Il a écrit de nombreuses nouvelles dont l’une a remporté un petit prix littéraire ; mais c’était loin d’être le prix Goncourt ! Son plus grand succès fût que quelques unes d’entre elles furent publiées dans un magazine littéraire, mais je ne me rappelle plus du nom.

- Le Scribe ?

- Oui, quelque chose comme ça… Il s’est ensuite tourné vers internet avec la révolution de l’informatique. Vous savez, ces histoires que l’on peut lire gratuitement en ligne ?

Pierre baissa les yeux.

- Hm, hm.

- Mais hélas, cela n’a pas changé grand-chose. Bien que ses textes eurent une plus grande visibilité et étaient lus par des milliers d’internautes, il ne parvenait pas à réaliser son vœu le plus cher.

- Lequel ?

- Vivre de sa passion et accéder à l’ultime rêve d’un écrivain : Être enfin reconnu.  Or, bien que cela lui rapporta une certaine notoriété dans le cyberespace, il ne gagnait pas le moindre pécule !

Pierre éprouva un malaise. Cependant, il ne ressentait plus aucune animosité vis-à-vis de son interlocuteur.

- Et qu’a-t-il fait ensuite ?

- Il s’est davantage renfermé sur lui-même, perdant ainsi le seul emploi qui lui permettait de vivre. Il a tout d’abord commencé par perdre contact avec ses amis, puis avec sa famille. Il ne visait plus qu’un seul et unique but : Attendre que l’étincelle enfouie dans les profondeurs de son esprit malade jaillisse enfin et lui donne l’inspiration pour écrire « l’œuvre du siècle ». Celle qui le ferait sortir définitivement de l’ombre, qui graverait à jamais son immortalité. Ainsi les seuls moments où il sortait de chez lui, c’était au milieu de la nuit ; de peur de rencontrer des gens.

Pierre se risqua à poser une question dont il connaissait déjà la réponse :

- Pourquoi ?

- Afin de ne pas être confronté au regard des autres. Vous savez, ce regard qui vous transperce, qui vous met à nu devant tout le monde et vous renvoie comme un miroir la plus sombre partie de vous-même !

- Et… Ensuite ?

- Voyant que la fameuse étincelle ne venait pas et que la flamme de la créativité s’éteignait peu à peu, il s’est laissé mourir, ignoré de tous. Mais peu avant sa mort, il a laissé ses instructions et a envoyé ses œuvres à de nombreux éditeurs qui auparavant avaient refusé ses textes ; mais cette fois-ci sous le nom de « « Texter Exon ». Ce même nom qui est gravé sur cette tombe. Et ironie du sort, son plus beau poème qui était inscrit sur cette pierre, s’est effacé en seulement quatre saisons.

Pierre se répéta à lui-même :

« Exon. Texter Exon… Texter Exon… »

Puis il posa une question qui lui brûlait les lèvres :

- Mais quel était son vrai nom ?

Le gardien du cimetière se racla la gorge et le fixa avec un regard pétillant de malice.

- Le vôtre. L’homme qui est enterré là, c’est vous dans quelques années ! « Pierre Lachaise. » Réfléchissez mon ami ; avant qu’il ne soit trop tard !

Sur ces paroles, Pierre se mit à crier. Il voulut frapper l’inconnu assis à côté de lui, mais celui-ci s’était volatilisé comme par magie. Il jeta ensuite un regard apeuré en direction de la tombe, mais elle aussi avait disparue.

Il resta un long moment assis sur le banc, le visage enfoui entre ses mains, avant de se lever. Puis il se dirigea à pas lents vers la sortie du cimetière.

Son imagination venait de le rattraper, créant la scène la plus brillante de sa vie d’artiste.

Mais cela en valait-il vraiment la peine ?…

Texter Exon en court métrage

FIN

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Bonne année

Tu sais quoi, ami optimiste ? Je me demande si je vais oser souhaiter à mon entourage « une bonne et heureuse année 2012 ». Ben oui, ils ont beau être habitués à mon humour grinçant, j’ai un peu peur qu’ils le prennent mal.

Fumiers de Maya, avec leurs prédictions apocalyptiques. Mais balèzes, quand même, les mayas. Voir arriver la crise de l’Euro depuis le 11 Août de -3114, chapeau. D’autant que ça n’est pas la porte à côté, le pays de Maya l’abeille.

Ceci dit, les interprétations divergent, quand à la traduction exacte des textes les plus anciens.

Voici celle qui est le plus souvent retenue :

« Le 21 décembre 2012, le soleil brillera peu, et il fera froid à Dunkerque. ». Bien sûr, cette étonnante prédiction reste à vérifier, même si elle semble confirmée par Nostradamus en personne :

« Après la pluie, beau temps surviendra,

Puis Solweg frimas annoncera,

Pâques aux tisons, Noël en Décembre adviendra »

 

Pourrait-on y voir une allusion à la rencontre entre Sarkozy et Merckel au G20 ? En tous cas, la chute de Berlusconi est clairement annoncée. Reste à savoir si « Pâques aux tisons » fait référence à une éventuelle intervention de la BCE pour éponger la dette grecque. Qui est d’ailleurs cette « Solweg », qui « frimas annoncera ». Supermario ? Obama ?

Notons également au passage que, contrairement à la prédiction Maya, celle de Nostradamus n’est pas datée, si bien que nombre d’experts pensent qu’elle s’appliquerait plutôt à la guerre de 1870, entre la France et la Prusse, voire à l’assassinat de Caius Julius Caesar deuxième du nom, dit « Caligula », par des affranchis à la solde de Claude.

Ah, je sais ce que tu vas encore m’opposer, ami rationaliste obtus : Prévoir un évènement du passé, même Elisabeth Tessier y parvient. Certes. Mais pas avec une telle précision.

 

En attendant, tout cela ne répond pas à la question qui angoisse tout le monde : Le capitaine du Titanic va-t-il être réélu contre toute attente ? Philippe Poutou va-t-il écrabouiller Morin ? Emilie Joly va-t-elle mettre Flanby en examen ? Jean Luc Mélenchon va-t-il mordre Bayrou au mollet gauche lors d’un débat télévisé trop arrosé ?

 

Tout ça pour vous dire que si un astéroïde s’écrase sur la Grèce le 21 Décembre 2012, ça peut très bien passer inaperçu, vu le bordel ambiant.

Pourquoi sur la Grèce ? La loi des séries, on ne peut pas lutter. La Grèce, ou le Japon.

En attendant, bonne année, les losers et autres poètes névrosés. Et n’oubliez pas de vous bourrer la gueule. Dieu seul sait ce que l’avenir nous réserve.

 

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De la logique

J’ignore si tu l’as remarqué, ami lecteur en diagonale, mais il se trouve que je suis ce que l’on appelle : Un esprit logique.

Non que ce que je défends soit obligatoirement sensé, sauf, bien entendu, lorsque je soutiens le bien fondé du droit de rouler bourré, mais je le soutiens de manière logique et cohérente.

La base de la logique est le raisonnement déductif, basé sur le syllogisme. Exemple.

« Tout ce qui est rare est cher ». Proposition 1.

« Il est rare de trouver un cheval bon marché ». Proposition 2.

On en conclut : « La vie a augmenté ». Proposition 3, également appelée : Déduction.

Les plus cultivés d’entre vous auront compris que cette « déduction », ne vient pas en soustraction du prix du cheval, d’autant qu’il était déjà bon marché, comme indiqué en « 2 ».

On m’opposera bien sûr le fait que le cheval lui-même ne prend pas en compte ces considérations logiques, au motif évident qu’il marche à quatre pattes, comme le bébé cité par le Sphinx dans sa fameuse énigme, énigme dont je n’aurai pas la cruauté méprisante de vous rappeler la teneur.

Ce qui nous amène d’ailleurs au thème suivant, à savoir celui des insultes à la logique, également appelées énigmes, plaisanteries, ou Coran.

Notons au passage l’évidente complicité entre le rédacteur d’énigmes et son lecteur, tous deux avides de découvrir avec ravissement les incohérences apparentes que nous présente le quotidien. Prenons en le plus célèbre exemple, souvent relevé par les logisticiens les plus pointus :

L’histoire du fou qui repeint son plafond.

A noter malgré tout le fait que cette histoire ne fait pas état des « motivations » du fou présumé. De la même manière, d’ailleurs, que, dans l’exemple précédent, « l’objectif » du cheval bon marché était délibérément éludé. Tant il est vrai que la logique est absente d’intention, comme nous le rappelle d’ailleurs Marcel Platon : « J’ai l’intention de boire un troisième verre ».

Que pourrait-on d’ailleurs lui objecter ? Peut-être l’absence de lien causal entre le fait de boire un verre et la gueule de bois du lendemain matin ? Cela reste à confirmer, ou à infirmer. Mais on lui conseillera néanmoins d’éviter d’entreprendre des travaux périlleux en état d’ébriété, sauf à prendre le risque de lâcher le pinceau, après que le comparse ait retiré l’échelle dans un but, notons le au passage, difficile à déterminer.

Encore que je me dois de rappeler le caractère métaphorique de cette histoire. Dans la vraie vie, personne ne songerait à repeindre lui-même le plafond de l’hôpital psychiatrique, au motif évident qu’il est constitué de dalles synthétiques mélaminées au demeurant assez faciles à nettoyer. Mais on conçoit sans peine l’étonnement du lecteur, ce qui nous amène incidemment au paragraphe 3 de la démonstration.

Il existe en effet un lien récurrent entre humour et étonnement. Exemple : Le peuple coréen pleurant à chaudes larmes le décès de Kim Il Sung, ou la récente décapitation d’une sorcière en Arabie Saoudite. En fait, il convient d’interpréter correctement ces anecdotes, considérées comme « comiques », à savoir : propres à susciter le rire de l’auditeur. Sont en effet concernés dans ces deux histoires, les « étrangers ». On notera au passage l’étymologie commune entre « étrangers » et « étrange ». Décapiter une sorcière à l’aube du troisième millénaire, par exemple, est incontestablement « étrange », dans la mesure où il est de coutûme de brûler les sorcières, et non de les décapiter. Cette anomalie constitue l’élément comique.

A noter la corrélation entre cette analyse et celle concernant le psychotique qui repeint son plafond : L’étonnement de l’auditeur procède surtout du fait que le cheval n’est pas mentionné, alors qu’il avait initié le débat. On appelle cette démarche intentionnelle : Rupture de cohérence.

Il y a rupture de cohérence à chaque fois qu’une démonstration débouche sur une conclusion inattendue. Exemple : Mohamed Atta achète cinq cutters, et, conséquemment, deux tours de 400 mètres de haut se cassent la figure. Le facteur comique procède alors de la non linéarité du déroulé des évènements, propre à susciter l’étonnement.

Bien entendu, vous serez fondés à me reprocher la sécheresse et l’exhaustivité de l’analyse, qui, je le reconnais bien volontiers, tuent un peu la spontanéité de la réaction d’hilarité découlant du récit, en l’occurrence, celui de l’effondrement des Twin Towers.

Il n’empêche que, si, à ce moment précis, le cheval réapparaît, il n’est pas inenvisageable que l’effet comique, loin d’en être atténué, s’en trouve au contraire renforcé. On appelle généralement cette démarche : « Humour de répétition ».

Mais ce dernier point fera l’objet d’une étude séparée, dès que j’aurai fini de repeindre mon plafond. Je ne voudrais pas faire attendre Jolly Jumper.

 

 

 

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Conte de Noël


A la télé, il y a un film. C’est l’histoire d’un type qui écrase le père Noël, avec sa caisse. Il croit que c’est un faux, mais c’est le vrai. Là, on dérape sérieux. Ca s’aggrave encore. Le père Noël devient amnésique !

Le mec qui a pondu ce scénario devrait être roué vif en place de grève, puis empalé, ensuite son corps devrait être jeté aux chiens – je dis ça sans haine. Si je captais plusieurs chaînes, je mettrais autre chose… A propos, le père Noël, vient du Pôle Nord, là où les glaces fondent à cause des pets de vaches. Je me demande s’il n’est pas complice, il ne faut pas se laisser abuser par son look destroy. Je suis sur qu’il a un mauvais fond, comme Bernard Kouchner. On dirait un brave type mais, au fond de lui-même, il voudrait être président de la république et encaisser le produit des PV pour stationnement interdit, direct dans la fouille, en petites coupures usagées, pas d’impôts. Le père Noël, me déçoit beaucoup. Dans le temps, il était honnête et généreux, il bossait pas chez Auchan, déguisé en SDF. Son arrivisme me perturbe beaucoup, sans parler du problème du Pôle Nord, qui m’inquiète beaucoup, surtout à cause du Pakistan, à moins que je me trompe de pays. C’est peut être un autre pays, qui va être rayé de la carte à cause du Père Noël. Dans tous les cas, un pays de bougnoules qu’on sait même pas où c’est ! Bon, OK, c’est pas grave, ça leur évitera d’être décimés par la grippe espagnole épisode 2. Sans doute 1 million de nouveaux morts, soit 100 millions d’anciens morts. Ca fait combien en morts européens ?

Le Père Noël est toujours amnésique ! Si vous n’avez pas vu ce chef d’œuvre, vous allez avoir du mal à suivre. Rappel : return of the son of « Père Noël”. C’est le vrai, il est amnésique. Il ne se souvient plus qu’il est complice dans l’affaire des pets de vaches qui vont détruire l’Indonésie et aggraver l’épidémie de grippe aviaire malgré les mises en garde le l’OMS. De surcroît, il ignore qu’il suffit de puncturer GI4 – TR5 – P7 en dispersion aux premiers symptômes. Normal le Père Noël n’est pas acupuncteur ! On ne peut pas tout connaître, surtout quand on n’est manifestement pas très éveillé, en dépit d’une propension à l’alcoolisme visible à un kilomètre. Raconté comme ça le film devient un peu plus intéressant. Finalement le vrai Père Noël était bien un SDF… Quoique ! Le couple adoptif du Père Noël accidenté se sépare, au grand dam du téléspectateur ! (qui est parti pisser. Quand il reviendra, il ne comprendra plus rien) Le Père Noël est toujours amnésique ! Mais il fait le donneur de leçons, confirmant implicitement sa complicité dans l’affaire des pets de vaches. Je ne suis pas dupe : Un mec qui se prétend amnésique, vaut mieux se méfier. Faut pas nous prendre pour des cons !… Et ça continue… Le Père Noël a des lunettes pour presbyte, normal, il est plutôt âgé. Finalement je pourrais peut être me reconvertir dans ce métier. Certes, il y a un investissement au départ. Traîneau, rennes, ramasse bouses, corde de rappel, jouets (négocier un échange avec le service marketing de Toy’s Rus), hotte (45 euros chez Leclerc). Le plus onéreux c’est bien sur l’agence de relations presse. Dans ce genre de métier, si personne ne parle de toi, tu restes au Pôle Nord avec les vaches qui pètent au loin, et tu pars avec un iceberg en plein sommeil avec les rennes, les jouets bon marché, le ramasse bouses et les boulettes Friskies pour rennes. C’est cela qu’il faut essayer d’éviter ; Il faut être réaliste et prévoyant.

 

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Mon petit vélo rouge

Quelques jours avant Noël, chaque année, une force irrésistible m’incitait à explorer les moindres recoins de la maison de mes parents. Était-ce conscient ? Qu’est-ce qui me poussait à braver l’interdit ? Étais-je mue par la peur d’être privée, punie, déçue, ou bien était-ce l’envie de connaître la vérité ?
La quête devenait bien vite une aventure extraordinaire dans l’imaginaire de la petite fille que j’étais. A peine ma mère avait-elle franchi le seuil de la maison, que je partais à l’aventure, à l’affût du moindre bruit de clef dans la serrure.
Tremblante de peur, rampant à plat ventre sous le lit de mes parents, le cou tordu pour regarder derrière les armoires, le cœur battant, perchée sur la pointe des pieds, en équilibre périlleux sur un tabouret pour en scruter le « sommet », je vivais les mêmes émotions que mon héroïne préférée, Fantomette, à la recherche de l’objet volé.
Une année je fus déçue de découvrir, dans la cave à charbon, à peine caché sous une bâche, le magnifique vélo rouge, tant convoité, qui me donnerait le statut de « grande » fille. Les jours qui suivirent furent terribles. Je fus partagée entre le sentiment de culpabilité et la peur de m’être trompée : peut-être d’autres adultes cachaient-ils ici ce cadeau pour leur enfant, ce concurrent déloyal !
Des sentiments contradictoires se catapultaient dans mon esprit enfantin : impatience de pouvoir chevaucher cette magnifique bicyclette, crainte de ne pas avoir l’air assez surpris le jour de Noël, et par-dessus tout celle d’avoir perdu ainsi la confiance de mes parents.
Et puis le grand moment arriva. Du fond de mon lit, bien blottie et tremblante sous mes couvertures, « je faisais mine » de dormir à poings fermés. Après les chuchotements et les fous rires mêlés de mes parents et de mes frères et sœurs, ces traîtres qui m’avaient exclue de leur complot, je fus appelée au rez-de-chaussée. J’oubliai soudain tous les tourments des semaines passées, découvrant un magnifique vélo rouge, qui m’était bel et bien destiné.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, il me sembla ne l’avoir jamais vu auparavant !

La Titite, le 16 novembre 2007 – publié dans « Les petits feuilletons de la vie » -
Chapitre : Petits bonheurs de Noël

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Loana

Que faire d’une bimbo qui a doublé de volume en cinq ans ?

Aie… Je dois reconnaître : Pas évident. Mais il va bien falloir qu’elle se reconvertisse, la malheureuse. Problème : Dans quoi ?

Brigitte Bardot, qui a du affronter le même problème, avait, dans un premier temps, opté pour l’autolyse. Sage décision. Mais il se trouve qu’elle s’est ratée. N’est pas Marilyn qui veut. Encore que d’aucuns murmurent que la mythique dépressive aurait été assassinée par l’infâme Bob Kennedy. Il aurait fait ça pour l’empêcher de parler. Note, je le comprends. J’imagine aisément que sa conversation devait être aux limites de l’insupportable.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je vous déconseille expressément de présenter Loana à Bobby, pour le cas où ce dernier viendrait à ressusciter.

Ok. C’est, dieu merci, hautement improbable, dans la mesure où il était d’origine irlandaise, et pour tout un tas d’autres raisons sur lesquelles je ne m’étendrai pas, dans le but évident d’éviter le hors sujet.

On parle de « hors sujet », Kévin, quand une brillante démonstration tend à s’éterniser au point que l’on finit par oublier l’objet initial de l’étude…Par exemple, tu cherches à démontrer l’invalidité de la théorie des cordes – J’ai fait le choix de la théorie des cordes comme j’aurais pu faire celui de celle des boucles, (ou de celle des chewing gums sans sucre, certes moins prestigieuse, mais plus en connexion avec le quotidien) –  et, dieu seul sait pourquoi, tu débouches contre toute attente sur la problématique liée à la reconversion de Loana. Et bien, sache, mon petit Kévin, que si tu t’attardes trop longtemps dans la foulée sur, par exemple, mais on pourrait, encore une fois, en prendre un autre, si tu t’attardes, disais-je, par exemple, sur les liens récurrents d’ors et déjà constatés entre consommation de Coca à l’aspartame et kilos excédentaires, tu es typiquement et irrévocablement : Hors sujet.

Sauf si le sujet portait initialement, et précisément, sur l’évolution sphérique de la handicapée mentale déjà citée.

Ne me demande pas pourquoi on évoquerait la théorie des cordes à propos de Loana. D’ailleurs, l’image qui te vient spontanément en contemplant le portrait de l’ex idole des analphabètes est assez éloignée du concept de corde, liane, ou brindille. Ca, ça serait plutôt Kate Moss ou Claudia Schiffer. Malheureusement, il n’existe pas de théorie des tomates trop mures ou des pastèques avariées. Ne m’en rends pas responsable. Ca n’est pas moi qui publie dans Nature. (Mon article, intitulé : « Le Big Bang a eu lieu à Sarcelles Lochères », m’a été retourné accompagné de commentaires exhaustivement haineux).

En attendant, nous n’avons pas encore répondu à la question posée en début de chronique : Que va-t-on faire de Loana, si elle s’obstine à refuser de retourner travailler à la caisse de chez Carrefour ? Reportage.

- Loana ? Loana…Ca me dit quelque chose, Loana…Ah, ça y est ! Je me souviens ! La nana avec les gros seins ! C’est drôle, vous lui ressemblez un peu…En mieux nourrie, quand même…On s’en fout…Vous avez quoi comme formation, Loana ?

- J’aient mon Céapet d’assistente. Ses clairs.

- Mais encore ?

- Assistente teknissienne de surfasse. Mais j’aient ecri un livrent, ossi.

- Sans blague ?

- On ma in peu aidez. Ses clairent.

 

OK. On oublie Pôle emploi…De toutes façons, ils ont assez à faire avec Doc Gynéco…Un autre livre ? Femme de ménage chez Brigitte Bardot ? Sujet d’inquiétude chez Delarue ? Non, oubliez. Il ne s’occupe plus des malheurs des autres. Il est à son compte, depuis peu….

Pas évident, son histoire, quand même, à cette pauvre Loana. A sa place, je tenterais ma chance avec Kim Jong Un. Avouez que ça ferait quand même un beau couple. Et dans neuf mois, ils nous pondent un ballon de foot.

Si ça n’est pas un beau conte de Noël que je viens de vous offrir gratis, je me fais moine trappiste.

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Le Père Noël

Si il y a un truc qui intéresse les enfants, enfin, les plus niais d’entre eux, c’est bien le fameux Père Noël. Je l’ai vu, d’ailleurs, tout à l’heure, chez Carrefour, en allant acheter une cafetière. Il était comme sur les photos : Look SDF assumé, modérément bourré, et vêtu de son improbable costume rouge d’un goût si douteux que même Ben Laden, ou ce qu’il en reste,  ou le Dalai Lama auraient eu l’air branchés à côté de lui. Il était en grande conversation avec un enfant manifestement aussi éveillé que lui, qui lui demandait si il avait bien reçu sa lettre. Comme si l’un ou l’autre étaient capables de lire ou d’écrire.

Moi, si je faisais Père Noël, passé cinq fautes, je donne les cadeaux aux restos du cœur. Mais il fait ce qu’il veut, le psychopathe. Il peut même continuer à arborer sa barbe en ouate de polyester gracieusement fournie par la direction, ça ne m’empêchera pas de dormir. Mais il n’en reste pas moins que ça n’est quand même pas un service à leur rendre, aux enfants, que de le leur laisser croire qu’on obtient tout sans rien faire, ou juste en gribouillant trois phrases mal construites au mépris évident des règles de la syntaxe. Ceci dit, il a quand même de qui tenir, Kévin junior. Il faut bien reconnaître que son géniteur, si tu lui avais ôté l’accès à la Game Boy, n’aurait pas été réellement qualifié pour quoi que ce soit d’autre, dans un passé récent. Merci, Père Noël. Il aurait mieux fait de lui offrir un bouquin de grammaire, à Kévin senior, le barbu lubrique. Ou l’Encyclopédia Universalis. Ou deux claques.

Mais il se trouve qu’on n’a plus le droit de frapper les enfants. C’est interdit. Même le Père Noël n’a plus le droit de faire ça. Le gamin lui envoie un courrier genre :

« Chairent paires noelles, je veu un nitando »

Et il ne peut même pas le cogner !

Triste époque. Il n’a même pas le droit de lui répondre :

«  Mon cher Kévin Junior,

En réponse à votre courrier du 22-12 2011, je suis au regret de ne pouvoir enregistrer votre commande de : Console de jeux Nintendo, aux motifs suivants.

- Absence de formule de politesse.

- Rédaction de la supplique incohérente et difficilement intelligible.

- Absence exhaustive d’argumentation. (Type : « En récompense de… », ou : « dans le but de… ».

Nous ne saurions trop vous conseiller à l’avenir, mon cher Kévin Junior, de revoir drastiquement la formulation de vos sollicitations, si vous comptez en adresser une autre l’année prochaine. En attendant, nous vous envoyons ce jour par Chronopost, le :

« Manuel de français, classe de CE1 », ainsi qu’un bon pour deux claques gratuites exécutable par votre instituteur communiste et psychorigide monsieur Maufrais.

Dans l’attente du plaisir de vous lire en 2012, veuillez agréer, cher Kévin, l’expression de nos plus courtoises salutations.

Maurice Safran.

Père Noël délégué pour la région Normandie. »

 

Mais bon. Encore une fois : Ils font ce qu’ils veulent chez Carrefour. Je ne les oblige pas à m’embaucher pour rétablir un minimum de rigueur dans la gestion des fêtes de Noël. Encore que je commence un peu à m’inquiéter. C’est quand même Kévin Junior qui est censé payer ma retraite.

 

 

 

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